Archives du tag: Roland Barthes

11 08 10
Barthes au Croisic, la rencontre avec Tony Duvert. 6

Barthes au Croisic, la rencontre avec Tony Duvert. 6

 

Ils partirent avec Florence, à
Thoré la Rochette. Tony vivait dans une masure délabrée. Il ne répondit pas. La
boîte aux lettres débordait de courrier. 
Tous les trois allaient repartir lorsque Tony sortit de son gourbit.

Ils burent une bouteille de
savennières. Tony adorait l’histoire de Roland.

       Tu
fais quoi maintenant ?

       Merlan
au Croisic.

 

On aurait retrouvé Barthes à
Tanger, à Ouistreham, Chamalières. Mais, du corps de Roland, toujours rien. Ses
éditeurs se demandaient s’il ne fallait pas rééditer, Paris Match publiait des
clichés inédits : Barthes à Gstaad, Barthes sur un dromadaire. Il était
formellement interdit de s’asseoir à sa place au café de Flore où chaque jour
un verre de Ladoucette était symboliquement versé ; ses adeptes portaient
à présent la casquette comme signe de ralliement. Un groupe de rock de
Villeurbanne décida de se baptiser Roland-Barthes .Ne jouait que du R n B
/  refusa d’enregistrer tout album.
Le ministre d’ intérieur avait localisé des traces d’ADN sur une écharpe
retrouvée dans une poubelle de la gare de Montparnasse. Il s’agissait de celle
de R/B. Une piste iranienne était évoquée.

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09 08 10
Feuilleton 4... Roland Barthes au Croisic

Feuilleton 4… Roland Barthes au Croisic

 

Il y prit pension. Le lendemain,
il passa devant un poste de police. Hésita puis reprit son chemin. A  l’Océan, il y avait une jeune femme
seule tout au fond de la salle.  Tout deux se retrouvaient chaque soir dans cet étrange
tête-à-tête. Partageaient de mêmes rituels : la serviette dépliée puis
posée sur l’abdomen comme un tablier, une obi japonaise ; la lenteur à
porter le vin au verre. Un soir, il lui adressa la parole de sa voix de
violoncelle. Elle lui répondit en une langue qu’il ne reconnaissait pas
(l’allemand). Il alla alors se coucher.

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08 08 10
le feuilleton (3): Roland Barthes

le feuilleton (3): Roland Barthes

– Et le prochain, c’est pour quand ?

       Pardon

       Ben
oui, le prochain livre. On parle d’un roman.

       Vous
devez faire erreur, vous pensez vous adresser à qui ?

 Le Libraire trouva cocasse cette façon de déstabiliser, mais ne s’avoua pas
vaincu.

       Ben
à Fabien Barthez…

        Tout deux rirent
machinalement. Et Roland reprit  son chemin. A hauteur de la gare, deux voyous le traitèrent de pédé et lui
volèrent son écharpe Burberry offerte par une étudiante iranienne.

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07 08 10
Feuilleton: Roland Barthes, 2

Feuilleton: Roland Barthes, 2

Il  palpa sa
veste. Chercha de quoi payer le crème. Trouva de la petite monnaie. Et une
pincée de billets. Sa veste était un peu chahutée mais plus que d’habitude. Lui
qui collectionnait les trous et les tâches estima cependant qu’il serait temps
d’en changer. Il  l’entrouvrit  et remarqua une tache bizarre sur le
cœur. Une sorte de flaque. Du sang ? Non, quoique. Il se sentait lui aussi
en vrac. Comme un choc. Un roulé boulé, quelques pas sur le trottoir. Rien de
frappant cependant. Tout de même, il manquait quelques éléments. Comme s’il y
eut une production brève dans sa vie, d’un contrepoint et que celui-ci lui
échappait. Tel quel.

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06 08 10
Petit feuilleton de l

Petit feuilleton de l’été: mais que serait devenu Roland Barthes?

Pour le Figaro, j'ai eu l'étrange privilège de traiter le cas de Roland Barthes. Theme de la série: que seraient ils devenus ? Allons y…

 

 

 

Le 25 février 1980, à 15heures 45, Roland Barthes, à hauteur
du 44 rue des Ecoles, se fait renverser par une camionnette de blanchisserie.
Inconscient et sans papier d’identité, saignant du nez, il est transporté à la Salpétrière.
Le 26 mars à 13 heures 40, il meurt.

 

   Il
devait être dans ses pensées. Mouliner comme un boudha pensif. Centrifuger ces
nuées de mots, ces conglomérats de voyelles, ces seaux de consonnes. Parfois,
il stoppait net cette machine. Demandait un peu de paix. Sondait le
silence.  Celui-ci tardait
toujours. Un vrai bazar d’obliques, de noèmes, d’interfuit. Que sa tête était
encombrée ! Il tombait  alors dedans
comme en apesanteur.

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