10 06 16
Rome. Zuma, inutile d

Rome. Zuma, inutile d’y aller, je l’ai fait pour vous…

Parfois, on me reproche (gentiment) de visiter des adresses inutiles. C’est vrai. Mais j’ai toujours cette curiosité pour les tables incongrues ou apparemment légères, superficielles. Qui sait, au détour du chemin, on peut tomber sur des pépites. Bien souvent, la pêche est misérable et vous n’avez pas de tort de me dire: « Mais pourquoi aller à Rome chez Zuma », hébergé dans la maison Fendi. Fondé à Londres par le chef Rainer Becker (2002) Zuma s’inspire des izakayas. Mais autant l’adresse de Londres a la pêche et sa légitimité, autant ici à Rome, elle est drôlement déplacée. Pas mauvaise certes (manquerait plus que cela, vu les prix), mais voici un repère cossu et son enfermement friqué, food in shop vaguement snob et surtout nouveaux riches, ce qui n’est pas déplaisant pour le spectacle, les jolies serveuses en surnombre. Mais on est si loin de Rome. Dispensable.

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06 06 16
Tiens, j

Tiens, j’ai essayé le « meilleur restaurant » de Paris…

Que les Alleno, Ducasse, Gagnaire, Passard se tiennent bien, que le Michelin reste sous terre, le meilleur restaurant parisien n’est pas celui qu’on croit. Sur 13 360 tables notées par ses « visiteurs », le site TripAdvisor estimait début mai que le meilleur des meilleurs, le summum de la gastronomie était la… fromagerie Danard ouverte il y a six mois à deux pas de la Bourse de commerce. Ni cloche en argent, ni sommelier multilingue et de caviar blanc, mais juste des frometons, trois-quatre tables, quelques vins et voila. En questionnant gentiment la patronne, elle même semble embarrassée par ce titre magnifique, les bennes de laurier déversées sur son auguste front: « Ben oui, convient elle, les gens aiment bien nos planches à fromages ». C’est pas qu’ils « aiment bien », chère madame, ils trouvent cela « génialissime », « amazing »,« le mariage du siècle », « très très bon », « génial »…On s’assied donc, histoire de savoir où se cachent le génie et la prouesse. Sincèrement, après une bonne demi heure de guet intensif, ils se planquent fichtrement bien. Des planches certes, des fromages, oui, un ramequin de salade, d’accord; de l’eau en bouteille de plastique; un accueil gentillet… Mais pour le tremblement, on repassera. On se demande même s’il n’y aurait pas une caméra cachée quelque part histoire de se gausser des gogos par le site alléché. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’organisme s’évanouit de félicité devant des adresses fermées, non existantes ou déchiquète de braves tables étrangement éreintées . S’il y a un côté navrant à ameuter les foules pour des pécadilles, cela confirme que les classements établis de nos jours que ce soit par les 50Best ou la « liste » du ministère des affaires étrangères, ne valent pas  tripette. Sont elles juste des indicateurs de notoriété (qui n’a rien à voir avec le talent) ,d’influenceurs venus capter les feux d’un galaxie inclassable. Finalement, ces jeux d’empilement s’effondrant au moindre clic,  rappèlent q’une nouvelle gastronomie voit parallèlement le jour. Elle porte en elle des valeurs un peu moins tordues et mégalomanes. Elles sont très simples, humbles, procèdent de l’intime. Chacun construit sa micro gastronomie avec ses amis (ohé!), ses bons et mauvais gouts. Nos listes personnelles sont les plus fiables au monde parce qu’elles nous correspondent. C’est même à se demander si la fromagerie Danard n’est pas finalement à sa place !

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24 05 16
Tiens, j

Tiens, j’ai essayé le restaurant d’entreprise de Natixis…. Relevé des copies.

Restaurant d’entreprise, le chagrin et la pitié

L’univers du repas est en fait un monde de continents. ils flottent les uns à côté des autres sans parfois même se connaître.Prenez les restaurants d’entreprises bien souvent monopolisés par par de puissants groupes, actifs et délivrants à prix miraculeux des repas surréalistes. Et ce même dans les groupes les plus puissants de notre pays, à l’instar de  Natixis, quai d’Austerlitz. Alors qu’on pourrait penser que cette maison pourrait faire un carton en image de marque avec son restaurant, c’est une étrange copie qui est rendue chaque midi. Ne parlons pas de la cantine de base où l’on fait la queue style hypermarché un samedi après midi, mais du côté gastronomique. On annonce ce midi un filet de turbot au beurre blanc à 9,02€ et une caille rôtie aux zestes d’orange à 4,75€. On fait glisser son plateau et un chef jovial et bien luné appose une pétale de cerfeuil, une pincée de champignons. Voila donc la caille posant sur son lit de sauce uniforme. Elle ne bouge pas. Est visiblement morte, les yeux levés au ciel. A ses cotés, un véritable tumulus de petits pois décongelés, admirablement bosselés restituant une saveur inattendue: le goût de boite. C’est roboratif limite sieste garantie, mais dans le bec d’une indigence royale. On a peur alors de tendre une passerelle en regardant les habitués de cette brasserie « gastronomique »: certainement des pointures en bouffe, pinaillant ailleurs à juste titre, ne lâchant rien passer sur un dossier, des hauts salaires, des malins, des je- sais- tout, bref des Franzosen. Parqués dans une zone de non plaisir, se zyeutant entres collègues, ils délivrent un sentiment étrange à l’instar de ce dessert sans identité gélifié dans son linceul. Du coup, on repart retrouver des goûts normaux à la BPCE, tout à coté (45 centimes, le café) avec toujours l’assemblé des cols blancs et des ventres gris qui surveillent nos crédits, nos découverts, nos projets à venir…

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29 02 16
Paris. Petite brasserie charmante, mais bon sang, l

Paris. Petite brasserie charmante, mais bon sang, l’assiette

L’endroit est charmant, la clientèle de quartier sensas, l’accueil si gentil mais hélas, l’assiette, sans être bégueule, ramait à contresens, sauce industrielle, entrecôte pleine de nerf (19,50€) , frites passables, salade à moitié assaisonnée… Moi qui adore les atmosphères, j’ai quand même tiqué. Pourtant en y entrant, je me suis dit que je tenais une adresse épatante. Ouin.

