Archives du tag: restaurant de Paris

19 06 13
Chez Graff, c

Chez Graff, c’est bien parti…

Vous connaissiez le père, l’excellent Jean Guy Lousteau (Carré des Feuillants, Au Bascou), voici à présent le fils, Thomas. Il est venu s’installer rue de Bellechasse, en association avec l’équipe de la Laiterie Sainte-Clotilde. Ajoutez à cela un chef japonais formé à l’Astrance et vous aurez quasiment dans le shaker les composants d’un succès annoncé. Ne pensez pas pour autant que les jeunes gens ceinturés de tablier blanc sont allongés dans leur hamac en comptant la thune. Que nenni, on sent l’énergie fébrile des adresses qui démarrent, l’odeur des pneus, les portières qui claquent et la clientèle qui vient à pas menus. Un restaurant qui démarre reste toujours un moment émouvant dans la gastronomie. On discerne la rampe de lancement, les réservoirs regorgent de carburant, la douce explosion commence et personne, personne ne sait comment sera la trace dans le ciel. Souvent le chef appuie trop sur le champignon, les serveurs parlent trop fort (ou pas assez) ; les clients manquent (ou sont de trop). On ne réalise jamais combien ces débuts sont des petits miracles de la nature, alors que Paris s’effraie, se tient à la rambarde, grelotte et renâcle.

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21 01 11
Kyotori, oh purée !

Kyotori, oh purée !


Avec un ami dingue du Japon, rendez vous était donné chez Bizan, rue Sainte Anne, qui étrangement est à nouveau fermé (décidément). Patatras, porte close donc et fissa à la recherche d'une table dans le coin. J'aurais adoré aller chez Zen Zoo (14-3 rue de Chabanais; 01.42.96.27.28www.zen-zoo.com) mais c'était plein. Du coup, en désespoir de cause et pressentant le pire, nous sommes entré chez Kyotori, juste en face. Bouh, bon sang de bois, accueil à la chinoise, c'est à dire militaire et sans égard, grand cri du patron réclamant je ne sais quoi, table imposée séchement. Et bien entendu, nourritures du même métal. Clientéle vinaigrant à mort le riz et mangeant distraitement les formules à 15€. On en est ressorti avec la honte… et le désagrément. (photo F.Simon).

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23 12 10
Oh, un cheveu sur la langue !

Oh, un cheveu sur la langue !

Petite chronique parue il y a peu dans le Figaro, mais là, vous l'avez en entier car la page s'est retrouvée réduite au dernier moment…

 

 

 

Rien n’est plus vivant que le monde des brasseries. Il y a là comme un tournis, une ivresse de la foule prise dans son propre jeu. Ce samedi à Lyon, chez Georges (30, Cours de Verdun 69002 Lyon, 04 72 56 54 54) , les anniversaires plongeaient la salle dans la pénombre toutes les cinq minutes. On applaudissait, rigolait et bissait. C’était sacrément drôle. Et l’assiette gentiment à la ramasse. Au Grand Colbert, à Paris (2, rue Vivienne, 75002, 01.42.86.87.88),  jolie clientèle avec les tables qui coulissent, les beaux couples, des créatures, des égéries, des messieurs. Cet endroit a du chien et l’assiette bataille plus que correctement (un honorable boudin aux deux pommes). Le spectacle est partout, rebondit dans les miroirs. Les conversations se mêlent. A côté de notre table, deux messieurs en pleine forme nous montrent du doigt l’affiche d’une pièce jouée sur les boulevards avec l’index qui fait le va et vient entre la photo et leur poitrine. Hé oui, c’est eux. C’est nous. Bon sang, des vedettes à notre table ! Et drôles et complices. Et bons mangeurs. Et délurés. Un moment, l’un d’entre eux sort une perruque mousseuse et se la pose sur la tête. La conversation s’engage. Nous rigolons d’une mésaventure qui vient de nous arriver : un  superbe cheveu brun  dans le café liégeois. Le garçon arrive. Dans ces cas-là, il faut vite éteindre l’incendie de l’indignation courtoise, remplacer le dessert défaillant. On le mange à reculons craignant la suite de la défoliation. Il reste dans la bouche comme un cheveu sur la langue.

