New York. L’hôtel qui grimpe

The Mark

Il y a peu pour les Echos- Série Limitée,  j’ai eu la chance de faire un petit saut à New York…

 

 

The Mark, se protéger, c’est avancer

Il y a dix ans, cette institution de Central Park soupirait devant ses chiffres d’occupation. Rien n’allait vraiment, plus personne ne suivait. En changeant de mains, après une spectaculaire secousse architecturale, l’hôtel cartonne. Mieux, il va bientôt se dédoubler à Paris.

Il y a de quoi être fier: N°1 à New York au RevPar ( englobant à la fois le taux d’occupation et le prix moyen d’une chambre), Olivier Lordonnois, le directeur du Mark, accepte volontiers le compliment.  Car se frayer un chemin à New-York, dépasser les grands palaces avec le sourire, il faut quand même quelques recettes singulières. Sans doute ne pas faire comme eux. Ne pas avoir un discours formaté, ne  pas avoir à répéter dix fois le nom du client histoire de lui faire comprendre qu’il est bien identifié. Sortir un peu de l’accueil robotisé, avec des éléments de langage prévisibles, l’antichambre de l’abstraction. Ce matin dans l’ascenseur, un employé regarde les chaussures d’un client et rigole: « ah, je les reconnais, c’est moi qui les ai cirées, bonjour ! ». Il y a un peu de cela dans le Mark, une décontraction parisienne, mais souriante et pleine de sollicitude. Il faudrait également ajouter des touches qui identifient tout de suite la griffe d’un hôtel à part: le décor orchestré par Jacques Grange avec un avant gardisme raisonné: Ron Arad et son luminaire se miroitant  dans l’entrée sur une table en marbre d’Eric Schmitt ; Guy de Rougemont, qui a dessiné les tables et le comptoir du bar, façon de scander Art déco cet hôtel de 100 chambres et 50 suites, effleurées par la signature olfactive de Frédéric Malle (Jurassic Flower, Carlos Benaim).

Du coup, voyant l’engouement, l’adhésion d’une nouvelle clientèle,  les propriétaires, Izak Senbahar et Simon Elias (Alexico Group)  se sont  dit qu’ils pourraient tenter l’aventure ailleurs. il fut question de Los Angeles (en vue, avec Londres), mais l’occasion s’est présentée à Paris.  Ce sera cours Albert-1er, avec vue sur la Scène ou la Tour Eiffel. Quarante chambres, deux- trois restaurants dont un à vocation gastronomique, un concept ramassé sur 12 couverts, un toit terrasse à 360° et bien sur les codes maison. Celui d’une hospitalité de haut niveau, décomplexée mais ajustée dans le service et l’amabilité. Le chef Jean-George  (Vongerichten) sera de la partie et développera ce qui ici à New York, au Mark, tient de la prouesse: une cinquantaine de plats appuyés sur l’esprit du temps. Celui du printemps 2021.

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