Conticini, un chausson dans les pommes
Égoïstement, rien de plus plaisant qu’une adresse qui
s’ébroue, sort de sa chrysalide, éclaircit sa voix. On sentirait presque la
peinture fraîche en ressortant. Nous voici en plein été, dans un Seizième pétri
dans sa torpeur molletonnée. La deuxième adresse de Philippe Conticini est
nickel dans ses atours design. Depuis la formidable secousse sismique de Pierre
Hermé et du designer Pennor’s, une pâtisserie est pratiquement devenu un lieu
culturel. C’est plus que réjouissant lorsqu’on voit ces petits totems dressés
comme des statues de l’île de Pâques. Ils sont presque dans leur énigme. Ils
ont un secret dans leur cœur de crème pâtissière. Aujourd’hui, nous sommes
allés prendre un petit-déjeuner avec un des hits de la viennoiserie, le
chausson aux pommes.
Le chausson est dans un coin sous une cloche de verre. Il
est désarmant dans son apparition. Presque dans l’estompée, la robe de bure.
Rien ne semble transparaître. Il est dans son immobilisme. Alors qu’on aurait
pu attendre des pâtisseries de Conticini, toujours excessives, que le chausson
redouble de m’as-tu vu ; là, rien, pas de brillances. De la matité comme
pour attirer dans sa pénombre. On devine néanmoins dans le saupoudrage, le
croustillant d’un sucre sur actif, la cassonade.
En bouche. C’est là où les maracas s’activent et même
suractivent. Le feuilletage s’adonne, la composition de pommes se donne. Touche
vanille toute lointaine, cannelle assurément. Un vrai calypso se
déclenche. C’est un vrai délice.
Le reste. Cappuccino correct sans mousse crémeuse et jus de
pamplemousse un peu riquiqui dans son verre étroit mais canon dans son
prix : 6,50 euros. Le prix du mètre carré certes, mais tout de même…
MAIS ENCORE…
Le service. Encore dans sa fraîcheur, son enthousiasme
fébrile, sa bonne volonté. Plaisant.
La clientèle. En ce samedi matin, un célibataire lisant le
Figaro (c’est si beau), un jeune couple débarquant de leur nuit.
Faut-il y aller ? Oui, c’est vraiment bien.
Est ce cher ? C’est bonbon tout de même, mais à 15,50
€, je tenais mon déjeuner.
La Pâtisserie des Rêves, 111, rue de Longchamp, 75016 Paris
(01.47.04.00.24). Ouvert du mardi au dimanche, de 8h à 20 h. MAP

Pascal Henry
8 septembre 2010 at 11 h 14 minC’est le moyen ou pire le mauvais qui est toujours trop cher !!
Lucia
8 septembre 2010 at 15 h 07 minFrançois! Ce we je me précipte chez conticini « giurin giurello! »
En effet, le chuasson aux pommes c’est parmi me viennoiseries préférées!! J’ai même dédie un article sur mon blog
http://radicchiodiparigi.wordpress.com/2008/05/19/il-chausson-aux-pommes-o-sfogliatina-di-mele/?trashed=1&ids=848
nina
9 septembre 2010 at 10 h 01 minLe meilleur chausson aux pommes que j’ ai jamais goûté ( même si c est loin d être ma viennoiserie préférée) est un « chausson à la pomme fraiche » dans lequel une vraie demi pomme est emprisonnée..
C est la boulangerie Du pain et des idées rue yves toudic
Gould
11 septembre 2010 at 9 h 49 minCa devrait s’appeler « la clinique des rêves » : jus d’orange servi dans un verre eprouvette, échographies de patisseries au mur, décor de laboratoire d’analyse. Illusion d’abondance mais en fait rien, et c’est même pas bon. Confiture à la texture de pot bébé, triste viennoiserie (ni pain ni beurre pour ce petit déjeuner , au Novotel ils sont plus généreux!).
Le lieu est visiblement récent et c’est déjà la déglingue. La peinture se barre, les visses des fenêtres ne tiennent pas, traces de doigts sur les portes, mobilier casse-gueule et inconfortable, PQ en panne, etc. Le « jardin » : vu sur un parking et jardinières même pas entretenues.