14 06 16
Rome. Encore quelques petits bonheurs...

Rome. Encore quelques petits bonheurs…

- Au musée dell’Ara Pacis. J’ai franchement été impressionné par l’exposition du grand photographe japonais Domon Ken avec notamment des photos de l’aprés guerre et d’Hiroshima. Des portraits et de la vie comme ces écoliers de Chikuko (1959). Ceux qui n’ont pas la chance de déguster leur bento, sont plongés dans une revue, histoire de ne pas perdre la face. 

- Vite traverser la Galleria Borghese survisitée (malgré les réservations) et foncer dans la salle abritant Apollo e Dafne, de Gianlorenzo Bernini. Magnifique…Puis repartir, le coeur ravi…
- Passer quelques instants au caffé Greco, prendre un café au bar (le rituel) ou alors, comme ma pomme, se mélanger aux touristes, profiter des banquettes de velours et savourer un jus de cédrat…Via Condotti, 86.

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13 06 16
Rome. Bistrot 64, la révélation...

Rome. Bistrot 64, la révélation…

C’est toujours délicat de suggérer d’aller visiter un restaurant romain où préside un Japonais. Les gens plissent un peu du nez, passent leur chemin. C’est bien dommage , car vous tenez ici une adresse de première main. A part les mignardises minuscules et stériles, le reste fut un enchantement notamment ces spaghetti de pommes de terre et ail sidérants. Le reste fut du même tonneau: tataki di palamita, avocado cipola et sedano; ou encore ces cavatelli di grano arso, totanetti e bottaga du Muggine. Seul regret: que la salle ne soit qu’à moitié vide alors que cette cuisine devrait connaître un vrai emballement…Comptez 45€.

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10 06 16
Rome. Zuma, inutile d

Rome. Zuma, inutile d’y aller, je l’ai fait pour vous…

Parfois, on me reproche (gentiment) de visiter des adresses inutiles. C’est vrai. Mais j’ai toujours cette curiosité pour les tables incongrues ou apparemment légères, superficielles. Qui sait, au détour du chemin, on peut tomber sur des pépites. Bien souvent, la pêche est misérable et vous n’avez pas de tort de me dire: « Mais pourquoi aller à Rome chez Zuma », hébergé dans la maison Fendi. Fondé à Londres par le chef Rainer Becker (2002) Zuma s’inspire des izakayas. Mais autant l’adresse de Londres a la pêche et sa légitimité, autant ici à Rome, elle est drôlement déplacée. Pas mauvaise certes (manquerait plus que cela, vu les prix), mais voici un repère cossu et son enfermement friqué, food in shop vaguement snob et surtout nouveaux riches, ce qui n’est pas déplaisant pour le spectacle, les jolies serveuses en surnombre. Mais on est si loin de Rome. Dispensable.

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09 06 16
Rome. En revanche, Da Cesare, c

Rome. En revanche, Da Cesare, c’est franchement bien et romain


Hier, je vous parlais de ma grande déception chez Primo. Elle était d’autant plus grande que la veille, j’étais passé dîner  à Da Cesare. Il faut pour cela prendre le tramway jusqu’à son terminus pour découvrir la table de Léonardo (il parle un français parfait). Tout était bien, simple, généreux, coloré. Le ragout incroyablement « pur » et digeste; la queue de boeuf fondante, les pizzas de première….Sans oublier une carte des vins magnifique orientée vers les vins nature. Le restaurant ne paie pas de mine (toujours un bon signe) et la clientèle des plus variées, passant d’un petit couple scélérat à la grande tablée familiale. Mon coup de coeur de ce séjour.

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08 06 16
Rome. Primo, pfuit, c

Rome. Primo, pfuit, c’est fini…le charme s’est envolé ! (sob)

Comme quoi un restaurant peut s’évaporer en une saison. Cette table avait ses fans, mais depuis le départ d’un des piliers de cette adresse du quartier Pigneto, l’adresse est à la peine. Déjà en arrivant, j’étais un peu sur mes gardes, voire sur mes griffes, lorsque j’ai entendu en cuisine le chef harceler ses commis. On sentait beaucoup trop d’énergie, les plats claquaient, le verbe était trop gorgé d’adrénaline. Et cela, sorry, se traduit tout de suite dans l’assiette. Les pâtes (des linguine avec des pistaches et des crevettes; des pappardelle cintra cinese) tenaient la route, les vins aussi. Mais il n’y a plus de beaux flacons nature, ni les fromages en abondance. C’est intéressant du reste de noter qu’une adresse peut ainsi filer…C’est en même temps rassurant cette logique: la réussite d’une table tient à l’apport humain, à sa fibre émotive. Dès que celle ci s’ébrèche…Un peu cher également.

