Rassurez-vous, il ne s’agit pas du dernier mouvement gastronomique lancé par quelques énervés de la frite translucide. Non, il s’agit du dilemme dans lequel nous baignons depuis quelques lustres.
Résumons pour ceux qui sortiraient de prison ou reviendraient d’un (très) long voyage : après de longues et paresseuses décennies de cuisine saucière, il y eut le sursaut d’une nouvelle cuisine joliment déjantée (1973-1983). Puis arriva, comme un coup de règle sur les doigts, la haute cuisine de grande technique (Robuchon, Ducasse, période 1980-2000). L’assiette avait du coffre, de l’appétit. On pouvait encore nouer sa serviette autour du cou. C’était impeccable, mais on se barbait un tantinet.
Depuis quelques années, en réaction prévisible, la cuisine s’est superbement ouverte sur une vague épatante de bistrots gourmands et de mouvements travaillant en free style. Cet anarchisme savoureux se la joue souvent elliptique, et parfois gentiment casse-pieds dans ses processions de fourmis enturbannées. C’est la cuisine du « oh ! »

s*
21 février 2008 at 18 h 55 minwow !
magnifique texte, qui me laisse admirative de la forme et en accord total avec le fond.
merci !
J.K.
18 mai 2010 at 15 h 19 minBonjour,
vous avez une faute d’orthographe dans le commentaire.
Le reste est brillant (je veux dire tout le blog)
Cordialement,
J.K.