Il y a toujours eu dans les restaurants de musée comme une sorte de gêne par rapport aux nourritures. Par rapport à beaucoup de choses du reste. Le trivial, la rue, les autres tentations. Ils entretiennent autour de leur nombril une sorte de vide dans lequel il souhaite que le sidéral pénètre. Heureusement, de temps en temps, il y a quelques rayons de lumière comme ici, au Saut du loup, au musée des arts décoratifs.
Le service est stylé, efficace, avec parfois une sollicitude un peu lourde.
D’abord, j’ai pris une Romaine. Assez distrayant, vaguement loupé (la romaine reste impavide) mais, au moins, il y a là de la bonne volonté, du risque, fut-il mal couru, un plat quoi.
Ensuite, Saint-Jacques. Le chef travaille encore les émulsions que nous avions connues au début du XXIe siècle. Petit souci, cela date d’une dizaine d’années. Cela dit, cela nous vaut ce genre de plat désincarné, volant dans l’air, éthéré dans son approche nuageuse, pas mauvais au demeurant, car précis dans les saveurs (ici, une touche de vanille, avec le bar, une touche de gingembre). C’est plaisant, un peu chiche dans les portions, vu les prix costauds (26 €).
Enfin c’est très plaisant (superbe terrasse ) même si à 143 € à deux pour picorer, c’est évident que ce n’est vraiment pas donné !
Le Saut du loup, 107, rue de Rivoli, Ier. Tél. : 01 42 25 49 55.
PHOTO/lesautduloup.com
