Paris. GrandCoeur, fidèle à sa promesse

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Récemment, pour M, le supplément du Monde, je me suis rendu dans ce restaurant du Marais. Voici mon sentiment…

La cour est magnifique. Les siècles s’y sont sans doute succédés avec autant de bonheur. Il y avait là un tex-mex très sensuel, le Studio.Il y a toujours les cours de danse, distillant à travers les fenêtres que l’été entrevoit, les leçons scandées, joliment martiales.On se croirait dans les Demoiselles de Rochefort. Depuis peu, s’est installée une table réunissant les arguments idoines. Un lieu donc, une atmosphère, du volume, du décor, de l’ambition et un chef sacrément réputé: Mauro Colagreco, le chef du Mirazur, à Menton. Celui qui tire les ficelles de cet attelage, c’est Julien Fouin, habile penseur des tables adaptées aux nervures de l’époque: Glou, Jaja, Bonvivant…Logiquement, ce genre d’adresses font penser à ces voitures où tout fonctionne: la boite  gants, les essuie glaces, la marche arrière. C’est clair, pratique,et lorsqu’on s’assoie, le paysage peut défiler. Pas d’ego trop encombrant masquant la vue, ni de clientèle débordant sur les banquettes, juste ce qu’il faut. En ce début de déjeuner, il est toujours agréable d’entendre le moteur s’enclencher. De la cuisine, on entend  le chef donner ses instructions. Elles sont articulées, précises, et logiquement, l’assiette, comme le reste, fonctionne à l’unisson. Et lorsqu’il détaille aux serveurs réunis, le carpaccio de poisson mariné aux agrumes, les couteaux au beurre d’herbes, le ragout de palourdes aux petits pois, on devine les engins. DSC02147Par esprit de contrariété, j’avais choisi un tartare histoire de voir si les pneus étaient bien dessinés. Impeccable, il fut. Volontaire et déluré, parfait pour dissoudre une mélancolie matinale. Le dessert fut pourchassé dans les hanches de l’assiette au point même d’en faire disparaître l’intitulé: pêche melba, hibiscus et amande.En refermant la portière du Grand Coeur, on peut entendre un son plaisant, celui qui annonce son prochain retour.

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Tables en vue: La terrasse tellement plaisante, mais également en salle, les tables en bordure…

Dommage: petit bémol prévisible mais cohérent, les prix d’une carte ambitieuse.

A emporter: repartir à la chasse des desserts simples et gourmands: la pêche melba, la crème au caramel, la mousse au chocolat , les abricots rôtis…

Passage à l’acte

GrandCoeur, 41, rue du Temple, 75004 Paris. tel.: 01-58-28-18-90. Fermé lundi.

Décibels: en début de service, l’animation studieuse de la cour: 72db.

Mercure: en ces jours d’été, température ambiante: 23°c.

Addition: Comptez 50-70€ à la carte.

Minimum syndical: un tartare de boeuf de l’Aubrac: 24€.

Verdict: plus que valable!

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