Archives du tag: restaurants

01 07 14
Riviera trip, le pesto de da Pino, à Santa Margherita !

Riviera trip, le pesto de da Pino, à Santa Margherita !

 

Expérience superbe dans cette trattoria avec un pesto formidable délivré par Irene Bertuccelli. Il y avait ce soir là un match de foot, autant dire que la patronne nous a choyé. Adresse épatante et toujours à niveau. Vous vous souvenez ? Nous étions déjà passé ici même l’année! Vidéo à venir sur la même adresse !

Via Ruffini, 15. Tel.: 0185. 280 755. Comptez 30€.

Puis retour à la lune montante…

31 05 13
Schmuck, à la recherche de l

Schmuck, à la recherche de l’image manquante…


Rien ne vaut ces restaurants où l’on attend ? Non point le turbot aux morilles, l’addition ou le café gourmand, mais la star. Même une branche d’étoile. Ça s’appelle les restaurants à la mode. Les vedettes y passeraient, laisseraient un peu de traînée de poudre, le soufre de la gloire, l’haleine de la félicité. Vous voici donc chez Schmuck, allongé dans le carrefour de l’Odéon, à Paris. Gilles Lellouche a des billes dans cette affaire. Régulièrement, on l’y voit avec son grand pote Jean Dujardin, sauf  pour cause de Cannes. Le jeudi, dit-on en coulisses, il y a des soirées où les (jolies) filles dirigent la bande-son pour le plus grand plaisir de la clientèle. Autant dire que le jeudi, nous étions là, la langue pendante, les oreilles dressées. Du reste, dans nos fauteuils crapaud, le nez au niveau de la table, vous nous auriez tout de suite reconnus. C’est drôle de voir la table de la sorte : au ras. Comme le chien. Le chat. Le mulot. Ça change tout. On voit les pores du cabillaud, les moustaches des crevettes, la pulpe de la banane. C’en est presque gênant d’être dans l’intimité des plats. D’habitude, on survole en hélicoptère, on balance des filins pour hisser les victuailles. Alors que là ! Les entrailles de la terre, les forges de Lucifer, les coulisses de l’Opéra.

...

Lire la suite

05 09 12
Eric Guérin: un orteil dans l

Eric Guérin: un orteil dans l’océan

On connaissait Éric Guérin dans sa Mare aux Oiseaux, à Saint-Joachim, près de La Baule. Son restaurant était une sorte de chant singulier dans un univers aussi taiseux. La Brière est une contrée étrange, faite de tourbe, de roseaux, de silences, de coups de fusil. On file sur les canaux sans un bruit, en passe-muraille. Aussi, lorsqu'il sortit une cuisine limpide, de lumières et de jaillissements, on eut un choc dans le coin. Même le Michelin s'y reprit à deux fois pour apposer une étoile amplement méritée. Depuis lors, il continue de se battre contre les moulins, un pays lent et indifférent. Et il réussit, témoin l'ouverture de nouvelles chambres dans son hôtel bucolique. Depuis peu, Éric Guérin s'est dédoublé en s'alliant avec Fred Fesneau, le gérant du restaurant de plage, Season's, sur la plage Benoît, à La Baule. L'endroit a le charme hésitant de ces établissements qui mènent une double vie. Le soleil cuisant du déjeuner pour passer lounge, le soir venu. Décor adéquat donc pour des nourritures qui ne gardent pas leur langue dans leur poche. On retrouve le travail minutieux d'Éric Guérin qui manie le démultiplié constamment, témoin la brochette de Briouat/blé noir/ crabe/fenouil, vinaigrette au citron/condiment chèvre/coriandre. C'est un peu son paysage briéron passant à la grande lumière mais gardant cette fragmentation qui n'est pas sans évoquer l'univers strié des roseaux : capitaine/fine galette de légumes croquants/avocat en guacamole/cacahuètes épicées. Ou encore pigeon de Mesquer/ chips de crevettes wok de légumes/pointe de harissa. Les saveurs sont justes, rehaussées de façon contemporaine (le chef voyage) mais sans toutefois passer au tourniquet à épices. Le service a su se mettre en creux comme s'il fallait passer sous la tonnelle. Dans cette nouvelle écriture, Éric Guérin gagne encore en lisibilité sans toutefois renier la pénombre des marais, le silence déstabilisant. La clientèle, elle aussi, est dans la posture, accompagne avec, semble-t-il, la bonhomie bourgeoise si chère aux Baulois.

