Un aimable correspondant (Pierre je crois) me recadre gentiment sur le restaurant Georges. Du style, jeune homme, restez dans l’assiette. Les clients ce n’est pas le sujet…Venus vient à mon secours et nous remet dans le bon chemin…
Certes, certes. Pierre (je crois) n’a pas tort. Parler des autres, c’est un peu parlez de soi. et qui est-on? Sommes nous meilleur pour juger ?
Bouh, nous misérables miettes sur la table. Faudrait pas.
Mais on fera.
Car un restaurant sans client, c’est quoi. C’est affreusement triste! Imaginez Georges sans créatures ni snobs? Autant se jeter dans l’escalator. Alors, sorry Pierre, on continuera! Avec une adresse où l’on a rien à battre de ce qu’il y a dans l’assiette ! j’ai nommé, Anahi.
Si vous voulez de l »adrénaline pour vos songes, réservez des maintenant dans ce restaurant sud américain avec ceviche, viandes… Et surtout avec une fashion week en vue (Pierre, je vous recommande, c’est à partir du 27…). Alors là, c’est à se dévisser le cou : impatientes, agaçantes, narquois, pots de chambre, muses, maîtres et maîtresses, courtisanes et niais, imbéciles et hauts fronts, petits marquis et laquais, cinglées et cinglantes…Hummm…Allez Pierre (je crois), montez sur la table et dansez le twist des superbes !
49, rue Volta. Tél : 01.48.87.88.24. Map
(photo F.Simon).

venus
1 septembre 2008 at 11 h 56 min…du coup ça me fait penser à l’inverse, à ce restaurant pour non-voyants où on mange dans le noir. « Vu » qu’on y voit rien, on entend d’autant mieux par contre (désolée, Pierre). Et on doit s’y toucher aussi (oups!)j’imagine. Un sens chasse l’autre, ou plutôt l’absence d’un sens développe l’autre, c’est bien connu, et les papilles en premier, pour le coup.
Bref, connaissez-vous ce restau « dans le noir », François? Existe-t-il toujours? L’avez-vous testé ? J’aimerais bien tenter l’expérience « pour voir ».
ce qui n’empêche que nous allons nous précipiter chez Anahi, of course
rosemary
1 septembre 2008 at 17 h 28 minJ’aime bien Anahi…
Aucune création dans l’assiette, et c’est bien ce qui fait son succès.
alain
1 septembre 2008 at 21 h 39 minLes restaurants c’est la vie. Alors la vie dans les restaurants c’est avec les gens, avec le personnel.
C’est un théâtre permanent avec des personnage en costume, avec des dialogues avec une musique du lieu.
Les voisins de table jouent un rôle essentiel ; ils peuvent enchanter le repas, décorer agréablement la salle, ou ruiner l’ambiance.
La vie en société n’est jamais neutre.
Il faudrait pouvoir choisir ses voisins de salle comme on choisit ses plats, à la carte.
C’est pourquoi le restaurant « dans le noir » et le concept le plus nul que l’on puisse inventer pour un restaurant !
Faire disparaitre la vue des préparations des plats, des arts de la table, de la décoration de la salle, des clients et du service est un contresens total !
Tout cela pour singer un cruel handicap et nous faire croire que nos sens sont ainsi plus en éveil !!!
Cela pourrait être seulement vulgaire et bête si ce n’était pas aussi cruel.
Lorsque les concepts marketing remplacent les valeurs d’humanité il faut sérieusement s’inquiéter pour notre avenir.
La seule bonne idée aurait été de donner à voir à ceux qui en sont privés, même seulement pour le temps du repas.
venus
1 septembre 2008 at 22 h 35 minbon, c’est ma fête
@hurluberlu : je ne saisis pas – normal pour une dinde (merci au passage !)-, le sens de l’entre parenthèses « ai Figaro »??? faute de frappe, peut-être?
@ alain : vous devez détester Pierre Soulages, alors?
