Paris. Café Michalak, it’s only rock’n’roll

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Café Michalak, it’s only rock’n roll

C’est clair: les pâtissiers ont souvent un avantage sur les chefs salés. On ne les attend pas du tout sur une carte traditionnelle de restaurant. Encore moins, sur celle d’un café. C’est oublier que Michel Guérard fut d’abord un pâtissier et que Pierre Hermé, lorsqu’il sortit sa carte chez Ladurée, fut loin d’être un manchot. Voila pourquoi, l’advenue de Christophe Michalak, pâtissier télévisuel consacré jadis par le Plaza Athénée, était d’autant plus intéressante dans le circuit que d’emblée, il affiche une identité que nous affectionnons, à savoir: « rock’n’roll ». C’est revendiqué sur le catalogue de printemps, avec petite fusée et pétards jolis. On est loin de la pochette « Sticky Fingers » des Rolling Stones et la mythique braguette d’Andy Warhol, mais on ne demande pas non plus au beau Christophe de monter sur les tables et de se jeter façon Iggy Pop sur un public (jusqu’à présent) imaginaire. Sa boutique est donc « rock » mais passé par un salon de manucure. De la brique façon New York, mais  repeinte en blanc laqué comme les ongles des stars porno. On ajoutera des lampes studio et quatre tables d’hôtes, suffisamment bien étudiées pour qu’au bout de cinq minutes, on n’ait qu’une seule envie: se casser, tant l’assise est inconfortable. Ce serait injuste de s’arrêter là et de pas avaler les salades qui se disent « pop » (haricots verts, petits pois, coriandre, sucrine…) ou « punk » (lentilles, concombre, thon..). Cette dernière aurait de quoi se faire dresser plus encore une crête iroquoise tant les ravages annoncés dans le titre sont si ramollos et polis qu’elle devrait changer fissa de blase. Au hasard, « Pokora ». Le sandwich au pain au lait- noix- figue et gorgonzola racle grave le sol avec un composition à se manger un fossé. Le comble étant atteint par le « mille feuille » en verrine (7,50€ tout de même), sans feuilletage bien entendu (jusque là on est rock), mais écoeurant à souhait, avec sa chantilly vanille et ses éclats de caramel  collant aux dents (là, on est roll). En fait, le café Michalak n’échappe pas à l’esprit du temps. Il aseptise le rock, en le javellisant avec des groupes qui se permettent des excès choquants (la chemise sortie du pantalon), et distillent une mélancolie académique. Le café délivre des plats pour shopping, sans âme (les légumes sont  si froids et mal taillés), vraqués dans des bols difficilement accessibles avec les couverts. C’est sans doute en cela finalement que nous aimons bien le café Michalak, et que, in fine, nous retrouvons son esprit rock. Dans son foutage de gueule. Yeah!

Les meilleures tables. Au fond, le long de la vitrine.

Dommage. Que ce ne soit pas bon.

A emporter. le catalogue (gratuit).

Café Michalak,  60, rue du faubourg Poissonnière; 75010 Paris. Tel.: 01-42-46-10-45. www.christophemichalak.com . Fermé le dimanche.

Décibels. En ce début de service, paisible 70db malgré la musique rock aseptisée.

Mercure. Ouverte au printemps rayonnant:  20°c

L’addition.  Comptez 15-20 euros pour un mini repas.

Minimum syndical. formule « tip top » à 14 euros avec une petite salade, un dessert et une eau.

Verdict. I can’t get no (satisfaction)

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