Mon week end idéal…

LE WEEK-END IDÉAL DE FRANÇOIS SIMON, CRITIQUE GASTRONOMIQUE

À la veille du 1er novembre, j’ai eu le plaisir de raconter ce que je bricolais le week end pour un de mes sites chouchou : https://www.mylittleparis.com/mosaique/week-end-a-paris . Voila donc un peu mon bazar lorsque je me pose dans le coin…

François Simon, c’est notre critique gastronomique préféré. Il a la plume aussi aiguisée qu’un couteau. A l’occasion de la sortie de son premier roman sur le Japon, l’Esprit des Vents, on lui a demandé de nous parler de son week-end idéal à Paris.

Samedi 

Mon petit-déjeuner. J’aime bien le prendre très tôt, vers six heures de matin pour écrire aux aurores. Il est composé d’une pleine théière de thé vert dans lequel j’ai mis du gingembre râpé. Je prends un peu d’ananas frais, puis une tartine grillée avec du petit-suisse et des oeufs de saumon. Le tout pour terminer avec un shot d’huile d’olive, de curcuma et de poivre moulu. Vers dix heures, je file lire les journaux au jardins du Luxembourg. Je prends au passage un café allongé à emporter et si j’ai la dalle, j’achète chez The Smith, rue de Buci, un irrésistible pain au chocolat. 

Séance de cinéma. J’évite les week-ends, car je me suis aperçu que trop de monde me déstabilise. Du coup, ma vie est un radieux contre-pied. C’est un style de vie. Se lever tôt, marcher en pleine nuit, aller dans les ruelles, déjouer les saisons. J’aime bien aller au Christine 21, rue Christine. Pas de pub, direct au film. Ma place est toujours sur le coté droit, jamais au centre (y a toujours quelqu’un). C’est ainsi que je suis devenu un passionné de littérature allemande. Vous savez pourquoi ? Parce qu’il n’y a jamais personne devant ces rayonnages !

Déjeuner léger. Sans doute, vous devez être effrayé par ce solide petit-déjeuner. Mais au déjeuner, je décélère : salade au Sathee’s, au marché saint Germain, ou bento frugal, au Lengué, rue de la Parcheminerie.

Dîner. Si je cherche un bistrot, je vais (pas assez, hélas) au bistrot Paul Bert, rue Paul Bert. C’est bon, généreux, jovial. J’en sors à l’envers. Pas grave, je rentre en marchant par les allées feuillues, les quais déserts. Les grands restaurants m’ennuient à présent, je connais trop leurs ficelles, leurs egos encombrant, leur « générosité » intrusive, le manque de chaleur.
Dimanche
Brunch. Vous ne m’y verrez jamais. Je trouve cela accablant dans ses horaires (beaucoup trop tard), d’une mollesse à se pendre, d’un ennui à se prendre huit martinis avec une clientèle neurasthénique, des vêtements accablants de conformisme, un entre-soi dépréciateur. Mieux vaut regarder cela de la rue, et réaliser l’infini bonheur de ne pas en être ! À la rigueur un café allongé au Rouquet, boulevard Saint-Germain, ou au Télescope, rue Villedo.

Églises. Je ne vais pas à la messe, mais j’adore m’y asseoir. À Paris, il en existe de magnifiques comme Saint-Sulpice, ou celle près de la place des Victoires. L’atmosphère y est donc recueillie, j’en profite alors pour voir ce qui merde dans ma vie. Je me fixe de jolis souhaits et c’est en enlaçant un arbre que je m’y engage. 

Marcher. Je me tape quotidiennement mes 10 000 pas. J’adore ça. Je démêle alors toutes mes pensées. Je fais le point, je respire, je croise les regards. Je traverse ainsi Paris du Nord au sud. Je choisis mes rues, cherche les traverses inhabituelles. Parfois même, je flâne. L’érotisme du marcheur.

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