Lyon. Villa Marx, le paradoxe de la simplicité

certes...

Récemment pour M le supplément du Monde, je suis allé visiter cet établissement…

 

 

 

Les personnes hospitalisées de l’hôpital Edouard-Herriot, à Lyon, doivent avoir une belle jambe: le tout nouveau restaurant créé  par Thierry Marx (avec Lagardère Travel Retail France) ne leur est pas ouvert. Du moins, pas pour l’instant. IIs pourront néanmoins y sabrer leur bon de sortie lorsque tout ira bien pour eux. On peut néanmoins y rencontrer quelques bras cassés, des silhouettes cahotantes à cette table, située à l’entrée du centre hospitalier,  qui fut naguère le logement du directeur, en pur style art déco (1933, Tony Garnier). Ni broche, ni tournedos pour autant, la carte ne joue pas le registre hospitalier, mais purement « local »  témoin cette entrée à base de salade mizuna (une roquette japonaise diaphane) accompagnée de saucisson lyonnais. Etrangement, sans pour autant atteindre la qualité d’un Georges Reynon,  à Lyon (et son fabuleux oreiller de la Belle Aurore), la charcuterie est caoutchouteuse, présente quelques nerfs et s’avère peu pistachée. Elle entre joliment dans le décor avec la salade trempée et des lentilles du Puy passives. Par chance, la volaille admirablement tendre et moelleuse, donne une dimension simple et enfantine au déjeuner. Il prend  alors toute sa respiration. On se dit alors que rien ne vaut la simplicité lorsque l’on traite frontalement et avec amour les plats de l’alphabet gourmand. Service cordial, desserts appliqués. L’établissement reste intimidant même s’il vise à  susciter« un lieu de convivialité, propice au lien social » que n’aurait pas renié Tony Garnier, l’architecte lyonnais visionnaire. Sans doute, l’art déco et le front pensif de la Villa Marx laisse penser à une table de haut vol (ce qu’il n’est pas: menu au déjeuner à 23 euros). Mais également l’image forte d’un chef  tellement médiatisé. Il a su créer un formidable appel d’air entre ce que l’on voit de lui (un personnage extra, issu des banlieues, judoka, casque bleu au Liban mercenaire, dingo du Japon, surtélévisé, etc…), et ce que l’on en mange; son restaurant SurMesures,  à Paris, au mandarin restant une énigme mentale et poseuse. Il appartient définitivement à son siècle où l’expression prime, le sens expire, et les petits pains se multiplient.

Meilleures tables. Sans doute au premier étage, mais également en bas sur la gauche, ou encore la table près des cuisines ouvertes.

Dommage. Bon allez, ce n’est pas si mal…

À emporter. Allez faire un tour dans la ville chez Giraudet pour les super quenelles ( Halles de Lyon et 2, rue Colonel Chambonnet). Ou encore chez Reynon, pour l’oreiller de la Belle Aurore (13, rue des Archers).

Villa Marx, 8, place D’Arsonval, 69003 Lyon. Tel.: 04-37-69-59-31. Ouvert tous les jours (ça, c’est bien!).

Décibels. Au déjeuner, sérénité paisible 70db.

Mercure: 21°c

L’addition: Comptez 25-30 euros par personne.

Minimum syndical: la formule à 18€.

Verdict: dispensable.

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