Prolongation 2/6. Cupabia, la Corse au cordeau

Encore jouable !

C’est imparable. Quoi donc ? L’harmonie. Lorsqu’une carte de restaurant dispose d’une charte graphique élégante, logiquement, les carottes et les petits pois sont choisis avec la même rigueur. Pourtant nous sommes dans un coin où l’on pourrait se la couler douce. C’est tout simplement magnifique en cette Corse sous azur et délicieusement ventilée. Au pied des collines de Capanella, dans le golfe de Valinco, Les pieds sont presque dans l’eau, il suffit de traverser un camping décontracté pour gagner la fraîcheur de l’onde. Lorsqu’on revient d’un bain régénérant, on hérite d’une belle faim, dentue et joyeuse. Ce doit être cela que de croquer dans la vie. Pour cela,  le restaurant lodge a pigé qu’il n’était pas indispensable de jouer dans la facilité, abuser des faims, et faire sonner le tiroir caisse. La barre est juste posée comme il faut. Pas trop haute avec la  gastronomie gonflante, ni trop bas; garder le pied léger sans aucune accélération inopportune. Juste l’application: des nappes fushias, de vraies serviettes et surtout des plats presqu’aussi soignés que les pelouses; les massifs de lauriers roses, de verveine fleurs, d’agapanthes. Vous voyez tout est précis, mais sans que cela soit gênant, présent sans être pesant. Antoine-G Giorgi, a pris la relève de ses parents. Du reste, ces derniers déjeunent ici, donnent parfois un coup de main et savourent l’application du fiston. La dorade fait la belle avec sa sauce aïoli, les légumes de saison; les tagliatelle se laissent lutiner par la poutargue. C’est les vacances avec le rosé frais, les joueurs de volley-ball qui sautent comme des virgules. La clientèle descend des maisons proches, souvent des habitués depuis quatre générations. Les civilités vont avec, les salutations hésitantes (« je ne voulais pas vous déranger »), on se reconnait avec cette crainte soyeuse. Me remettra-t-on? N’ai-je  pas trop changé? La Cala di Cupabia appartient à ces restaurants posés comme un cadran solaire, un marqueur du temps, l’oscillateur de nos vies. On vient se rassurer dans la nacre des poissons, la buée des verres, les anneaux des gambas. Les vacances sont là, presqu’insolentes avec leur royale arythmie, le temps en decrescendo. Il fait Corse.

Venir. L’aéroport d’Ajaccio n’est pas loin (une petite heure), ensuite le lacet des routes. Attention à ne pas vous perdre.

Séjourner. Certes le camping, mais aussi location de maison dans le coin, les hôtels de Porto Pollo,  comme l’Eucalyptus, Tèl.: 04-95-74-01-52, à partir de 117€. Plus chic, le Golfe, tèl.: 04-95-74-01-66,  à partir de 300€.

A emporter. Au Cupabia, on peut emporter des pizzas, des plats traiteur, des salades.

Dommage. Le fléchage asthénique des routes.

Cala di Cupabia, Serra di Ferro. Tel.: 04-95-74-04-38. Ouvert tous les jours de 8h30 à minuit.

Décibels. Les cris joyeux des vacances, le vent dans les palmiers Phénix.

Mercure: température de saison

L’addition. Comptez 40 euros

Minimum syndicale: une pizza margherita 11€

Verdict: oh oui !

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