Sauvé par Colin…

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En fait, on voudrait quoi. Que l’on s’occupe de nous. Que l’on ne nous traite pas comme un produit capté par le marketing. Prenez Colin Field, au bar du Ritz, à Paris. Il a tout pigé. Il est loin des dix commandements du genre qui voudrait que le client soit salué dans les dix secondes, les cacahuètes parachutés dans la minute, le verre dans les trois minutes, et l’addition dans les deux minutes après avoir été demandée (c’est déjà le rêve !).

Lui s’adapte. Il laisse filer son intuition. En clair, il individualise le client. Bon, c’est vrai il est capable de faire un cocktail qui ira parfaitement avec la couleur de votre cravate. Il accepte de servir le vin blanc comme seul Hemingway l’appréciait "grésillant de froid" (demandez cela à un sommelier et il vous fiche à la porte en appelant la gendarmerie gastronomique).

Il était dix-sept heures, j’étais mort avec un dîner de boucherons dans la soirée. Il me fallait un cocktail sans alcool pour être à la hauteur. Notre homme réfléchit deux secondes, part en réserve, démoule à glaçon annoncé à -18°C (en fait, -17°C), et aligne quelques giclés de Tabasco, tonic et pamplemousse. Pif, paf, boum, c’était reparti dans la demis seconde !

Le bar Hemingway, Hotel Ritz, 15, place Vendôme, 75001 Paris (01.43.16.30.80). Map 

(photo F.Simon)

  • Julien Escot
    9 janvier 2009 at 20 h 58 min

    On est entrain de parler d’un des dix meilleurs bars du monde là. Et probablement le meilleur de Paris avec le Forvm. J’ai beaucoup de respect pour le travail de Colin Field même si il en fait parfois un peu trop dans le genre « je veux marquer l’histoire du bar ».
    Si il lit ce commentaire, j’aimerai lui dire que c’est dommage d’auto proclamer ses propres créations comme cocktails classiques dans la rubrique cocktails qu’il a développé dans le nouveau Larousse Gastronomique. Cela le décrédibilise lui ainsi que le Larousse et cela induit en erreur des jeunes qui veulent apprendre. Par contre son propre livre, les cocktails du ritz est un collector.
    Le talent est là mais il faut laisser le soin aux autres de le proclamer sinon ça gache tout.
    Voilà, au passage merci à vous François Simon pour votre blog si juste et si honnête.