30 08 16
Sur les routes des retours: l

Sur les routes des retours: l’Auberge du Pas de Vent

Dans une série de reportages pour M le supplément du Monde, nous nous sommes arrêtés ici et là…

L’Auberge du Pas de Vent, leçons ralenties

Un jour où il y aura bien un prédicateur impérieux d’une chaine populaire qui nous adjoindra de découvrir cette France planquée.Il racontera comment, par hasard, il a découvert un pays délié. Son vocabulaire se sera soudainement élargi. Il aura roulé pendant 8km à 20km heure. Un enjambeur de vignes se sera inscrit dans le rectangle bombé de son pare- brise. Il aura éteint les hologrammes du verre feuilleté pour lire de ses yeux les panonceaux. La supérette Intermarché est à 7 kilomètres, la salle des fêtes à droite. Fleurissent alors le silos à grains, puis les piscines de jardin bâchées  bleu Floride, des pylônes EDF, des clôtures de toutes natures. Ce pays-là pourrait être celui de Chalosse, dans les Landes.Qu’est ce que c’est joli! La route serpente, ralentit pour vous, chaloupe comme une serveuse de bar parisien. Il fait si beau et un brin lourd. Si l’on s’arrêtait?

...

Lire la suite

29 08 16
Sur la route des retours: l

Sur la route des retours: l’Escale ne dort jamais !

C’est sans doute l’un des restaurants les plus connus en Europe. Non point pour sa mousse de caviar et son soufflé de shitake, mais pour son parking de 4000m2. L’un des plus grands restaurants routier d’Europe a une puissance de feu colossale. Capable de servir jusqu’à 1500 couverts par jour  d’une main et tout en même temps, de l’autre main, 600 couverts lors des championnats du monde de voltige en 2015. Même le vice-président de la fédération était sur le flan, raconte-t-on. Il fit du haut d’un escalier un « yesss » triomphal et soulagé, précisant histoire de surligner son émotion: « Même les Russes et les Américains étaient sur le cul ». L’Escale, quasiment plus connue que la ville de Châteauroux, a pourtant le bonheur simple. Les additions sont bien rivées au sol, restent dans les 25 euros et sincèrement, l’assiette a du poumon et des arguments. Les prix sont tirés au cordeau et, faut-il le préciser, le volume a de quoi faire se réveiller la nuit un comptable: 150 kilos de faux filets par semaine, 120 kilos de têtes de veau (la spécialité), 3600 oeufs, 60 kilos de saumon, 80 kilos de rognons de porc. Dans la hotte, on pourrait ajouter, 650 places dans le restaurant, 80 caméras de surveillance sur l’ensemble du domaine, 85 fiches de paie,  deux vigiles, dix plongeurs et un défibrillateur. Faut-il le rappeler, l’Escale ne ferme jamais, turbine 24 heures sur 24, tous les jours de l’année. Le patron, Dominique Thomas (dit « Dom » , c’est écrit sur son tablier bleu outremer). Prend-t-il des vacances depuis dix ans? Il regarde sa femme et cherche vaguement dans ses souvenirs « Euh non ». Il lui arrivait de travailler 16 heures par jour, sept jours sur sept. « Tu regardes pas ce que du dépenses, lui avait conseillé son prédécesseur, tu regardes pas ce que tu gagnes: tu bosses ». Ce dernier lui avait appris à « bourrer »son restaurant. Mais Dom a levé un peu le pied. Disons qu’il n’est pas insensible à la qualité. Et chatouilleux sur la critique. Lui avait-on reprocher il y a peu la trivialité de ses patates (des Lunors), le marronnasse de sa sole meunière et l’avachi de son Saint Honoré qu’il convoqua toutes ses équipes (20 cuisiniers, 5 pâtissiers). le choc fut rude, et depuis lors, on fait sauter les patates, la sole a repris de la dignité, le feuilleté de ce jour en avait sous la semelle. Et le restaurant a gagné les galons de maitre restaurateur

...

