Rencontre avec Carine Roitfeld….

Vous le savez bien, le monde des parfums me rend heureux. Je vis dans un nuage de senteurs, d’effluves. Parfois même, je les suis dans la rue. Aussi lorsque Air France Magazine m’a proposé de rencontrer Carine Roitfeld, j’ai bondis sur l’occasion.

L’icône éclairante de la mode se lance un défi: saisir l’air du temps canaille et le vaporiser dans sept créations olfactives.

On l’imagine fracassante, redoutable. Parisienne, quoi. Pourtant, Carine Roitfeld, icône de la mode, ex-mannequin, ex-manitou de Vogue, égérie de Tom Ford, est d’une sérénité au tranchant apaisé. Cette fusée éclairante traversant des magazines dont le sien (CR- Fashion book)  à force de humer l’air du temps a du penser qu’on pouvait le capter avec insolence. Et sensualité. En faire donc des parfums; sept portant des noms de potentiels « lovers » (Aurélien,  Orson, Lawrence…), des « fantaisies » joliment tracées par un trio de nez réputés avec cette particularité désarmante: leur clarté dans des registres différents: floral chypré, boisé floral, épicé, oriental, ambré, cuir…

Son mentor Karl Lagerfeld avait été très clair: « Madame Roitfeld, quoique vous fassiez, il faut être là où on ne vous attend pas ». Elle y est donc, cherchant précisément sa trace, évitant les notes qui n’ont pas sa préférence (pamplemousse, rose, citron, sucré), mais qui croiserait ce sillage qu’elle créait pour elle même : Opium + Fleur d’oranger de Serge Lutens.  Rejoindre cet éden immatériel sans pour autant s’alarmer du mauvais goût: « les chaussette jaunes sur un homme n’ont rien de rédhibitoire, le charme est alors ailleurs ». Le parfum pour Carine Roitfeld n’est pas pour autant un bouclier dans un monde que l’on imagine rêche et vache : «  Il ne faut pas suivre la mode, c’est plutôt à elle de vous suivre. Il suffit de se connaitre, ses proportions, ce qui vous va ». Question de clarté, tout est là.

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