Paris. Quatre restaurants pour ouvrir la nuit

Restaurants de nuit

C’est souvent un peu minable dans l’assiette, non sans raison, car dans la salle se joue l’une des plus sexy comédie de la Capitale. Quatre adresses pour moissonner…

Minuit

Anahi

On le croyait rayé à tout jamais, englué dans la dorure et les has beens. Et non, Paris délivre régulièrement ce genre de flashback presqu’incompréhensible et tout autant jouissif. Aux commandes, un entrepreneur monégasque, Ricardo Giraudi, anglo-italien, ex-concertiste, importateur de viandes rares (Kobé, Kagoshima, wagyu), il a choisi le cabinet d’architecture adéquat (Humbert & Poyet), et surtout rapatrié la légendaire Carmina, entrainant avec elle dans son sillage les bandes d’hier et celles de demain, boosté par un autre renfort en salle, Camille (ex belle poque). L’assiette par chance a échappé à ce genre d’accélération qui vous envoie bien souvent au fossé: viandes dans leur plus simple appareil. Exercice dangereux mais réussi grace à des cuissons au petit poil. Ambiance festive, prête à chavirer  à tous moments, bande son du même métal.

Anahi,49, rue Volta, 75003 Paris. Tel.: 01 48 87 88 24. Ouvert tous les jours. Dernières commandes à minuit. Comptez 80 euros.

4 heures du matin

Tambour

On imagine que lorsqu’on a envie de décompresser, ce genre de rade fait plus que l’affaire. Car il y a là comme une dérision de tout,  façon si parisienne. On est venu pour se marrer. Du décor de bric et de broc où alternent panneaux de signalisation,, bustes, enseignes. Rigoler avec le service, même si c’est long, même si c’est pas bon (pieds de porc panés, pièces de boeuf.)… Ne sommes nous pas à Paris? Les assiettes sont souvent drolatiques avec leur rentre dedans madré, rarement bonnes, bordéliques et irrespectueuses de leur intitulé. Mais ce n’est pas grave, le vin et les bières gomment le tout, laissent place aux marades et aux conversations. Beaucoup de repas de collègues, d’enterrement de vie de jeunes filles, de noctambules faisant chauffer les gommes. Parfois de superbes têtes, des silhouettes à suivre. On n’en garde pas un souvenir impérissable et logiquement on n’y reviendra pas. Mais le Tambour, c’est comme un porte avion. Parfait pour partir.

Le Tambour, 41,rue Montmartre, 75002 Paris. Tel.:

: 01 42 33 06 90. Jusqu’à 5-6 heures du matin. Comptez 30-40 euros.

5 heures du matin

Grand Café des Capucines

La nuit venue lorsque les touristes commencent à regagner leurs hôtels, ce Grand Café, revue art nouveau façon Maxim’s du pauvre, entre dans sa deuxième vie. Arrivent alors ses maigres fantômes venus avaler une cuisine fantomatique avec des plats grammés (filet court, tartare restreint, salade petite, frites portion) alors qu’elle pourrait adonner dans le registre de la générosité propre aux établissements de nuit, lorsque l’absurde vient nous rassurer. Le service navigue à vue parmi ce public fantastiquement disparate alternant des voyageurs en jet lag se tenant comme des bébés, des couples en recharge de sentiment, des familles se faisant la tronche. Finalement, il y a de quoi s’esclaffer, de recommander une troisième bouteille de vin blanc glacé. La nuit, ça doit ressembler à cela aussi. Parfois quelques pépites viennent illuminer les banquettes.

4, boulevard des Capucines, 75009 Paris. Tel.: 01 43 12 19 00. 24 heures sur 24. Comptez 50 euros par personne.

I heure du matin

Grand Hotel Amour

Il y avait déjà l’Amour avec sa clientèle sexy, glamour un brin poseuse certes, mais avec un peu plus de génie dans la posture qu’ailleurs. Voici à présent, le format supérieur avec chambrettes pousse au crime et toujours cet intitulé frondeur: invite t on au Grand (Hotel) Amour sans avoir une idée derrière la tête ou autre part? Nourritures compréhensives adonnant dans le prévisible (pâtes à la joue de boeuf, burger, buratta,ceviche, tartares…), service aimant se faire déborder, tout en restant sourd et aveugle. Il est clair que lorsque l’on vient vers 21 heures, on peut se ronger l’intérieur des joues et pester contre la terre entière, exercice plus que jamais parisien. C’est après qu’il faut venir lorsque la marée se retire et ne retient que les jolies coquillages. Sur la carte, un plat reste irrésistible. Il est mentionné en bas de page: « dernières chambres à 100 euros ». Question : Faut il résister à la tentation. (jamais).

Hôtel Grand Amour, 18 Rue de la Fidélité, 75010 Paris. Tél.: 01 44 16 03 30. Comptez 50 euros.

No Comments

Leave a Reply