Archives du tag: restaurant Paris

07 09 12
Lipp, comme quoi...

Lipp, comme quoi…

Il y a des restaurants, comme Lipp, qui restent des mystères. On peut tout dire et son contraire sans que la bestiole ne bouge. Une sorte de marée molle. Parfois, on s’indigne à juste titre de la qualité des frites et du pain, puis, tout à coup, ça remonte. Allez savoir pourquoi, une sorte d’inconstance si parisienne. Mêlez le tout avec un peu de passion propre au quartier, de mauvaise foi si chère à la ville et vous aurez Lipp, inimitable, parisien en diable. Voletant comme un moustique près de l’oreille, la rendant dingue, puis reprenant son babil ailé. Aller chez Lipp appartient aux rites lutétiens qui nous exaltent, les colonnes Buren, le mur de la Paix, la tour Montparnasse, l’Opéra Bastille. Autant y retourner s’y mettre en joie…

...

Lire la suite

05 07 10
Georges on my mind

Georges on my mind


 

Le restaurant Georges vient de changer de mains, pour le Figaro du samedi, je suis allé passer la dernière soirée…

 

Rien de plus troublant un restaurant qui ouvre. Qui ferme.
Qui peine. Qui s’enferme. Ou passe la main, comme mercredi soir chez Georges,
rue du Mail, à Paris (01.42.60.07.11). On a l’impression d’appartenir alors au
fond de commerce. On pourrait être une petite cuiller, un moule à soufflé, une
poignée de porte. D’ailleurs, on nous a vendu, nous aussi,la clientèle. On nous
a présenté comme des gens fidèles, pas trop regardants sur les prix, attaché au
lieu. On a du nous jauger, nous palper comme une génisse. Par chance, on nous a
pas hissé dans un camion pour l’abattoir. Mais il y a un peu de cela. On
partage presque les appréhensions du personnel. Les nouveaux patrons seront ils
gentils ? Nous garderont-ils ? Ne sommes-nous pas trop pas trop
vieux, pas assez sexy, pas assez moustachus. Le matin, on doit se regarder dans
le miroir : fais-je encore l’affaire ? Nous les clients, on a la
chance de ne pas se poser ce genre de question. On peut aller voir ailleurs. Mais
on restera, comme des fidèles gardiens du temple. On surveillera la carte
écrite à l’encre violette, veillera au maintien des rognons de beau grillé
Henri IV, à la salade de museau de bœuf et du baba au rhum. Fera t on la grève
comme nous le fîmes, il ya douze ans au Balzar. Ce fut extra. Mais sans
lendemain. Aujourd’hui, cette brasserie reste dans ses habits mais ceux ci sont
singulièrement piteux. Georges devrait garder le cap car les nouveaux
propriétaires sont du genre à accompagner plus qu’à étouffer. Ils possèdent le
Bistrot de Paris et Chez René, et là-bas, que je sache, le jarret de veau a
gardé sa dignité, la baguette croustille, le morgon est frais.

 

...

Lire la suite

29 06 10
Guenmai, nourritures pour les anges

Guenmai, nourritures pour les anges

 Au déjeuner, Guenmai (6, rue Cardinale, 75006 Paris ;
01.43.26.03.24 ; de 12h à 15h30 ; 15 €) ; le temple de la bonne
santé. On y vient avaler une assiette de légumes comme l’on appliquerait un
masque de beauté. Expressions garanties avec visages de piétas poncées de sacrifices,
de madones expiatoires, d’anges sous élastiques. Beaucoup de femmes, un ou deux
coquets, régulièrement des people, comme ce jour-là en robe décolletée et sac
BB, la chanteuse Marie France. 

...

Lire la suite

02 03 10
L

L’Agrume, la réponse au sadisme ambiant

houpla, c'était samedi dans le Figaro, le croque notes que voici…

C’est tout de même croquignolet l’accélération narcissique que connaît actuellement la gastronomie. La voici frappée par une sorte d’exhibitionnisme débridé avec les émissions de télé réalité. Cet univers si paisible est devenu méconnaissable dans cette nouvelle grande danse agitée. Des chefs si truculents et bienveillants comme Christian Constant deviennent des Tarass Boulba sadisant de jeunes poussins au bord des larmes.

...

Lire la suite

15 01 10
Alleno, retour aux sources

Alleno, retour aux sources

La célébrité est un curieux ingrédient. C’est sans doute l’un des plus redoutables dans la recette d’un chef. Cela vous fige en un instant, une sorte de gelée médiatique, comme l’œuf du même nom, qui vous gobe sous globe. Une sorte de boule à neige. Le chef est en son milieu tétanisé par son talent, vitrifié dans sa stupeur, les étoiles tombant comme des flocons.

Vous les connaissez bien ces chefs récemment étoilés. Ils sont certes heureux, mais intenables, sadisent leur directeur. N’en font qu’à leur tête, ne passent même plus les portes (et même celles de leurs propres cuisines). La gloire les a emportés. Elle pourrait nous les garder après tout, comme à la crèche. Je ne sais pas si Yannick Alleno, du Meurice, a connu ce genre de traversée du dessert. Probablement, si je m’en souviens. Sa cuisine s’en est ressentie et ses admirateurs ont effectué un pas en arrière. C’est la meilleure des choses. Laisser disparaître l’écume.

...

Lire la suite

02 08 09
Le 21 : la preuve par l

Le 21 : la preuve par l’image

Ce fut parfait. Notamment ces mogettes à l’huile d’olive vanillée et poutargue. Les poissons sont remarquables, le talent de Paul Minchelli intact et l’addition cinglante (75-100 euros). Clientèle triée sur le volet. Service sur des roulettes à qui accepte le jeu de cette maison.

21, Rue Mazarine 75006 Paris. Tel.: 01 46 33 76 90 Map