...

Lire la suite

26 05 10
Venise: Antiche Carampane, enfin la lumière arrive...

Venise: Antiche Carampane, enfin la lumière arrive…

 
Ah enfin, la lumière vient! Cela s'est passé à l'Antiche Carampane ( San Polo 1911, rio Tera delle Carampane; 041.524.0165; www.antichecarampane.com). J'y suis allé à l'heure du déjeuner. C'était plutôt calme. On m' a placé près de la fenêtre et là j'ai dégusté une friture de poissons exquises, ensuite une salade d'araignée décortiquée avec des articahauts sauvages, ensuite une dorade à la grille toute simple. C'était parfait ! Si vous êtes entre anis, essayez de décrocher la table dans l'entrée, car on y voit la cuisine en plein émoi. Accueil très gentil, clientèle classe mais qui ne se la joue pas comme hier soir. Enchanté.

...

Lire la suite

25 03 10
Mousse au chocolat: Spoon version inox

Mousse au chocolat: Spoon version inox


  

Tiens, dans le numéro d'hier, le Figaroscope s'est penché sur les meilleures mousses au chocolat de Paris. Pas évident, il y en a tant ! Parmi les premières, celle de Chez René, du Cinq mars, des Cailloux, des Terrines de gérard Vié, celle du Spoon est dans le lot, voici notre petit compte rendu…

 La mousse au chocolat reste encore un des derniers bastions de résistance de la gastronomie élémentaire. Comme pour les frites et la baguette, tout le monde à un avis, le donne et ce n’est pas plus mal. Chacun a ses canons en la matière, et il ne s’agit pas d’activer le bec savant et de décréter ce que doit être la bonne mousse. Il y a grosso modo deux écoles : la sèche et la mouillée. La première est comme immobilisée dans son élan, saisie dans la posture. On peut y planter sa cuiller et celle-ci reste impavide. Elle reste fixe comme la hampe d’un drapeau. On pourrait , à dessein, brosser le portrait psychologique des amateurs de la raide sèche tout comme il semble aiser de deviner quels caractères se cachent derrière les adeptes de la mousse mouillée, presque trempée à la base. Celle-ci alterne le moelleux, le souple, puis le détrempée, on y croise beaucoup de texture, cela peut même constituer un véritable arc-en-ciel des résistances. Itou pour la facture cholatée, certains aiment lorsque la mousse cacaote dans les amers noirs alors que d’autres penchent vers le chocolaté plus sucré. Fort de tout cela, vous éviterez quelques râteaux malencontreux dans les dîners en ville. Au Spoon, halte-garderie des palaces du Triangle d’or, on retrouve une version allégée. Fallait-il encore passer avec notre petite cuillère, symbole de cette table cossue.
La clientèle. Triée sur le volet et fort à l’aise dans cet établissement posé entre un lounge première classe et un lobby de palace de Gstaad. Clientèle parvenue et arrivée depuis longtemps à l’instar d’un couple enveloppé qui s’installa près de notre table. Tout de suite, l’homme en buste et grosse montre de plongée réputée, resta sur son derrière , qu’il avait large, lorsqu’on présenta une carte avec prix à sa darling.. < Choquant>, grinça t il, à l’adresse de sa compagne. Il suffoquait presque que l’on puisse plonger sa fiancée dans les affres du réel. Du reste, encore bouleversé, l’individu fonça aux toilettes sans doute pour consulter quelques résultats de foot ou des sms clandestins. Chose cocasse, au moment où il disparaissait tout au loin dans les lambris de l’hôtel, sa darling plongeait ardemment la main dans son sac, pianotait à la va vite quelques texto incandescents (on l’espère) avant de retrouver une faconde de first lady. Le bonhomme était chilien, devait filer à Santiago où l’un de ses immeubles s’était effondré. Il se présenta à nous comme critique gastronomique. À la bonne heure. Tout deux visitaient à Paris et déjà notre Curnonsky d’un soir avait son avis sur l’accueil de Spoon : nul, lamentable ! Ah bon (sans doute la carte obscène).
La mousse au chocolat. Elle arriva dans son vaste saladier et fut servi généreusement en un glorieux tumulus aérien à souhait. Elle fut boulottée en cinq minutes par les enfants. Lorsqu’il fut évoqué qu’elle était légère, ils marquèrent une légère surprise : il est vrai qu’en absorber l’équivalent d’un robuste demi melon plombe joyeusement la soirée et suscite une longue marche digestive sur les Champs Elysées. En tout cas, elle était bien bonne, dans l’entre deux, lactée et décidée. 

