Charolles. Efficace et adorable

Ça s'appelle le Bistrot du Quai

Bistrot du Quai, petite perle planquée

Le temps semble comme arrêté, à Charolles, en Bourgogne. Même le paysage pose ses valises car il y est heureux: des vallons, des prés morcelés, un joli ciel d’automne. A la table de la nouvelle brasserie locale, on se presse. Comme si c’était depuis toujours. A part que le décor joue dans le néo bistrot, affichant la transparence de ses frigos à même la salle: viandes maturées accrochées, bouteilles allongées. C’est le nouveau vérisme de la cuisine, reformatant ses chefs en noir bagnard et barbes de trois jours. La clientèle oscille entre séniors en roue vive, entrepreneurs du coin et une vaste tablée d’éleveurs, charolais oblige. Autant dire que l’on a ici la fourchette et l’oeil agiles. Ce Bistrot est l’annexe de la maison mère situé de l’autre côte de la rue: l’Hôtel de la Poste, d’Anne et Frédéric Doucet, belle enseigne étoilée par le Michelin, et dédoublant ici même, un talent débarrassé des génuflexions gastronomiques (éraflures de sauce, snackage arty…). Pas de chiqué donc, mais au fait, à la vérité. Vous imaginez « réinventer » les oeufs en meurette? Nenni.  Pas question de refaire le show des effrayés. La recette est tellement  joyeuse dans sa (bonne) franquette, sa sauce au vin, les oignons, les croutons, les lardons. C’est un délice. Il fait rendre hommage aussi au viandes bien maturées, joliment croutées qui respirent bien, « pensent » justement. Par bonheur, il y a même des pommes dauphines, espèce en voie de disparition, entre la pâte à choux et la purée. C’est tout drôle de naviguer de la sorte, de retrouver les havres de jadis, ces solides repaires. On en vient presque à deviner les vents (reconnaitre les fumets), sentir la direction. Celle ci n’a rien de sorcier: le répertoire régional, la bonne humeur, les flacons de rigueur. Le service est juvénile, avec caractère mansuétude et rigueur. En même temps, de Bistrot du Quai est une  ritournelle actuelle, livrée à ceux qui recherchent des airs faciles, bien lunées et que l’on reprend tout de suite. Un cadeau du coeur.

Les meilleures tables. Sur les cotés, dans la lumière de la baie vitrée du fond, ou alors pour le solistes, au comptoir.

Dommage. Le fond musical banal qui gomme la richesse des conversations locales.

A emporter. La boutique de l’hôtel propose des bouteilles de qualité, des confitures et accessoire.

Le Bistrot du Quai, 1, avenue de la Libération, 71120 Charolles. Tèl.: 03-85-25-51-75. www.hotel-laposte-doucet. com. Fermé lundi soir, mardi dimanche midi.

Décibels: 73db un déjeuner d’hiver animé.

Mercure: 21°c, proximité des cuisines donnant sur la salle.

L’addition: comptez 35-40€ à la carte.

Minimum syndical: menu du jour à 26€.

Verdict: ah, dame ça oui !

1 Comment

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    DURAND
    29 décembre 2017 at 9 h 21 min

    Et le pain est très bon aussi. Très bonne adresse.

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