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26 11 10
Mere Lachaise, je ne sais pas mais je n

Mere Lachaise, je ne sais pas mais je n’ai pas bien senti l’histoire…


Il y a des fois comme ça, où il y a un radar en vous…

Pourtant ce matin là, j'avais une faim de loup. J'ai donc pris le brunch (19,50 euros) de cette adresse postée sur le boulevard de Ménilmontant. Très relax et cool l'été, réputation gentille, mais lorsque le club sandwich est arrivé, j'ai marqué un temps. La salade était un peu fatigué, adhérait au pain en couleur sombre…Quant au saumon, il y avait trop de morceaux grisâtres.

C'est marrant, lorsqu'on résiste à sa faim, on est vaguement content. Je suis reparti à la maison pour me toaster une tranche de pain Poilane avec un petit suisse étalé dessus, et un thé vert extra acheté au Issé Workshop, de la rue Saint Augustin. Pour vous donner une idée de mon bonheur de poche, mes deux équipes de foot préférées (L'OM et le FC Nantes) avaient gagné la veille, la lecture de l'Equipe fut un grand moment que je pourrais presque passer au ralenti (photo F.Simon).

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23 11 10
Gerard Besson, plus qu

Gerard Besson, plus qu’un mois pour en profiter !


Pardonnez le flou de la photographie mais il y avait sans doute des raisons à ces approximations: un repas redoutablement bon et des flacons terribles. Dans ces cas là, on ne respecte plus rien. Ou alors, la parole d'un chef que j'ai toujours bien aimé, Gérard Besson. Vous avez sans doute lu ici même qu'à la fin du mois de décembre, le chef de la rue du Coq Héron passe la main. C'est notre ami Kei (voir ces aventures) qui prendra la suite. En attendant, voici tout cuits quelques ultimes diners cuisinés par notre homme. Dépéchez vous ! Non point que Gerard Besson arrêtera après, mais une page se tourne sous vos yeux. Après ? Il doit avoir quelques projets, je ne le vois pas rester là les bras croisés, le regard fixant le plafond… On devrait le revoir ici et là… Style semaine des gibiers ici même ou autre fantaisie savoureuse…5, rue du Coq Héron (01.42.33.14.74). Comptez 120 euros. (photo nulle de F.Simon).

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18 05 10
Simonin: le chas de l

Simonin: le chas de l’aiguille…



Parmi les nouveautés, il y a incontestablement le restaurant de Frédéric Simonin. Pour tout vous avouer, j'y suis allé un peu à reculons. Et puis finalement…C'était dans le Figaro de samedi dernier.

Cela va vous paraître bizarre mais parfois visiter un
nouveau restaurant gastronomique tient de l’épreuve. Maintenant, il n’existe
plus de poésie culinaire et de tables s’embarquant au fil de l’eau comme une
coque de noix sur un ruisseau. Les enjeux sont devenus terribles. C’est tout
juste si la banque n’a pas installé un cadre junior dans les coursives pour
vérifier où filent les biffetons. La cuisine est pareille. Elle est guettée par
tous. On l’attend au coin du bois avec tout un attirail digne d’ Albert  Spaggiari : lance roquette,
écarteleur, grattoir, spéculum, chalumeau, sarbacane. C’est ainsi. Le monde de
la table n’est pas tendre, il n’existe plus d’ogres bienveillants baladant
leurs bedaines et leurs gredines un œillet à la boutonnière, des oursins dans
les poches. La jeune critique est effilée comme un rasoir, tranchant comme un
lame à pastèque. Pire encore les costumes gris du Michelin sont planqués dans
les doubles rideaux, le mètre pliant dans la main, le carnet à contraventions
dans la poche. Vous imaginez le chef dans tout cela ? Cela nous donne bien
souvent des cuisines de nerfs, d’écorché, de stupeurs et tremblotements
techniques. Il y a une tension palpable jusqu’au maillage de la moquette,
l’accoudoir du sofa. Un verre chuterait qu’un sanglot éclaterait.
J’exagère ? A peine.

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