...

Lire la suite

26 02 10
Voyage en Bourgogne; part 1: Tir à Blanc

Voyage en Bourgogne; part 1: Tir à Blanc

Je suis reparti en Bourgogne avec mon ami steward pour une soirée qui s'annonçait calme mais qui prit une drôle de tournure…vous allez mieux comprendre avec cette première partie du croque note parue dans le Figaro de samedi dernier…

 Il fallait voir mon steward frétillant de félicité. Cet informateur es-Bourgogne et, dorénavant photographié dans le magazine Etoile, tenait une bombe : l’ouverture d’un bistrot gourmand par le fils de Georges Blanc, Alexandre, en rupture de maisonnée. Cela s’appelle l’Arbre Blanc et il pousse dans un délicieux village, Chevagny-les-Chevrières ; 03.85.40.63.26)

...

Lire la suite

26 01 10
Fashion week: mon top ten

Fashion week: mon top ten



 

Houp là! Si vous avez un problème pour réserver une table actuellement, ne
vous étonnez pas, Paris est en pleine fashion week…

 

Ca, c’est Paris: Les restaurants sont pris d’assaut par une population paradoxale, les
modeux qui grosso modo, ont une sainte horreur de tout ce qui peut rentrer par
effraction dans leur bouche. Pourtant, vous allez les retrouver replier au
dessus d’une nappe et d’une assiette de haricots verts. Vous n’avez pas faim
? Ce n’est pas grave, on va juste mettre une assiette devant vous avec
une petite animation nutritive, histoire de justifier votre stationnement assis
et l’addition. Au demeurant, les oiseaux de mode n’ont pas faim, ils veulent
rester figés dans un trait, une esquisse. Ils ont été tracés au crayon noir.
Leur être est un tracé, leur bouche un tabernacle. Ils sont dans l’essence, l’ailleurs
: sans graisse, et presque pas d’os. En traversant les restaurants de
leur grâce, de leur morgue de leur étrangeté
; ils rendent ce
monde, si ringard et prosaïque, gracieux et presque éternel.

...

