Severo, la viande adjudantesque

R0011290À la limite au Severo , il n’y a même pas besoin de carte. A peine une ardoise. Tout le monde y va pour se tailler une entrecôte, un tartare, un foie de veau… Ici, vous êtes dans le temple du genre fourni par la solide maison d’Hugo Desnoyer.

Du reste, une bonne partie des convives ne s’embarassent guère, interpellent le patron par son prénom et savent déjà ce qu’ils vont brouter. C’est bien simple, depuis qu’ils ont réservé, ils ont le bec dans la diagonale de la rue des Plantes. Ils n’ont pas tort, le plaisir du restaurant, c’est bien souvent la préparation, l’attente, le désir qui s’en vient grandissant.

La viande. On l’entend frissonner sur les plaques de cuisson. Elle arrive métronomiquement sur les tables dans le plus simple appareil. A poil, ou quasiment pareil. Le tartare est là, terrible, remonté, assénant son propos comme un coup de massue. Boum, c’est comme ça. Un plat adjudantesque. Des frites miraculeuses sortant de leur bain et elles aussi dans leur vérité nue. Que peut-on faire après, s’incliner, savourer, boire du vin, se laisser engourdir dans l’hiver mordant. Prendre un petit chavignol sur le pain croustillant, terminer son verre et partir les yeux roses de reconnaissance.
La clientèle. Des terribles donc, probablement des chefs en civil (facile à reconnaître, souvent, ils s’habillent comme des CRS en sortie), des bourgeois venus s’enccaniller et plutôt canaille, des tables solides, des appétits venus en découdre. Ambiance conviviale et table serrée, cela nous donne une belle adresse.

Le service. Monsieur William tient son monde, ratisse son carré, canarde ses flacons et ses frites. On lui prête des humeurs sinusoïdales, pourtant ce soir-là, il était sur son nuage, impavide et souriant. Faut sans doute aller le chercher…

Est ce cher ? Comptez 50 euros mais attention à l’ardoise des vins, il y a des bouteilles à se damner…
Faut-il y aller ? Yep !

Le Severo, 8, rue des Plantes, 75014 Paris (01.45.40.40.91). fermé samedi et dimanche. Map

  • Kaplan
    19 décembre 2008 at 10 h 25 min

    Ah le Severo… ça fait « un bail » que je n’y suis pas allé mais lorsque j’habitais à deux pas, rue Daguerre, j’y avais mes habitudes. Quelle viande on y mange… j’ai aussi un excellent souvenir des entrées, boudin noir, croustillant de pied de porc… bien sûr qu’il faut y aller !

  • tom
    19 décembre 2008 at 10 h 27 min

    C’est une marque déposée « Hugo Desnoyer » ? A quand Hugo Desnoyer dans Voici ? à la plage ? avec Ophélie Winter ?
    Halte à la peoplisation de la bouffe.

  • Thierry Richard
    19 décembre 2008 at 14 h 19 min

    Souvenir « terrible » justement d’un steak tartare au Severo qui, bien que non tranché au couteau, se révéla d’anthologie :
    http://chroniquesduplaisir.typepad.fr/chroniques_du_plaisir/2008/02/le-severo-le-me.html

  • thierry
    19 décembre 2008 at 16 h 37 min

    j´y suis allé il y a 5/6 ans lorsque j´avais une cave à vin sur Daguerre, j´étais très déçu par l´accueil hautain et sélectif. Côté assiette c´était correct (tartare) mais il y a mieux. Carte des vins étourdissante, à l´époque Le Severo appartenait au patron des caves Augés…je ne sais plus si c´est d´actualité car j´habite maintenant à l´étranger.
    Je préfére pour les flacons les enfants rouges et pour la table le jeu de Quilles, pas très loin.
    Pas très loin du Severo se trouvait aussi le petit baigneur, top dans son genre.

  • Agnès
    20 décembre 2008 at 0 h 48 min

    Rien à voir avec ce message, désolée mais il fallait faire un retour sur le Juveniles où j’ai mangé il y a deux soirs. J’avais pas bien potassé mon Francois Simon avant de partir de Toulouse alors quand ma copine (parisienne) m’a demandé où manger, m’est revenu un vieux post : le Juveniles. Pour tout dire au départ, hésitations sur Vagenende ou Lipp, est-ce galvaudé ou pas ? Pas possible d’appeler FS ou tout autre bon conseiller donc orientation vers du plus simple et plus convivial : le Juveniles. Certes c’était très sympathique, l’accueil des deux jeunes serveurs (écossais ?) charmants, limite maladroits donc charmants, mais alors l’assiette Hiiiii , des crostinis dont le pain était vraiment trop dur, et le plat principal magret pour moi (il est pas comme le votre d’un bloc entier pas découpé en tranche) : d’un cuisson insuffisante, je demande s’il est possible de ressaisir un peu et là, le truc (chose ressemblant à une banane car un magret entier c’est beaucoup plus gros : donc déjà suspect au départ) me revient coupé en deux comme un sandwich dans le sens de la longueur. On ne m’avait jamais fait ça ! et bien voilà, il faut aller au Juveniles pour le voir. Les pommes de terre qui accompagnaient été cuite te recuite à mon sens. Je concède le bon (surprenant même eu égard la médiocrité du reste) dessert : les clémentines et sabayon. Et bien entendu quelques bons vins mais on ne s’est pas lâché de ce coté là. D’ailleurs à ce propos, qui qui arrive à un moment ?? Guest : Enrico Bernardo (je crois que le nom est approximatif) meilleur sommelier de l’année 200 ? 7 ou 8. Très mimi et forcement très intéressé par les vins sûrement moins par les crostinis.
    Conclusion : soit c’était un mauvais soir, soit Non ce n’est pas ce que j’appelle un bon bistrot même à vins.
    (Par contre le midi j’étais chez Rose Bakery : le bonheur à l’état brut, tout simple… sauf que c’était déjà le dernier déjeuner sur Paris RRRRR: de rage j’ai pris des poivrons grillés (c’est simple un poivron rouge ? et bien non ils étaient sublimes….) à emporter que j’ai mangé dans le train le lendemain pendant que mes voisins avalaient des sandwiches club. )
    (Et Grom également excellent et bien campé juste en face du Louisiane…Chance)

  • Cdrhum
    20 décembre 2008 at 17 h 36 min

    Puisqu’on pratique les détours : visite jeudi soir au Bascou (chaudement conseillé par F.S.) avec les Américains du Simon’s gang, Joe et Robert.
    On a fait les mâlins, snobé le lièvre à la royale… magret de canard au foie gras poelé, girolles, joue de boeuf vigneronne, palombes… Mes Ricains étaient collés au plafond, marchand sur la lune la tête à l’envers – malgré un service un peu trop basque dans la distance.
    Quand Joe a déniché un plomb dans sa palombe il a failli s’évanouir de bonheur ! Quant à Robert, malgré son français splendide, il ne trouvait plus ses mots pour exprimer les saveurs des cuisses de la dite palombe (cuites à part pour rester tendres)…
    Désolé pour vous Agnès, mais nous avions ce soir-là frappé à la bonne porte, celle d’un chef dans une forme de rugbyman.