Et si l’on sortait de la tête de veau…

histoire de respirer

Air France Magazine m’a demandé un petit édito sur l’édito. Ni une, di deux….

L’air de tout

L’air, c’est le nouvel or. Mieux, il est impalpable. Ne se revend pas. Ne se planque pas sous les matelas. Il migre. Il danse. Il chante. Il n’a ni drapeau, ni hymne. Parfois, il prend la forme de vents, visite trois continents dans la nuit, puis s’assoupit dans un arbre du Sénégal.

L’air sait être petit, incisif. C’est lui qui va donner la grace d’un vêtement. Comment ? Parce qu’il a su, avec la complicité d’un créateur, se glisser entre le tissus et la peau. Il donne alors l’ampleur, la grace, l’élégance. Ce souffle que nous ne  savons nommer…Il porte les parfums, crée le sillage. C’est lui aussi qui signe une jolie salade, un soufflé onctueux, une mie alvéolée. Dans la cuisine, l’air est l’ingrédient invisible. Il ne coûte rien, soulève une composition et peut même décider de figer une sauce, brunir un avocat.

L’air nous tient presque debout. Il peut nous rendre fou, dévisser l’oreille, avec des vents trop insistants. Il sait nous rendre heureux, volubile, amoureux. L’air est le fil de ces pages. Nous l’avons rêvé grand, car il porte en lui les ambitions, les sentiments que nous oublions parfois. Plus que jamais, on devrait le suivre dans sa fluidité, sa discrétion, son parler si compréhensif. Il nous souffle mille mots aux oreilles, mais les entendons nous ?

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