Grimaud. Apopino, j’ai tellement aimé…

adorable

Apopino, so Grimaud

Lorsqu’on entre dans un restaurant, on a bien souvent la tête ailleurs. Dans les clés du parking, l’ordonnancement de sa mise, les lacets de la route. Pourtant, c’est à ce moment précis qu’il délivre tout son message. Un sourire, un bouquet de fleurs,  une odeur cheminant depuis la cuisine. Logiquement, à l’intonation de la voix, à la façon dont on glisse une chaise sous la table, on dépose une soucoupe, un verre, la tonalité est donnée. Plus encore, sa vérité. Ici, sur les hauts de Grimaud et son délicieux village, voici Apopino, table ouverte depuis peu par Victoire Silvent, Jacopo Brunero, Dominique Calcérano; ces deux derniers ayant trouvé leur complicité à l’Hôtel Terre Blanche, à Tourrettes (83). En début de service, les tables arrivent mollement, allongent le moment de l’apéritif: l’oisiveté est tout un art. Pourtant tout de suite dans l’énoncé des plats, le service avenant, tendre et fragile, la cuisine offre sa nervure. Elle est comme à découvert, sans défense, presqu’offerte à l’image de ces « belles » asperges vertes et son chutney de coriandre. On sent une technique, mais visiblement l’inspiration a pris le dessus. Avec le filet de canette rôti, là où d’autres chefs auraient botanisé l’assiette comme un jardin anglais, ici , les deux cuisiniers sont allés droit à leur inspiration (fèves et gnocchis au curcuma) sans souci de bien ranger l’assiette, ce qui nous offre une syntaxe presque pure, brute dans son propos. Du coup, le corps,  l’estomac (la future digestion, donc) est en confiance, elle délivre un appétit comme s’il dégageait les branchages de l’appréhension. Le repas peut partir alors comme un cerf-volant dans le ciel, suivre ses méandres, ses rythmes en fonction de l’air et de la chaleur. Le lieu est assez clair dans son propos, pas trop encombré, l’espace respire, les conversations aussi. Un bébé peut même pleurer dans un coin, que l’atmosphère moelleuse aspire son tourment.

Les meilleures tables. Le restaurant, outre sa terrasse, est assez vaste et dispose de nombreux recoins.

Dommage. Que l’on ne puisse pas se garer devant, mais finalement en se délaissant au lointain son tas de fer, on découvre un village charmant, paisible aux premiers jours et le plaisir inégalable de la promenade apéritive.

A emporter. Huiles d’olive pour bientôt.

Apopino, place de Pénitents, 83310 Grimaud. Tel.: 04-94-43-25-26. Fermé dimanche soir et lundi et mardi midi.

Décibels: 75db, tranquillité gourmande.

Mercure: température ambiante

L’addition. A la carte, comptez 50 euros.

minimum syndical: menu à 32 euros et formule au déjeuner à 18 euros avec plat et café.

Verdict: ah oui !

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