Lire la suite

26 08 16
Sur la route des retours, Chez Gervais, l

Sur la route des retours, Chez Gervais, l’auberge inespérée

C’est une France d’autrefois. Celle qui nous a glissé entre les doigts. Les autoroutes passent comme des flèches. Des hameaux tel Chenecey-Buillon (déjà le nom…) versent dans l’oubli. Il y avait là une auberge, sorte de relais de poste (1750), qu’une famille animait depuis trois générations. Les Gervais vivaient ici. L’oncle était en salle, les cousines au service. On faisait travailler le boulanger, le boucher du coin, les maraichers. L’endroit était réputé pour sa pêche (il l’est toujours). Il connaissait un illustre visiteur. Charles Ritz. C’était un dingue de pêche (d’où le nom du restaurant du Ritz, à Paris: l’Espadon). Régulièrement il descendait avec ses cannes (en bambou refendu, de la maison  Pezon et Michel) et parfois, dit-on, avec son ami Hemingway (Ernest). Ils s’installaient Chez Gervais, se tapaient des flacons divins et des repas à l’ancienne. Charles convia même le fils , Léon Gervais (dit Lonlon) à venir prendre de la graine au Ritz. Il en ressortit maitre saucier. L’auberge a failli disparaitre, et se réincarner en logements sociaux. Un amoureux du coin, Bertrand Suchet (ex grand manitou de la pub) a alors senti son grand coeur se fendiller. Il a du sans doute se ruiner à tout retaper, mettre aux normes, changer les 28 fenêtres, la tuyauterie, les boutons électriques. Résultat, un an après, la belle renait. La terrasse et son drap rouge (style Sénéquier) surplombe la rivière et se laisse parfumer par les tilleuls. La  salle à manger bourgeonne façon bourgeoise, les plats du répertoire plastronnent en respectant -dieu merci- le répertoire. Un jeune chef (Manu Roux) suit ce chemin fidèle sous les incantations crémées du maitre des lieux: truite au beurre blanc et savagnin, pâté en croute, feuilleté aux écrevisses, grenouilles aux herbes fraîches, volaille de Bresse rôtie, cochon élevage maison (!), tête de veau…

...

Lire la suite

24 08 16
Paris. Miss Marple reçoit

Paris. Miss Marple reçoit

Ouvert il y a peu, ce genre d’adresses est déjà au garde à vous, nickel dans ses argenteries, profond dans ses banquettes, doux dans ses velours bleu canard et finalement assez discret  sur cette avenue de la Motte-Picquet. Il faut dire qu’à la baguette, il y avait ce jour là, Marie France Cohen (la cofondatrice de Bonpoint et Merci) et sa belle soeur, Martine. « Souriez, disait discrètement la première à l’une des employées déjà irradiante, lorsqu’on est fier de travailler pour une belle marque! ». C’est résumé un peu l’ambition travaillée à la roquette, fenouil, quinoa et grenade, d’un salon de thé voué au bien être de votre corps avec des plats du jour sensés et pensés . Il y a là bien entendu des jus de frais de céleri, persil, pomme, fenouil, orange, pomme, gingembre ( 9€ tout de même), des tartes  (sucrées et salées) du jour délicieuses. Le lieu est idéal pour le faux-exercice parisien par excellence (le brunch: 35€), mais sincèrement, face à ce déploiement hautement appliqué, il serait injuste de chicaner même si cela fait partie des moeurs de la ville. Comptez 35-40 euros par personne.

...

Lire la suite

22 08 16
Paris. Loulou sort du bois...

