Chez Julien, la fausse uniformité Costes

Il faudra un jour que l’on allonge Paris sur un canapé. Chose guère aisée, il faut l’avouer. Mais bon, cela doit être possible de mettre à l’horizontale cette beauté de pierres et de regards. Lui faire sortir son venin, ses acides, ses amers, son piquant (comptez au bas mot sept siècles).

Peut-être même dans un lointain futur, Paris nous parlera-t-elle de Costes. Des restaurants Costes, ces lieux qui agacent prodigieusement certains, indiffèrent les autres. Nuançons avant tout : il y a autant de Costes que de restaurants. Il en est d’inoxydables dans leur posture (Hôtel Costes), d’autres plus aléatoires (Le Murat, le café Ruc, l’hôtel Amour, Le Georges, Le café Beaubourg…).

Dans l’ensemble, ce n’est pas aussi minable et scandaleux qu’on aime à le dire, c’est souvent meilleur que chez les concurrents qui copient à s’en déciller les yeux. Pourquoi ?

Pardi, ce n’est pas l’assiette (neutralisée, banalisée) mais les serveuses, les serveurs, le chien, la terrasse, la clientèle s’autogalvanisant. Sincèrement, vous auriez fait le tour du quartier ce soir-là, les plus jolies silhouettes, les plus sexy étaient là. Pas ailleurs. Que voulez-vous y faire ? C’est ainsi. Et c’est cela qui doit être énervant.

Côté plats,. d’accord, c’est d’une banalité à faire bâiller. Le cabillaud et son cercle de purée ont été vus et revus, mangés et remangés. Le cabillaud n’était pas mal, bien saisi, la purée ad hoc. Le poulet rôti (c’était prévisible) était un peu à la ramasse, sans grand génie. Niveau chaîne avec des frites légèrement supérieures pas trop grasses. La crème brûlée branlait dans son manche, mélangeant les recettes (style flan) mais somme toute plaisante, à l’instar des fraises simplettes mais dénaturées, ce qui aujourd’hui est louable. Ce sont des nourritures qui ne la ramènent jamais.

Face à ces nourritures indolores, on rééquilibre : pas d’entrée, tout juste un dessert mais une belle bouteille (73 euros ). 143 euros pour une soirée ainsi alanguie, c’est mieux qu’un gastro plastronné, non ?

Map

Chez Julien. 1, rue du Pont-Louis-Philippe, IVe. Tél. : 01 42 78 31 64. Tlj. Parking à 30 m.

  • gould
    2 juillet 2008 at 14 h 10 min

    Chez Georges : véritable catastrophe esthétique et culinaire. Décor pseudo branchouille, accueil je-fais-la-gueule-car ça-fait-plus-select; et, cerise sur la gâteau, musique lounge au km.
    Je me souviens surtout du gigantesque étron en inox servant de cuisine (en fait là où est décongèlée la bouffe au micro onde).

  • Mr Lung
    7 juillet 2008 at 18 h 45 min

    Ce qui m’agace, c’est que des lieux aussi soignés et aussi achalandés servent une nourriture aussi insipide. Il suffit de prendre l’Eurostar pour cumuler le décor et l’assiette, le filet et la cuisse. Il suffit de renifler du côté de Barcelone pour se faire plaisir aux yeux et aux papilles. Au prix où les Costes nous facture la déco, je veux aussi la dame.

  • alain
    7 juillet 2008 at 19 h 16 min

    pourquoi vous ne nous parlez pas des bons restaurants, vos bouses habituelles sont d’un ennui!! on a jamais eu l’intention d’y aller, simon le petitrenaud du figaro (en plus méchant)

  • Bruno
    11 juillet 2008 at 22 h 47 min

    De l’indulgence pour cette adresse, par pitié ! Que ce soit les Costes qui aient redonné vie à ce lieu peu m’importe ! Les faits sont là : un des restaurants parisiens historiques se morfondait dans une médiocrité genre « Récamier » ou » Lipp » et retrouve une nouvelle jeunesse.
    Aujourd’hui, le cadre a été dépoussiéré avec soin, les filles et garçons sont aussi pros qu’esthétiques (sacrement décoratifs quand même !) et le soir de notre passage la cabillaud était nacré, impeccable.
    Tançons les Costes quand ils se foutent du monde (le beau) comme chez Georges et saluons ce bel effort qui ne révolutionnera pas la gastronomie parisienne mais qui en doutait ?