Archives du tag: Gstaad

08 03 13
J

J’hésitais entre Gstaad et la Mongie…

Finalement, ce sera Gstaad, allez savoir pourquoi… Alors que vient d'ouvrir un impressionnant palace, la station s'étire dans un délicieux déchirement : être réputée tout en restant discrète. Escapade gourmande au pied des pistes.

WEEK-END L'arrivée au tout nouveau palace cinq étoiles Alpina est impressionnante. Une rampe d'accès enterrée digne d'une piste d'avion, un parvis immense enfoui, un lobby pharaonique, quatre restaurants, 56 chambres (120 lits) dont la plus grande de 430 m2 est proposée entre 17 000 et 21 000 eur la nuitée. Tous ces chiffres (235 millions d'euros d'investissement) à la limite accableraient presque Marcel Bach, l'un des propriétaires, « Monsieur Gstaad », qui compte parmi les plus belles réussites de la station. Le secret est le premier sport pratiqué ici.
Le deuxième consiste à « respirer », reposer l'oeil. Être entre soi, s'absorber devant un feu de cheminée ou au-dessus du chocolat chaud de chez Charly's, le salon de thé institutionnel posté devant la patinoire. Son mystère se laisse effleurer : du chocolat à 65 % et surtout de la chantilly fouettée dans un lait exquis, celui de vaches (7 000 pour 11 000 habitants) élevées sur un territoire où le mètre carré chatouille les 50 000 eur.
Le soir venu, les visiteurs se font encore plus discrets, s'enferment chez eux au regret des locaux qui aimaient tant lorsque Elizabeth Taylor venait prendre son vin chaud à l'Olden et se bercer à l'impénétrable dialecte local, le schwytzertütsch. Ils restent dans ces chalets dont le modèle a été sagement défini par l'instituteur Jaggi, en 1956, sur un cahier d'écolier : pas plus de trois étages, des avant-toits et le rez-de-chaussée lambrissés de bois. Seul assouplissement à cette règle d'urbanisme ces derniers temps : le ratio d'abris anti-atomiques étant atteint, ils ne sont plus obligatoires et sont souvent aménagés en caves à vin. Et lorsqu'il s'agit de les remplir, on s'adresse au Caveau de Bacchus, propriété de la maison Chopard attenante, dont le patron, Karl-Friedrich Scheufele, a délégué sa passion à Claudio Di Giorgi et son compère Aldo Carlucci. Ces deux ex-sommeliers du Palace sont fin prêts à dégainer des tueries comme ces doubles magnums de Latour (10 600 eur), mathusalems de Cristal Roederer (8 000 eur) ou encore nabuchodonosors de Lynch Bages (15 litres, 3 200 eur) que des clients commandèrent et dégustèrent lors d'une fête des « Mille et Une Nuits ». Trois furent descendus illico. Et nos deux amis durent revenir ventre à terre avec trois autres obus du même calibre.
09 05 11
Gunther Sachs is dead, so sad...

Gunther Sachs is dead, so sad…

Je voulais vous dire pourquoi j'aimais bien cette station de Suisse. Et puis je suis tombé sur ce texte que j'avais rédigé, il y a trois ans pour le Figaro, justement, j'avais croisé Gunther Sachs au Gstaad Palace, une des icones involontaires des années 70, elle nous revient, dépressive et volvérisée, so sad…Il avait offert une bague sublime à BB que celle-ci revendit à leur séparation. Gunther l'a racheta à prix d'or. Pour lui offrir à nouveau. Que dire de plus…

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19 01 11
Gstaad, diner au Rossli, pas si bon mais bien

Gstaad, diner au Rossli, pas si bon mais bien


En arrivant après six heures de train, je suis passé déposer mes valises puis dîner au bistrot de l'hôtel Rössli (Gstaadplatz,+41.33.748.4242). C'est le rendez vous local, le restaurant d'habitués. Parce que c'est sans façon, bon enfant avec un vrai souci de bien être. Accueil remarquable mais j'ai trouvé l'escalope viennoise un peu teuf teuf avec ses frites et ses légumes. En fait, je n'avais pas bien posé mes curseurs. C'est une adresse de bienveillance et de bonne tenue. On n'y vient pas pour ses saint jacques au curcuma mais pour un climat, des salutations entre tables. On vient y prendre des nouvelles de ses amis. Cela en fait une table amicale et indispensable pour comprendre Gstaad…(photo F.Simon).