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07 06 16
Rome. Saviez vous que l

Rome. Saviez vous que l’on peut séjourner à la Villa Medicis ?

le cadre est magique, la quiétude profonde. Mais saviez vous que l’on pouvait séjourner à la Villa Medicis (Medici, en italien)?  Faut il s’y prendre royalement à l’avance. Les tarifs s’échelonnent entre 150 et 250€, petit déjeuner non compris. C’est mon deuxième séjour à la Villa et sincèrement, votre séjour passe à une toute autre dimension. On se sent alors redevable d’un beau séjour, d’une excellence, et même d’une élégance de l’âme. Je vous glisse ci dessous le descriptif des chambres issu du site…

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06 06 16
Tiens, j

Tiens, j’ai essayé le « meilleur restaurant » de Paris…

Que les Alleno, Ducasse, Gagnaire, Passard se tiennent bien, que le Michelin reste sous terre, le meilleur restaurant parisien n’est pas celui qu’on croit. Sur 13 360 tables notées par ses « visiteurs », le site TripAdvisor estimait début mai que le meilleur des meilleurs, le summum de la gastronomie était la… fromagerie Danard ouverte il y a six mois à deux pas de la Bourse de commerce. Ni cloche en argent, ni sommelier multilingue et de caviar blanc, mais juste des frometons, trois-quatre tables, quelques vins et voila. En questionnant gentiment la patronne, elle même semble embarrassée par ce titre magnifique, les bennes de laurier déversées sur son auguste front: « Ben oui, convient elle, les gens aiment bien nos planches à fromages ». C’est pas qu’ils « aiment bien », chère madame, ils trouvent cela « génialissime », « amazing »,« le mariage du siècle », « très très bon », « génial »…On s’assied donc, histoire de savoir où se cachent le génie et la prouesse. Sincèrement, après une bonne demi heure de guet intensif, ils se planquent fichtrement bien. Des planches certes, des fromages, oui, un ramequin de salade, d’accord; de l’eau en bouteille de plastique; un accueil gentillet… Mais pour le tremblement, on repassera. On se demande même s’il n’y aurait pas une caméra cachée quelque part histoire de se gausser des gogos par le site alléché. Ce n’est pas la première fois que ce genre d’organisme s’évanouit de félicité devant des adresses fermées, non existantes ou déchiquète de braves tables étrangement éreintées . S’il y a un côté navrant à ameuter les foules pour des pécadilles, cela confirme que les classements établis de nos jours que ce soit par les 50Best ou la « liste » du ministère des affaires étrangères, ne valent pas  tripette. Sont elles juste des indicateurs de notoriété (qui n’a rien à voir avec le talent) ,d’influenceurs venus capter les feux d’un galaxie inclassable. Finalement, ces jeux d’empilement s’effondrant au moindre clic,  rappèlent q’une nouvelle gastronomie voit parallèlement le jour. Elle porte en elle des valeurs un peu moins tordues et mégalomanes. Elles sont très simples, humbles, procèdent de l’intime. Chacun construit sa micro gastronomie avec ses amis (ohé!), ses bons et mauvais gouts. Nos listes personnelles sont les plus fiables au monde parce qu’elles nous correspondent. C’est même à se demander si la fromagerie Danard n’est pas finalement à sa place !

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01 06 16
Paris. Wild & the Moon. Léger, si léger, tellement léger...

Paris. Wild & the Moon. Léger, si léger, tellement léger…

Le lieu est parfait dans sa position planquée; l’alibi de la discrétion, de l’entre soi et entre deux devantures, une petite ruche bio emplie d’une clientèle veggie. Autant dire que tout est adorable, et même les boissons détoxiquantes gardent un sang froid de dingo en s’affichant si trendy dans un coloris gris Dior. Les plats du jour ont le ventre rentré à l’instar d’un curry au navet, pomme de terre, lentilles, carottes, ail, gingembre, épinard, coriandre, noix de coco. On a l’impression d’être bon avec la terre, soi et les autres. D’être son nouvel héros. Sauf que c’est tout de même un peu cher: 26,50€ pour une personne avec deux boissons, et que le goût reste un peu fade.  Dans cet univers vertueux en diable, on peut être également tenté par le petit déjeuner (cela ouvre dès 8 heures le matin) et son pudding au lait d’amandes, graines de chia, fleur d’oranger, sirop d’érable, vanille, huile de coco (6,50€). En fait, l’adresse en devient si légère qu’elle en ressort dispensable.

