Archives du tag: les meilleurs restaurants de Paris

19 11 13
Es, le concerto gâché...

Es, le concerto gâché…


Lorsqu'on entre dans ce restaurant, on a tout de suite pigé. Avant, même. La façade n'exprime rien. Pas une pancarte. Ni même un logo, un signe, un hello. Cela ne s'appelle pas. Ou si : « es », comme le « ça » freudien. Peut-on poser la barre plus haut ? On imagine les travailleurs du chapeau se masser le menton devant une telle fanfaronnade. Pourtant, le chef, Takayuki Honjo, 33 ans, n'est pas un rigolo prenant la pause, façon Rodin. Il est passé un peu partout : Astrance, ouverture de Quintessence à Tokyo, Noma, Mugaritz, Petit Nice de Gérald Passédat. Logiquement, il faut plusieurs siècles pour s'en remettre. Pourtant non, ce jeune homme est là, presque chirurgical, posé, clair et net. Les plats peuvent arriver, ils ont été taillés comme des crayons de bois.

...

Lire la suite

06 11 13
Léngué, petit izakaya planqué comme on aime...

Léngué, petit izakaya planqué comme on aime…

C’est assez cocasse, en plein quartier de la Huchette, martyrisé par des gargottes sans nom, voici un oasis paisible, un izakaya à la fois tendre et animé. Pas bien grand mais ramassé comme un poing.



Petites assiettes bondissantes, tabourets hauts et jeunes femmes en habits…Après, on se laisse aller sans se faire harponner: tataki de boeuf, encornets à la plancha, omelette à l’anguille, carpaccio de bar, gyoza aux légumes, joue de saumon grillée au sel…Belle carte des vins avec notamment de grands crus à prix si doux qu’il en faut accepter l’aléa de la qualité. Hautement recommndable….Formule à partir de 18 euros.

...

Lire la suite

04 11 13
Top 5: mes tables préférées du moment

Top 5: mes tables préférées du moment

Bon, allez , ne tortillons pas, voici ce que j'ai vraiment préféré ces derniers temps. Développements à suivre…

1. Okuda.

 

Grande table japonaise tout juste ouverte à Paris. Six places, deux salons, prix qui font mal aux doigts, mais on ressort séché et enchanté. 7, rue de la Trémoille, 75008 Paris. Tel.: 01 40 70 19 19. Je vais essayer d'écrire là- dessus, mais en la matière la meilleure analyse que j'ai lue, c'est bien celle de Chihiro Masui: http://chihiromasui.com/tag/okuda/. Comptez 200 euros. j'en profite pour remercier Xavier qui m'y invita…

...

Lire la suite

17 10 13

A Paris, Cette, bien envoyé !

La rue s’appelle Campagne-Première. À chaque numéro ruissellent des histoires d’artistes, de photographes. Il doit y avoir des nervures, comme celles-ci, qui font que Paris est ainsi. La rue Campagne-Première est également à jamais associée au film A bout de Souffle (merci chers visiteurs). Le voyez-vous encore courant dans la rue ? Jean-Paul Belmondo est en chemise blanche. Délibérément, il va se laisser abattre. Le voici allongé sur le bitume. Le film est terminé. Voilà ce qui nous rend Paris éternellement cinématographique.

...

Lire la suite

16 01 12
Portrait de Pierre Gagnaire: <Foutrement bon!>

Portrait de Pierre Gagnaire:

Réalisé, il y a peu pour le Figaro Quotidien, une rencontre avec un de mes chefs préférés.

Le chef multi étoilé (11 macarons) s’apprête à fêter le quinzième anniversaire de son installation à Paris, rue Balzac. Après sa faillite à Saint-Étienne, c’est sans doute la plus spectaculaire renaissance de la gastronomie d’un chef habité par le doute mais dont la main ne tremble pas

 

Lorsque Pierre Gagnaire, 61 ans, est au dessus de son « bar saint germain et son misfit de condiments », on comprend sa gêne. C’est presque de l’anthropophagie. Il va non seulement déchirer les chairs d’un superbe poisson pêché au large de la Bretagne, il va aussi traverser ses doutes, son intranquilité, son incroyable bonté ; lui qui, il y a quinze ans se mangeait (spécialité non inscrite à la carte) un râteau épouvantable à Saint Etienne (1996). Son restaurant était mis en faillite. Il du remettre ses trois étoiles malgré son homard rôti au tilleul et échalotes rôties aux amandes fraîches. Pierre Gagnaire se retrouva alors à Paris, soutenu par trois-quatre épingles à linge (des amis, des mécènes, des croyants, Chantal). Lentement, tel le saumon (sauvage), il remonta la pente. En 1997, deux étoiles revenaient sur sa tête et sa tourtière d’artichauts et poivrades aux oreilles de Judas. L’année suivante, son coffre de canard mi-sauvage, bourré de citrons vert rôti au four avec réduction de banyuls, passe crassane et petits pâtissons grillés lui valent à nouveau les trois étoiles. Depuis lors, Pierre Gagnaire est à Las Vegas, Séoul, Hong Kong, Moscou, Courchevel, Dubai, Tokyo (soit 373 employés) , prenant à chaque fois des poignées de distinctions. Y a t il une morale à cette résurrection ? "Oui, répond-t-il, rien n’est jamais acquis!".

...

Lire la suite