Guéthary. Kostaldea, rien que pour ça

c'est le début d'une série d'été pour M le Monde

Un plat dit beaucoup sur le lieu où il se prend. Voici donc un pavé de cabillaud avec une piperade. Et voila. Direct. En levant le nez, la table de ce restaurant les pieds dans l’eau est d’un bleu magnifique, maritime, franc, presque Klein. Il vient juste comme un à-plat dans ce paysage aux mille bleus. Ceux de la côte basque, à Ghuétary précisément, au sud de Biarritz. En ce début de vacances, c’est parfait pour savourer ce petit paradis, ses architectures néo basques et une clientèle au parfait relâché. Tout s’accorde: le cabillaud, la baie, les tablées, les jambes nues, les croquettes de jambon. Même les musiques années Soixante (The Mar-Keys, the Fleets, the Van-dells) déroulent un soyeux madison avec ses contre- temps poseurs, ses guitares estivales. A se demander même si la mer n’en rajoute pas un peu en décaissant les sons, les conversations. Ici, c’est clair, inutile de frimer, de ramener sa fraise, l’avant de son automobile. Entre-soi détendu descendant des villas, plus botox que silicone, Beigbeder plus que Sagan, mélangeant enfants, amis, toutes jeunes et jolies mamans en retour de taille. Quant aux hommes, que des barbus. Rassurez-vous: de trois jours. On ne parle pas trop fort, sans pour autant disparaitre derrière ses lunettes de soleil.. La cuisine du Kostaldea est avant tout basque, c’est à dire décidée, délurée et tapant vite. Ici, nul besoin de faire des manières, de tortiller du yuzu, on a affaire à des gens qui aiment manger et qui semblent s’y connaitre. Guère de plats pour touristes: du frontal comme ces couteaux à la plancha, les chipirons, les moules farcies, les sardines grillées. Service ferme et souriant. Et toujours cette mer fascinante, hypnotique qui nous délivre régulièrement des baigneurs aux yeux émerveillés, des surfeurs musculeux et des jeunes femmes aux cheveux emmêlés. C’est sans doute pour cela que Kostaldea est un vrai restaurant d’été. Il semble être posé là comme une évidence, une étoile de mer. Le vent pousse parfois un peu. Il apporte cette folie raisonnée du pays basque, qui perd ces têtes si ajustées. Il doit exister un code ici, mais visiblement, on l’a perdu.

Venir

Ce n’est pas compliqué, en avion certes, mais en train (5h24), c’est plus marrant. On a le temps de rêvasser, de s’endormir, de converser et de voir le paysage monter, s’abaisser puis entonner le chant de l’Atlantique.

Séjourner

Bien entendu le Madrid (563,  avenue du Général de Gaulle, tél.: 05.59.26.52.12, à partir de 135€) mais le bon usage de Ghuétary ce sont les villas basques. Certaines se louent à la semaine (entre 3000 et 12 000 €) agence www.maisonsudouest.com ; tél.: 05.59.41.08.62)

Dommage. Pas de réservation, autant venir en début de service, et prendre son temps.

Kostaldea, Parlementia, Guéthary. Tel.: 06.16.61.61.00. S’il pleut, c’est fermé.

Décibels: 70 db, tout dépend des heures. Pink Flyod le soir au coucher du soleil, c’est bien.

Mercure: consulter la météo du jour.

L’addition: 30-40 euros.

Minimum syndical: un pavé de cabillaud 18€ et une carafe d’eau.

Verdict : Oui.

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