Reims le plaisir schizophrène

Elena_lallement_3Avec le TGV, Reims qui était, depuis Paris, à la hauteur de Nantes, revient quasiment à la porte de Versailles. En 45 minutes, vous voici dans cette jolie ville bien rangée, pas aussi tranquille qu’on la décrit, comme en témoignent de récentes « échauffourées ». Un marketing galvanisant et une euphorie obsessionnelle, rappellent que cette ville et ce vin n’ont jamais été tranquilles, mais plutôt effervescents. La gastronomie a toujours bien fonctionné, dans le rang, et moins docile que les tables bordelaises, par exemple, souvent alignées sur la sagesse des crus locaux. Récemment, avec l’arrivée de Didier Elena (ex-Ducasse, New York/¨Photo en haut à droite) aux Crayères, la scène gastronomique, jusqu’alors prévisible, s’est mise à s’activer avec l’émergence d’un Arnaud Lallement (photo en haut à gauche), à l’Assiette Champenoise. Photos, communication et va-t-en-guerre culinaire, il n’en fallait pas plus pour faire de l’agitation et un match entre ces deux adresses, si tant est qu’aujourd’hui, les tables font tout pour ne jamais être comparées.La réalité cependant n’est pas toujours aussi docile. Si l’on s’adonnait à un jeu cruel, on pourrait, dans un jeu de bonneteau, interchanger les assiettes de ces deux restaurants sans que quiconque le remarque (exemple : l’association foie gras-thon). Pourquoi ? Parce que l’époque est à cette douce schizophrénie, cette inquiétude qui pousse les chefs à démultiplier sans arrêt.

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www.assiettechampenoise.com
www.lescrayeres.com

  • Zoé
    19 octobre 2007 at 10 h 54 min

    Ma ville très joliment contée…

  • Votre aristarque
    19 octobre 2007 at 19 h 25 min

    J’ai des amis, fidèles, sérieux, qui écument le vignoble et les belles tables. Ils vouent un amour insondable à la Champagne, terre d’asile quand on sait la parcourir. Ils ont débarqué un soir chez Arnaud Lallement à l’Assiette Champenoise, courtois, extravertis, bien intentionnés, prêts à se laisser dorloter comme il sied. Las, tout a sombré ce soir-là, par dilettantisme : le paquebot, les plats, le service et l’un de ces amis a failli couler une bielle grave. Bon prince, le chef leur a, paraît-il, offert les cafés.

  • Guillaume B
    24 octobre 2007 at 20 h 19 min

    Moi aussi j’ai un ami qui a vu l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’ours qui a dîner à L’assiette. Parlez de ce que vous connaissez dans vos commentaires. Vous gagnerez un temps fou !
    Ai dîné plusieurs fois chez Monsieur Lallement. Aucun mot ne peut décrire l’émotion que procure l’excellence de sa cuisine.
    La comparaison entre chefs est sans objet. Deux intitulés de plats comparables ne peuvent masquer ce que tout le monde sait maintenant : la halte qui vaut le voyage depuis la rue de Rivoli à Paris, depuis Pauillac, comme depuis les alentours de la N7 à Valence, c’est L’assiette Champenoise à Tinqueux.

  • Idel
    24 août 2009 at 13 h 29 min

    J’ai dîne à l’Assiette avant-hier : inoubliable, du début à la fin (sauf les sushis servis à l’apéritif, complètement oubliables). Produits, cuisson, inventivité, associations, c’était divin.