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31 05 16
Tokyo. Mixology, la tête à l

Tokyo. Mixology, la tête à l’envers

Récemment, M le supplément du Monde m’a demandé de parler d’une adresse singulière à Tokyo. Sans hésiter, j’ai pensé à celle ci…

C’est à se demander si les bars à cocktails de Tokyo ne ressemblent pas aux circonvolutions du cerveau. Pour retrouver ces antres aussi douces que l’intérieur d’un violon, il faut s’armer de calme. Et autant que possible, d’un plan. Et encore, le suivriez vous à la lettre, l’index obéissant que vous retrouveriez en train de sonner à la mauvaise porte, mauvais étage, mauvais immeuble. Il en va ainsi du gout du sake. il procède tout d’abord de la recherche, d’une quête logiquement ponctuée par un authentique  soulagement, un ravissement sincère. Ce dernier doit forcément entrer dans la composition du cocktail. L’attente et ses marches, ses ascenseurs, ses hésitations. Imaginez alors la félicité lorsque  vous rejoignez enfin le Mixology Laboratory (1-6-1 Yaesu, 3e étage, Chuo-ku. La porte s’ouvre, pénombre magnifique, éclairage précis, tablées indolentes et derrière le bar, un maitre du genre, monsieur Shuzo Nagumo, sorte de pirate élégant (façon Johnny Depp), stoïque et concentré, dont une soupçonne un deuxième tiroir d’espliègerie et de compassion. Shuzo-san est un dingo des cocktails. Il fait partie d’une nouvelle génération, iconoclaste en diable qui balaie un siècle de respect inspiré du cocktail. Pour mémoire, lorsque Tokyo se met à faire quelque chose (un croissant, un téléphone, un baiser), il s’arrange pour le faire le mieux du monde. Ici donc, ce « grand mixologist » est capable de vous faire déclencher un cocktail inédit travaillant l’extrait moléculaire, piochant dans la tradition kaiseki, ici (naruto kintoki: patate douce) et là ( hozuki: cerises d’hiver). Ou encore, tenez vous bien, foie gras vodka, chocolat et crème fouettée. Par chance un solide bar assume votre verticalité et logiquement, avant de partir à l’envers, vous devriez traverser des contrées rares et bienveillantes. Parfois, Shuzo Nagumo renonce lorsqu’on lui demande l’impossible: « le goût de Tokyo?! Hummm, trop complexe et mélangé ». Débute alors une cinglerie où se mêle eau de violette, sauge, vermouth doux. On a l’impression alors d’être dans les entrailles d’un harmonium, les touches tapent doucement sur les tympans. Il est grand temps alors de se rapprocher de la porte de sortie (derrière à gauche). Une expérience unique

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30 05 16
Paris. Retro Bottega et sa tentation insistante

Paris. Retro Bottega et sa tentation insistante

Dans ce onzième arrondissement vibrant, il suffit de s’engager dans le canyon des rues pour tomber très vite sur une adresse. Prenez la rue Saint Bernard, étrangement désaxée en deux parties à sens contraire, elle  respirait allègrement dans sa ferveur artisanale lorsqu’elle fut gentifriée méthodiquement. Il y eut même des moments sans respiration. Puis un autre siècle s’est enclenché. A qui passerait aujourd’hui, surgiraient des tables coréennes, libano-japonaises et là où se tenait un café arabe apparait une table italienne très déliée. Elle est emplie de flacons de soleil et d’histoires. Les nourritures qui auraient pu se dorer la pilule, se déhanchent avec sérieux. Pour commencer , voici des asperges italiennes, jambon de parme artisanal, chapelure de pain et vinaigrette aux agrumes. Ensuite tagliatelle maison, courgettes, fèves de Carpino, herbes fraîches, noisettes bio du Piémont et ricotta salé des Pouilles ou alors ce carpaccio de boeuf (race rouge Trentino), pousses maraichères, tomate pachino, pistaches de Bronte (Sicile) et parmesan de 24 mois…C’est franchement bon, pas donné mais vue la fougue du patron, Pietro Russano (ex-Rino), il est difficile de plisser du nez. Mieux vaut laisser ce dernier survoler les vins au pourpre profond. Comptez 35€.

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