Paris. Loulou sort du bois…

Il y a peu, on connut, au Musée des Arts Décoratifs, à Paris, le spectaculaire emplafonnement d’un « grand » chef, venu cachetoner et se mangeant une tarte mémorable dans ce lieu superbe donnant sur les jardins du Louvre. Jamais simple ces lieux bénis des Dieux. Ils en ont en eux un venin redoutable: la tyrannie de la beauté et par là donc, l’hystérie d’une clientèle aux humeurs hérissées. Pour cela, il fallait des pros de la girouette, à savoir des restaurants à la mode (Monsieur Bleu). Il y faut toujours doser, tout en outrant les musiques, les ourlets des jupes des serveuses. Il faut le cynisme d’un docteur Mabuse pour que le chef ne prenne pas le melon et lève le pied sur la pédale. Qu’il délivre une cuisine comprise par tous. Une sorte de gastronomie pour les Nuls, que l’on puisse lire la carte en un battement de cils, un espéranto mondial au babil gentil et sourcé. Pour cela, le répertoire italien s’y colle toujours. C’est un peu la bonne à tout faire de la cuisine sur terre. Parce que c’est une cuisine de mamma, compréhensive, heureuse et simple. Faut il encore la faire avec bonne humeur, humilité, et respect. Disons que Loulou ne se foule pas trop. Il assume, déclenchant des tomates farcies honorables, un vitello tonnato (22 euros !) joli et donc commun. Les spaghetti à la vongole ont les praires inondées dans un bain d’huile pendant que les desserts s’entartent joyeusement. La coupe « très gourmande » aux fruits rouges ne l’est pas du tout; les glaces dites turbinées à la minute, le furent sans doute dans l’heure et arrivent avachies, froides (et non glacées), sucrailleuses. Comme si les nourritures tendaient leur postérieur pour ramasser un coup de martinet bien mérité; intervention que ne renierait pas une clientèle revenue de tout, joliment friquée et le montrant plus que de raison. Ne pensez pas pour autant que cette adresse ne  présente guère d’intérêt. Disons qu’il ne se situe pas dans l’assiette, mais dans le spectacle de la comédie humaine. Et pour cela, l’addition outrageuse est plus que justifiée. Et en cela, Loulou est irrésistible.

...

Lire la suite

15 08 16
Rio de Janeiero. Mon adresse préférée ?!

Rio de Janeiero. Mon adresse préférée ?!

0114

Sans doute l’une des meilleures adresses de la ville, en dehors des grosses locomotives. Pour son franc-parler, ses plats rentre dedans et la fraîcheur des produits.

Les beignets de bacalao, les viandes mijotées vous arrivent à fond les ballons. Dehors, il fait chaud, dedans la bière s’occupe de rectifier le tir car ici elle est reine : carte hautement musclée. La chef passe parfois de table en table,  car elle est ici fort connue. Adoubée par les chefs et les médias, elle déroule une cuisine sans esbroufe, parlant au ventre et au cœur. Il y avait ce jour-là, un magnifique osso bucco immortalisé par un photographe. Hélas, c’était la dernière portion. Si vous passez dans le coin, venez tôt. Cela dit, comme dans beaucoup de restaurant de Rio, le service est souvent continu. Du coup, vers 15h, nous avons hérité d’un service décontracté et d’une salle paisible. Vraiment bien…

...

Lire la suite

11 08 16

Rio… Vous vous souvenez ?

RIO: LA FILLE D’IPANÉMA MARCHE COMME UNE ALGUE…

Si vous allez à Rio, n’oubliez pas seulement de monter la haut, mais aussi d’aller au restaurant la Garota d’Ipénéma, en hommage de la célèbre chanson de Vinicius de Moraes. c’est du reste le nom de l’avenue où se situe cette table bondée en permanence.


Tablée sonores et rieuses, viandes en abondance sur des barbecues de table, servies avec des légumes sans importance et heureusement bigrement boustés par les caipirinha du bar.

C’est ici donc qie venait s’installer Vinicius de Moraes et chaque matin, il voyait cette fille blonde filer à la plage d’Ipanéma, située juste au bout de l’avenue. C’est un peu cela Rio, et ces filles pétillantes, ondulantes, faisant la <ginga>, cette houle sensuelle et radieuse du corps. Nulle ville au monde bouge aussi bien…

...

Lire la suite

05 08 16
Cracovie: un des meilleurs hôtels, le Copernicus

Cracovie: un des meilleurs hôtels, le Copernicus

Au pied du château royal de Wawel, cette belle demeure située sur Kanonicza Street, la rue la plus ancienne de Cracovie, pose tout de suite le ton avec sa façade gothique. On imagine volontiers pourquoi de nombreuses célébrités se sont emmitouflées dans cet hôtel au luxe hors du temps. Des Prix Nobel – Czesław Miłosz et Wisława Szymborska, se sont attablés au restaurant ainsi que des stars de cinéma et les politiciens: Andrzej Wajda, Roman Polanski, Morgan Freeman, Vaclav Havel et Helmut Kohl. Cela donne aux visiteurs d’une nuit ou de quelques jours, cette impression étrange et agréable d’appartenir de façon fugace au souffle de l’époque. Les chambres ont la patine du temps et le confort discret qui font du Copernicus une adresse hors du temps. Piscine, spa, conciergerie complètent cette adresse idéale pour parcourir la ville à pied.

...

Lire la suite