Paris. Café Lai Tcha, beau matin

bien vu !

Il suffit parfois d’un lieu pour que se déclenche une musique. Adeline Grattard et Chi Wha Chan, le duo félin du Yam’Tcha (et des bao, de la rue Sauval, à Paris), cherchaient sans trop y croire un endroit pour chantonner une autre musique. À Paris, ça ne manque pas: pas un jour sans qu’un restaurant d’ouvre…et ne ferme.  Ils sont donc tombés devant l’auguste front de l’église Saint  Eustache sur ce qui fut la boutique de Jean Paul Gaultier. Il ne suffisait plus que de mettre en musique, de trouver une clé de sol (Lai Tcha, c’est « café du matin » en chinois) et de remplir les portées.  Le lieu est superbe avec une volumétrie d’enfer. Cette profondeur bien gaulée s’étire sur une longue partie traiteur faisant face à une superbe respiration allongée, un comptoir en cèdre du Liban. Tout au fond, l’espace s’apaise et développe un coin restaurant-dinette en tables de merisier et mezzanine planquée. Pas de grand cérémonial, ici, plutôt  des plats concis, parlant clairement. C’est souvent ainsi que l’on se débarrasse du superflu. On va au vif, à l’image de ces joues de boeuf à la sichuannaise (12 euros), ces poulpes des iles dans leur plus simple appareil (14 euros). C’est plutôt joyeux comme nourritures, épiçant comme  il faut, emplissant le bec sans le tyranniser: croquettes de maigre au curry rouge ou encore tofu farci porc et crevette (12 euros). Voila une cuisine plaisante, allègre, vive, se faufilant dans les conversations. Elles se laissent picorer sans tirer la couverture, ni implorer les compliments. La clientèle est au diapason, s’attable, jongle entre la salade de shitakés et shimejis (8 euros), la salade de boeuf au citron vert, pousses printanières (14 euros). C’est au final la gastronomie d’aujourd’hui non intrusive, un brin pimbêche, mais pas fière. Ce sont des nourritures du liant, du libre arbitre (l’appétit dose), de la libre pensée: les méridiens fusent, s’emmêlent de plaisant (tiramisu au chocolat et jasmin). Voici le genre d’adresses par excellence qui se plient, se déplient comme un éventail. Le coup de coeur du mois.

Les meilleures tables. Pour ceux qui passent leur journée assis, le superbe comptoir peut faire l’affaire, sinon au fond dans les coins ou encore à la mezzanine.

Dommage. Au début, c’était encore calme alors que c’est extra !

A emporter. Bien sur, le coin traiteur avec ses pliures franco-asiatiques.

Restaurant Café Lai’Tcha, 7, rue du Jour, 75001 Paris. Tél.:01-40-26-05-05. De midi à 20h00. Fermé dimanche et lundi.

Décibels: 77 db, calme.

Mercure: adapté à la météo: 19°c.

L’addition. Le propre des tapas, c’est de vous embarquer là où vous voulez: jusqu’à 35 euros.

Minimum syndical:  joue de boeuf, patates douces à la sichuannaise: 12 euros. Ou encore à emporter, rouleaux de printemps (8 euros)…

Verdict: yep !

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