Lire la suite

24 12 09
Gagnaire, la divine douceur

Gagnaire, la divine douceur

Allez pour Noël, le récit d'une soirée mémorable…

Cela faisait trois ans que je n’étais pas revenu chez Pierre Gagnaire, à Paris. Pourquoi ? La peur. C’est l’un des meilleurs chefs au monde, mon préféré avec Fulvio Pierangellini et Olivier Roellinger. Chaque repas est une mise en danger permanente. On se dit que toute une construction peut s’effondrer en un feuilletage. Si la cuisine est l’art de l’éphémère, que dire de l’admiration qui se construit dessus ? Ce n’est pas du sable, c’est de l’air. Ou plutôt du sentiment. Pour tout vous dire, j’imaginais la cuisine de Gagnaire partie dans les galaxies moléculaires ; égaré dans le défractionnement, amassant les poussières d’étoiles, parlant toute seule, nous ayant quitté. J’y suis allé à tâtons, tremblant pour lui autant que pour moi. Accompagné d’un appétit léger comme une biscotte, tous les risques étaient réunis. On connaît la générosité de Pierre Gagnaire, c’est une bousculade héroïque qui vous laisse souvent au terme du repas totalement carbonisé, vous jurant que plus jamais on vous transformerait en otarie cahotant sur le trottoir. Dans ces cas-là, ne vous compliquez pas la vie. Faites ainsi : attaque frontale avec l’entrée, surtout pas d’amuse bouche qui vous prennent une bonne demi-heure d’acharnement alors que vous êtes incandescent. Du coup, son plat Parfums de terre s’engouffra sur une terre vierge, un appétit cinglant. Cette composition est multiple et est précédé par l’ouverture d’une large cocotte dans laquelle ont mijoté des girolles et des cèpes agrémentés d’une tranche de cochon pluma (ajouté à cela de la mie de pain blonde à l’épine vinette, jus de cuisson émulsionné à l’amontillado). Tout à côté dans quelques petits ramequins ravissants sommeillent la résonance : soupe de foie gras au poivre de Malabar, gnocchi de lentille verte du Puy, oignons de Roscoff, pointe de balsamique 50 ans d’âge (ça c’est une petite assiette), puis il ya du lait pris au miel d’arbousier avec des noisettes fraîches, le pourpier sauvage, un voile de fleurs et corne de taureau (il s’agit d’un poivron). Et tout est à l’avenant, une sorte de délire forestier, invraisemblable, vous prenant à la gorge, à l’émotion. On est sur le flan (du reste absent de la carte). Voilà pour l’entrée dont j’oublie deux ou trois compositions bigrement raffinées (comme cette hostie déposée comme un ovni : tarte amandine, purée de betterave banche au raifort). Tout cela est indiqué sur des petits mémos que l’on vous glisse élégamment dans une petite enveloppe. C’et comme un GPS, mais qui jamais ne dira,<faites demi-tour immédiatement>, événement qui m’arriva, il y a peu dans un restaurant d’autoroute créant l’hilarité générale dans l’habitacle. Pour tout vous dire, ce qui m’a totalement désarçonné dans ce dîner, c’est l’incroyable douceur de la cuisine de Pierre Gagnaire. On est loin des fanfaronnades du genre, des éclats d’auteur qui vous poinconnet l’estomac, non ici, indulgence, bonté. La gastronomie dans ces rares moments s’avère être belle et bonne.Mon meilleur repas de l’année.

...

Lire la suite

18 12 09
Dejeuner extra au Passage 53

Dejeuner extra au Passage 53

 
  
Un menu dégustation à 45 euros, des plats ailés (comme ces artichauts en tempura), l'étonnante finesse d'une cuisine en délicatesse et touches précises. Il n'en fallait pas plus. Limpide.

Passage 53, 53 passage des Panoramas, 75002 (01.42.33.04.35). www.passage53.com  Map

02 12 09
Wepler, on est même capable d

Wepler, on est même capable d’y retourner !


Petite promenade dans le nord de Paris et là, envie de fruits de mer. J'aime bien Wepler pour ses climats. Mais pour les fruits de mer, entre nous, je préfère Garnier et notamment son bar à huîtres. Quand il fait froid, avec un muscadet glacé, c'est plus que bon…

En attendant, un Haché menu pour le Figarsocope

Le monde des brasseries nous arrachera toujours une infinie mansuétude. Pourquoi ? Sans doute parce qu’un jour de notre vie, on les a trouvées sur notre chemin. Les restaurants étaient pleins, nous avions le moral dans les chaussettes, et au bout de la nuit, il y avait cette station service allumée, ses néons, ses distributeurs de barres chocolatées. Les brasseries, c’est Paris le soir, lorsque les volets se ferment, une réserve , des tribus se réfugient dans le bruit, le carrelage, sur la moleskine des banquettes. Celles-ci sont interminables comme les cartes, inépuisables, jouant dans tous les recoins de notre imaginaire alimentaire. Et puis, il y a les plateaux de fruits de mer, exercice de la nourriture en solitaire où le client prend possession de la barre. Il s’active, écume d’impatience, épile les tourteaux, décortiquent les crevettes…Seul souci aujourd’hui, les brasseries sont souvent à la ramasse, le charme semble s’être rompu. Mais la vie continue, on y va par habitude, on oublie que la dernière fois, ce n’était pas formidable…Quel bonheur d’être oublieux. Qui sait…

...

Lire la suite