Samedi dans le Figaro, un petit croque notes. En voici la version intégrale…
Ils doivent bien être enquiquinés les guides avec ce restaurant. Paie pas de mine. Est situé en contrebas de la Nationale 7, cinq chambres au-dessus, un parking entre les platanes. Un néon frêle signale sa présence dans cette nuit de fin janvier. Ne comptez pas non plus sur le chef (Guy Jullien) pour faire la plante verte, vanter les jantes extra large d’un 4×4 qu’il ne risque pas de se payer. Son épouse est en salle. Ce n’est pas elle non plus qui va faire virevolter du Dolce & Gabbana sur fond de Rondo Veneziano. Vous dites au chef que sa cuisine s’est drôlement émancipée ces dernières années, il hausse les épaules dans un rire adolescent. Il s’en fout : < Je ne sais plus rien>.Non point qu’il soit revenu de tout, mais il ne se fait guère d’illusions sur cet univers d’apparat et de faux-fuyant. Autant dire que la Beaugravière appartient à cette race de restaurants que nous affectionnons. Ces corsaires, ces forbans, ces pirates esseulés à la hune de leur navire ; ces rongeurs de freins aux accélérations surpuissantes, aux discours plein de chaos, de véhémences, de rires et de (bon) non-sens. Guy Jullien nous le connaissons depuis des années (une bonne trentaine) et à chaque fois, c’est toujours une sorte de candeur retrouvée, de plaisir premier.
Dans la vaste salle suréclairée par des halogènes années 70, une cheminée roupille tranquillement pendant que les premiers clients arrivent. Savent-ils au moins que sous leur pied, il y a de quoi faire s’évanouir le plus endurci des oenophiles. La plus belle collection au monde des côtes du rhône. La proche centrale du Tricastin a de quoi blêmir : de quoi faire survolter 50000 dynamos de vélos rien qu’en faisant sauter les bouchons. La grande spécialité de Guy Julien, ce n’est pas seulement la discrétion, c’est aussi la truffe. Mais attention, pas à la parisienne, émincée en gants blancs et lettres anglaises. Non telle qu’on devrait la connaître. D’abord en ce moment. Et non en décembre comme nous avons tendance à le célébrer. C’est donc pendant ce mois de février qu’il faut accourir à la Beaugravière. Faut-il prendre le menu à 110 euros (truffé) ou 168 euros (à la truffe)? Je ne sais pas. Mais le hasard des choses fit que ce jour, nous étions comme des ânes en train de courir après un TGV avant que les grèves nous immobilisent dans le coin. Ce fut un heureux hasard car Guy Julien nous servit à la hussarde des petits croûtons de pain truffe et croque au sel, puis une divine assiette de légumes du moment à la truffe noire écrasée (68 euros), composition biblique digne d’un palace trois étoiles et ensuite un plat qui me restera en mémoire : des coquilles saint jacques cloutées de truffes avec un velouté de truffes (68 euros). Ce fut incroyablement bon lorsqu’un bon coup de pied dans le derrière nous réveilla, le train sifflait au lointain. Pas de desserts donc, ni de fromages, pas trop de vin (un chateauneuf du pape divin). Parfois, dans un restaurant, il faut faire comme les guêpes. Prendre son miel et s’enfuir. A vous de jouer maintenant. La Beaugravière sur la nationale 7, 84430 Mondragon (04.90.40.82.54) ; www.beaugravière.com

miflo
8 février 2010 at 17 h 55 minJ’ai suivi vos conseils: »52 Week ends en Europe « voila quelques années et j’en garde un souvenir qui me met l’eau à la bouche ! Heureux de penser que je peux y retourner sans mauvaise surprise
Jean de Cavel
8 février 2010 at 21 h 20 minHello,
Si je lis « le Figaro » la Beaugraviére est un jeu de piste, et pourtant la truffe « éveille des souvenirs érotiques et gourmands chez le sexe portant des jupes et des souvenirs gourmands et érotiques chez le sexe portant des barbes », je passe sur la suite du texte…
je ne sais qui m’a parlé du « journal d’un épicurien volant »,commentaires culinaires sympathique , hélas la qualité de plume de Christian Millau n’est pas la chose la mieux partagée au monde.
Jean de Cavel
Pascal
20 mars 2015 at 17 h 08 minFranchement pas de quoi s’ébaudir, sauf devant la carte des vins qui est hors normes, mais aux tarifs élevés.
L »assiette est bonne mais sans plus.
Le grand menu truffe est facturé 198 €, on se croirait à Paris.
Le cadre est par ailleurs franchement quelconque.