Temps gris, partons à la Barbade

Un peu de chaleur

Il y a quelques semaines, AirFrance Magazine a eu la gentillesse de me demander d’ aller voir ailleurs si j’y étais…

 

La Barbade,

dix trésors d’une île cachée

Ce serait trop facile de résumer une île à sa nature de rêve, de courber quelques palmiers, d’étaler quelques  serviettes de plage. À la Barbade, dans les Caraïbes, il suffit d’un pas de côté, de tendre l’oreille, de se lever à l’aube pour le bain des chevaux, pour découvrir un tout autre univers affiné à la diphtongue britannique…

1. Tresses en vue

Il est bien hardi celui qui saura extraire un message de ces tresses admirablement tournées. Les femmes de l’île de la Barbade rivalisent de circonvolutions, de contrepieds capillaires, parfois perlés, légèrement huilés, magnifiques d’agencement. Les salons de coiffure abondent, se trouvent parfois à l’étage, étirent  le temps avec la complicité des ventilateurs. Les tresses forment  parfois une ananas. Ou une tiare, une sphère privée intrigante. Elles confèrent au visage  une tension vertueuse et raisonnable, non sans rappeler l’allégorie du noeud dans sa façon de revenir sur lui même, après avoir tenté son contraire. Ce qui s’appelle aussi la vérité.

– Dans Bridgetown, nombreux salons dont celui de Marissa, Lizzy’s hair, Upstairs proche de foam house; Lucas Street. Tel.: (246) 244-1284.

2. Les petites routes jettent le trouble

La tentation est si grande de tirer un trait sur la plage, de s’enfermer sur l’horizon, de lâcher les amarres, fixer le ciel et laisser faire. Attendre ce qui n’arrivera pas, pousser le farniente jusqu’à son propre épuisement. Et revenir déshabité, heureux de retravailler. Il y a aussi une autre façon d’honorer un paysage, c’est de le visiter. Aller le chercher, comme dans les tresses des femmes de l’île, dans ses ultimes retranchements. S’inspirer de leurs méandres, revenir sur ses pas et délicieusement se perdre. C’est rarement grave. L’ile finira toujours pas vous retrouver. Au final, des venelles,des ruelles, des sentiers des voies se prétendant sans issue. Vers Bathsheba, sur l’est de l’île, c’est quelque chose…

3. La rondeur comme un hymne

Une ville, une île, parvient toujours à vous faire rentrer dans ses rythmes, ses dentales, sa densité. Ici, à la Barbade, la rondeur est de partout. Dans l’urbanité, avec des « hellos » constants. Ce sont les virgules joyeuses de la journée. Les visiteurs ne sont pas ostracisés dans la mésestime de soi, ils sont juste salués, comme on le fait encore sur les chemins de nos campagnes. Les rondeurs de l’ile Barbade, ce sont celles du corps, ici joliment célébré dans ses fesses, ses cuisses, ses seins, ses joues. C’est un hymne heureux, bondissant. Remonter une rue de Bridgetown est sans doute la meilleure thérapie du monde. Stylisme débridé, félicité du quotidien. Aussi bon qu’un massage.

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