Pour vous, l’intro de Pique Assiette…

Simonc_2 Bon ça y est mon prochain livre est arrivé. Il sera en librairie la semaine prochaine. C’est tout de même bien normal que je vous refile discrétos quelques lignes de celui ci. L’intro par exemple. Après, c’est la même chanson avec des couplets différents…
Demain, vous retrouverez la suite de la promenade à Tokyo puis la percutante Osaka…

" Et pour vous faire patienter, cette mise en bouche… gratuite"
Dans un restaurant de province, novembre 2007

Vous ne me connaissez pas.
Ce n’est pas plus mal. Je suis un solitaire, un sauvage. Je me planque. Mais pour vous, je passe ma vie à voyager, à m’attabler partout sous des noms d’emprunts et qui sait, parfois le vôtre. Autant dire que je vous connais. Je vous suis, je vous précède. Vous m’écrivez parfois, vous me laissez des messages sur ma ligne directe au Figaro (01. 57.08.55.19). C’en est parfois drôle car au bout du fil, vous y allez direct. Parfois, j’ai l’impression d’être votre boucher. "Ce sera une côtelette, trois tranches de jambon et un peu de carottes râpées."
D’autres s’offusqueraient de ces rapports ancillaires, de ces longs monologues, moi, je les cherche, je vous cherche. Je vous trouve et vous retrouve dans vos griefs, dans vos critiques sur les fausses réputations, les grandes comme les petits. Vous n’êtes pas tendre, je ne le suis pas.
Tout simplement parce que nous adorons les restaurants. Nous ne sommes pas de grandes pointures question technique, comme vous je ne reconnais pas une sole d’une limande, un vin du piémont d’un vin du Languedoc. Je fais partie des ébahis, de ceux dont la mâchoire se décroche pour un plat réussi. Ce qui m’importe, c’est que ce soit bon et que le moment soit plein d’indulgence et de bonté. Nous ne cherchons pas l’excellence barbante, ni la tyrannie de l’exquis, nous voulons être bien même au-dessus d’une salade verte, d’une pêche melba, d’un jambon beurre.
Seulement voilà, la cuisine aujourd’hui est bien encombrée : de plats, de ramequins, d’azote, de faiseurs et de coquins, de faux grands chefs et de simili petits. On n’y voit pas bien. Le chef est-il là, pas là, on n’y voit que goutte. Alors, discrètement, poussons la voiture un cran en avant, accélérons les passages, mettons les anciens à la retraite et les jeunes au boulot. Découvrons la cuisine qui nous attend, celle qui va nous enchanter et nous faire traverser la France dans tous ses coins et recoins. Nous nous ne connaissons pas, mais nous nous comprenons si bien…

DEMAIN: on reprend notre promenade dans Tokyo avec notamment la visite d’un trois étoiles de 83 ans, oeuvrant dans les couloirs du métro…

  • Venus
    29 octobre 2008 at 9 h 11 min

     » Nous ne cherchons pas l’excellence barbante, ni la tyrannie de l’exquis »
    J’achète la formule !

  • Thierry Richard
    29 octobre 2008 at 9 h 17 min

    Un rêve de Cassandre ?

  • Gould
    29 octobre 2008 at 10 h 01 min

    Quelle horrible jaquette!
    Décidément les éditeurs français ne font aucun effort. C’est tout bonnement laid et qu’ils ne se plaignent pas de faibles tirages avec une couverture pareille ils l’auront bien cherché.
    Tenez, prenez cette couverture d’une bio d’un pizzaiolo New yorkais, y’a quand même un peu d’imagination non?
    http://bp2.blogger.com/_gSqWmU1tR5k/SHw3JKyo60I/AAAAAAAAA5w/wNkqd071yTo/s1600-h/516kwDbzmkL._SS500_.jpg
    Enfin comme c’est vous, et comme on risque pas de le trouver en poche ce siècle, je vais fermer les yeux.

  • Kaplan
    29 octobre 2008 at 10 h 26 min

    Très belle intro. « Je fais partie des ébahis, de ceux dont la mâchoire se décroche pour un plat réussi. » J’ai déjà lu votre petit dernier chez Robert Laffont, j’achèterai aussi celui-là.

  • sunny Side
    29 octobre 2008 at 11 h 48 min

    Vous me « réjouissez » tout simplement ! Vite la semaine prochaine et j’achèterais aussi celui de Kaori que je viens de découvrir.

  • Venus
    30 octobre 2008 at 8 h 56 min

    Départ tous seins à Volterra ( Toscane )
    pour la vendange des olives
    besoin d’huile fraîche pour mes capreses
    ps: vos livres sont-ils traduits en italien ? ( en vue Kdo )

  • emmanuelle
    30 octobre 2008 at 12 h 16 min

    la tyrannie de l’exquis c’est la deuxième fois que je lis cette expression sur votre blog et je trouve cela tellement bien trouvé. Au restaurant bien sûr, mais dans les fameux « dîners en ville » que vous aimez tant, ces gens qui commentent chaque plat comme si on était en final des bocuse d’or, c’est épuisant, il y a toujours un peu trop de ciboule, une cuisson un chouia trop je sais pas quoi, c’est gonflant, on croirait des coq dans une basse cour, et du coup la conversation traîne sur du chiant alors qu’on pourrait s’échapper vers d’autres horizons : littéraires, musicaux, cinématographiques. On ne cite plus Gracq, Flaubert, ou Proust, on cite Desnoyer, Barthélemy, Bordier, et Thiebault. Ce qui est fort dommage tant on sait que la bonne chère et le bon vin sont propices aux bons mots.

  • mauss
    30 octobre 2008 at 16 h 17 min

    Ne pas oublier d’aller quand même à l’Osier !

  • Martine Vatel-Toudire
    3 mars 2009 at 9 h 42 min

    Monsieur Simon, j’ai lu Pique-assiette. Je me suis à la fois régalée, amusée et un peu énervée. J’ai fait un petit billet à ce sujet. Bien à vous.