Il se trouve qu’après enquête, le restau « Dans le noir » de la rue Quicampoix ne s’avère pas terrible, côté bouffe et service, mais le fait de manger dans le noir est une expérience à faire au moins une fois, et plusieurs restau, associatifs ou tenus par de grands chefs, s’y sont essayés. C’est assez surprenant, le rapport qui s’instaure entre les gens d’une part, et d’autre part entre soi et le goût, complètement différent à partir du moment où on ne voit pas ce qu’on mange ou ce qu’on boit.
Et puis, ne croyez pas que les non-voyants sont des ignarres ou des frustrés ou des malheureux incapables de jouir de leur environnement parce privés de la vue.
Vous qui semblez jouir par tous les pores de votre vue, commencez par écarter vos oeillères
françoise
2 septembre 2008 at 9 h 40 minAlain…quelle belle « chute » dans votre commentaire .
Venus mélange les genres…se précipiter chez Anahi tout en évoquant Soulages…?
il est un fait …le client « fait » aussi le restaurant!
Amicalement à tous
Chrisos
2 septembre 2008 at 12 h 38 minje partage en partie ce qu’a écrit alain : on aimerait bien choisir ses voisins, comme ses plats, mais :
-il y a parfois des menus, avec plus ou moins de choix,
-entre ce qu’on lit à la carte et ce qui est servi à table, il y a souvent un décalage.
Donc ce n’est pas aisé.
Concernant « dans le noir », pour ma part, ça ne m’a pas donné envie d’y aller, mais cet endroit a le mérite d’employer du personnel non-voyant, ce qui n’est déjà pas si mal… même si l’on n’y mange pas très bien et que l’expérience a des limites.
pierre soulages
3 septembre 2008 at 8 h 38 min@ françoise: C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche, car l’artiste va vers ce qu’il ne connaît pas par des chemins qu’il ignore.
Dauphine
3 septembre 2008 at 15 h 22 minJuste pour ajouter la touche de trop : je vais au restau souvent seule, parce que ça ne me dérange pas, que mes amis sont en famille (36 ans, l’âge des couples formés avec enfants) et que j’aime tant aller au restaurant…Je passe des moments souvent chaleureux, même seule au restaurant : je partage des conversations, des bouts de vie, des émotions, je discute avec le personnel..et il y a ces lieux où c’est plutôt bon, plutôt beau, plutôt fréquenté comme le George…et où lon se sent seule, désespérement. Oùu l’envie de fuire pour ne plus se sentir seule dépasse le plaisir du dessert rassurant. Le George n’a pas d’âme, il manque d’humanité, en dépit du reste. Si l’on y va, c’est pour passer un moment de « bulle » entre soi avec des amis – surtout pas « avec les autres ». Ici la cuisine et ce qui va avec n’entraînent pas dans un plaisir collectif d’être là. Au contraire, ils poussent à l’individualisme, ils séparent au lieu de rassembler. je ne sais pas pourquoi : c’est ainsi. Mais c’est d’un triste ! C’est aussi ce que j’aime avec les critiques de françois simon, et encore plus dans ses livres : il partage une humanité.
Chrisos
4 septembre 2008 at 9 h 55 minintéressant point de vue et vécu de « Dauphine » : il y a des restaurants pour toutes les occasions…
on ne va pas au mêmes endroits si l’on veut bien manger, aller dans un endroit branché, se faire voir, passer un moment agréable entre copains, avec des amis, en couple.
Georges, ce serait plutôt pour le cadre, se faire voir et manger correctement, surement pas pour sympathiser avec ses voisins ou discuter avec le personnel!
pour cela, il vaut mieux un bon bistrot pas trop branchouille
emmanuelle
8 septembre 2008 at 0 h 07 minba ouais pourquoi pas parler des clients? Ya pas de règles, chacun fait ce qu’il veut.
Moi je dis juste : trop drôle ce papier = « pierre (je crois) » (ter) et « autant se jeter dans l’escalator ».