Brasserie N et C, rue Didot, 75014 Paris. 

15 02 16
Paris. Le San Francisco, la tête en l

Paris. Le San Francisco, la tête en l’air…

C’est un grand classique à Paris, ces restaurants italiens que l’on croit immuables et incontestables, se laissent pendulairement aller. Ils ont la tête gentiment ailleurs, sûrs de leur clientèle, de leur carte et de leur passé. Le San Francisco n’échappe pas à la règle, fort d’un public tout acquis et en pilotage automatique (grand classique parisien également). Les spaghetti alla botarga e calamaretti (27 euros !) étaient lestés par une huile d’olive en marée blonde embarquant le plat dans les tréfonds du registre.

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08 02 16
Michelin. Alors ? Alors quoi ?!

Michelin. Alors ? Alors quoi ?!

Il vient de sortir avec un gros déploiement de communication. Les trois étoiles pour Ducasse et Le Squer, certes, certes. Un gros travail de partout, mais c’est curieux je n’arrive plus à entrer sur ce navire. Sans doute pour ses oublis multiples, sa volonté de n’accepter qu’une cuisine obéissante et d’ignorer les tempéraments. Du coup, je me sens presqu’exclu. Ce n’est pas grave, il nous renforce sans doute à être plus nous même: à créer notre micro gastronomie faite de proximité, de fulgurances et de coups de coeur. Je la préfère ainsi,  joliment partielle. Et non impérieuse, gendarmesque.

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01 02 16
Paris. Le Huit, hou la la...

Paris. Le Huit, hou la la…

Toujours étrange de visiter des restaurants un peu délaissés le soir. Il fait froid et ce soir, il n’y a que trois tables d’occupées au restaurant de l’hôtel Margiela. C’est maigre. On imagine le chef se mordre l’intérieur des joues. Le personnel de salle a même du mal à quadriller la situation. Pas d’accueil, prix trop violents pour des assiettes banales. Dessert annoncé comme un millefeuille et n’étant qu’un misérable biscuit. Das ces cas là, on regle l’addition (139 euros à deux) et l’on s’en retourne désolé.

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29 01 16
Paris. Dieu que c

Paris. Dieu que c’est led…

Petit à petit, les lumières de Paris changent. Place aux leds à présent. C’est dur, tranchant, chirurgical, presque déplacé. J’aimais tant les lumières douces de la nuit, presque sépia, s’esquivant après le jour, traçant un sillon mordoré…

25 01 16
Picard, pique assiette...

Picard, pique assiette…

C’est toujours cocasse de voir les publicitaires pomper discrètement dans l’assiette des voisins. en l’espèce, le Fooding récupéré sans vergogne (et sans autorisation) par une industrie de l’agro alimentaire. Du coup, on imagine leurs préparations élaborées avec autant de courtoisie…

18 01 16
Paris. Maison Plisson: "Tu m

Paris. Maison Plisson: « Tu m’en donneras des nouvelles… »

Il faut toujours se méfier des intitulés de plats ou de desserts. Bien souvent, on reste dans un minimalisme prudent du style « sole meunière ». Il s’agit alors de sortir sa poêle et de ne pas louper le bazar. Il y eut bien une superbe audace digne du nouveau roman lancé par les Costes, lorsqu’ils étaient encore frères. Il s’agissait de placer des guillemets, jolie parade qui permettait de jouer avec la meunière et la sole. On s’autorisait un champ lexical un peu plus souple à l’instar des « revisitations « dignes de la Vierge Marie qui exposent un plat à toutes les trahisons. Principale victime le tiramisu passé à la mangue, au patchouli, aux fraises tagada et autres hommages dégradants… Il y eut un temps des « déstructurés » témoin la pauvre bouillabaisse tourneboulée par Gérald Passédat dans une implosion centri (pète et fuge) mémorable. Ce qui lui valut au passage l’incompréhension des Marseillais. Et illico  trois étoiles au Michelin. Cette fois ci, voici la maison Plisson, de l’Est Parisien, épicerie de haut luxe, superbement lancée à travers les médias tentant amadouer la ménagère du coin avec des prix méchamment musclés et un « sourcing » très wachi wacha.Il y a là une table bienveillante quoique ourlée disposant de plats prévisibles et honnêtes et pas donnés (24€ les saint jacques et sa purée de carottes et fenouil). Et surtout un dessert,  une mousse au chocolat, sous titrée « tu m’en donneras des nouvelles ». Cinq heures après , en voici donc. Elle est toujours là. Non point dans ses élans chocolatés, sa profondeur cacaotante. Mais dans une lourdeur phénoménale. A sa décharge, il faut dire que le créateur a vider non seulement son frigo ( (quartiers d’oranges pelés à vifs, grué de cacao, oranges confites, gros petits cubes de gâteau au chocolat), une sorte de vide grenier Fooding, mais aussi asséné par un tumulus de chantilly au chocolat amorçant l’explosion finale. On a beau penser à autre chose, il s’agrippe aux hanches, reste debout, têtu au milieu du carrefour, les bras croisés sur la poitrine. Débute alors une attente interminable. Qui cédera? Huit heures après, il était toujours là avec ses nouvelles, son tutoiement, e t sa position d’autruche ensablée. Un cas.

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