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18 01 11
Gstaad, Grand Hotel Park, la farce des sushis !

Gstaad, Grand Hotel Park, la farce des sushis !


De nature, un peu candide, j'aime à penser que lorsqu'un palace inscrit des sushis à son restaurant, il le fait plus que correctement. Grosso modo, il a une clientèle d'enfants insupportables, qui ont tout vu, tout boulotté. Ils connaissent le monde entier et bien entendu, question table japonaise, ils en connaissent un rayon. Aussi, en allant faire un tour dans  le Grand Hotel Park, impeccablement rénové, le nouveau sushi bar m'a naturellement intrigué, d'autant que la veille le diner au Rössli, fut un peu lourd dans ses contours. Ici, donc, pas même de découpeur derrière le comptoir (le bar, en fait). Il opère en loucedé derrière une cloison. On ne le voit donc pas manier ses couteaux et du reste l'ai un vague doute sur ces poissons qui me semblent prédécoupés. Autant dire que ce minuscule plateau de sushis proposé avec du thé vert tiède est du domaine de l'imposture. Bien sur, c'est facturé à prix démentiels: 100 francs suisses pour deux, grosso modo 80 euros, il ya de quoi faire venir le directeur. Et puis non, nous tenions là le <Ah, non pas ça!> le plus spectaculaire de l'année débutante… (photo F.Simon). 

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17 01 11
Ce que j

Ce que j’aime à Gstaad ? Sa nature désarmante

Je voulais vous dire pourquoi j'aimais bien cette station de suisse. Et puis je suis tombé sur ce texte que j'avais rédigé, il y a trois ans pour le Figaro.La station étant assez fidèle à elle même, le texte reste encore valable aujourd'hui…

GSTAAD n'est ni snob ni chic. C'est trop tard, les jeux sont faits. Le village est au-delà. Le thermostat a été monté au maximum. Inutile de pousser plus avant, vous risquez de vous briser les dents, fussent-elles serties de diamants. Inutile donc de venir en Hummer, mieux vaut rester discret et rouler, comme tout le monde, en Porsche Cayenne, laisser passer les tracteurs et filer doux. Ici, il y aura forcément plus riche, plus connu, plus désespéré, plus aigu. L'ostentation est pitoyable, ou vintage. Il faudra jouer juste. Se faufiler entres les larmes de cristal de la station, rayonner à bon escient. Vous vous promenez dans l'unique rue principale – la Promenade – et, à tous les coups, ce sexagénaire en tee-shirt, carbonisé par la vie et portant ses journaux dans un sac plastique, est une des plus grandes fortunes du monde. Même à l'auberge Rössli, lieu le plus oecuménique du village, les apparences trompent allègrement. Qui fera la différence entre ce paysan fumant le cigare et ces citadins, épaules basses, parlant de recapitalisation. Qui est le plus riche ? Au bout d'une heure, vous aurez compris que Gstaad vit au-dessus de tout cela (1 050 m). Après, c'est à vous de vous poser, de respirer, de gober des paysages extraits d'une tablette de chocolat, d'y déposer la trace lactée de vos skis. La montagne est soyeuse, les cieux ont été découpés dans des magazines de rêve, les nuages sont en lin. 
Gstaad a cette étrange nature qui vous désarme et vous galvanise. Vous lisez un roman et, tout autour, la vie se déroule. Elle pourrait gagner l'encre des pages. Les rires ressemblent à ceux enregistrés dans les émissions de télévision. Les gens ont cet émerveillement las des personnes qui se redécouvrent un rôle oublié, une carte manquante (… Dans la famille Fortunée, je voudrais le père, la mère, le fils et la fille). Derrière vous, dans une cambrure de lévrier, voici un prince. Il porte monocle, dans lequel se reflètent deux femmes exquises, postées comme les candélabres d'une cheminée. Autre table, au Chesery, un adolescent en mèche demande : « Maman, je veux avoir du caviar ! » Réponse de la maman en cheveux : « Ah, non, je t'ai dit non ! » 

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