30 05 16
Paris. Retro Bottega et sa tentation insistante

Paris. Retro Bottega et sa tentation insistante

Dans ce onzième arrondissement vibrant, il suffit de s’engager dans le canyon des rues pour tomber très vite sur une adresse. Prenez la rue Saint Bernard, étrangement désaxée en deux parties à sens contraire, elle  respirait allègrement dans sa ferveur artisanale lorsqu’elle fut gentifriée méthodiquement. Il y eut même des moments sans respiration. Puis un autre siècle s’est enclenché. A qui passerait aujourd’hui, surgiraient des tables coréennes, libano-japonaises et là où se tenait un café arabe apparait une table italienne très déliée. Elle est emplie de flacons de soleil et d’histoires. Les nourritures qui auraient pu se dorer la pilule, se déhanchent avec sérieux. Pour commencer , voici des asperges italiennes, jambon de parme artisanal, chapelure de pain et vinaigrette aux agrumes. Ensuite tagliatelle maison, courgettes, fèves de Carpino, herbes fraîches, noisettes bio du Piémont et ricotta salé des Pouilles ou alors ce carpaccio de boeuf (race rouge Trentino), pousses maraichères, tomate pachino, pistaches de Bronte (Sicile) et parmesan de 24 mois…C’est franchement bon, pas donné mais vue la fougue du patron, Pietro Russano (ex-Rino), il est difficile de plisser du nez. Mieux vaut laisser ce dernier survoler les vins au pourpre profond. Comptez 35€.

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07 03 16
Paris. Faut il aller vers l

Paris. Faut il aller vers l’Inconnu ?

Parfois, il faut se pencher sur un restaurant comme on le ferait avec un coeur discret. Il faut aller chercher son sens, son battement. Voici donc dans une rue distante du 7eme, une table absorbée dans un pan de mur.Il s’appelle l’Inconnu, comme s’il fallait encore plus rentre mystérieux une équation subtile: un chef Japonais (Kofi Higaki: ex- Passage 53) réalisant une cuisine italienne. Vous pigez? Certains vont sursauter, faisons-les maintenant tomber de l’armoire: ce chef japonais ne va pas s’embarquer dans une cuisine expressionniste façon romaine (ou Osaka, si vous préférez) mais plutôt subtile style brumes vénitiennes (Kyoto style) sans esbroufe; ni verticalité. Pire encore pour les amateurs de sensations fortes, Koji Higaki sait s’arrêter dans un plat. Voici une cuisine , accueillante, douce, ne blessant personne. Capisci ? Wakarimashita ka ? Compris? Maintenant, vous pouvez grimper dans cette embarcation et atteindre des rives étonnantes comme ce rouget et ses écailles frites, jus de palourde, olives vertes et câpres. Il y a bien sur des pâtes avec des légumes verts d’hiver: komatsuna (région est de Tokyo) et mibuna (Kyoto)en écho à ses cousins de saison d’Italie: brocoletti, agretti, puntarelle…On le voit, il ne s’agit pas de mariage (notion nouvellement caduque en cuisine) mais d’une juxtaposition d’images proches; chacun opérant alors avec sa boite à outils. Le décor du restaurant n’est pas folichon. Il y a même pour les amateurs de clins d’oeil, une horrible armoire à vins, rappelant ce qui nous enchante souvent dans les tables italiennes, ce mauvais gout cocasse et bon enfant.Une expérience, un voyage.

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26 02 16
Paris. Baretto, viser juste...

Paris. Baretto, viser juste…

Il y a des restaurants comme celui qu’il faut manier avec précaution. D’abord, on passe devant sans même y prendre garde. Vous êtes dans le Huitième arrondissement de Paris, prospère et discret. Les concepteurs de ces tables visent donc une clientèle un peu volage, vite lassée qu’il faut capter avec maestria. C’est souvent très cher, histoire d’interposer un filtre social. Grosso modo: hors de question qu’une directrice puisse y rencontre son assistant (et vice versa). Ou alors à sa propre table. Pour le reste, si l’on verse dans le traditionnel entrée/plat/dessert, logiquement on en ressort la carte de crédit carbonisée (style 100€ par personne).Il s’agit donc de faire comme l’abeille: piquer vite et se retirer. Le plat du jour: des pappardelle au civet de lièvre furent éblouissantes, profondes et magnifiquement assaisonnées. Il faudra alors à avoir la sagesse de se replier bagages, ravi et fort heureux. Quitte à boulotter un pain au chocolat dans l’après midi. Service de haute volée en principe compréhensif, clientèle rembourrée.  Menu d’affaires à partir de 45 €.

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23 12 15
Paris. Bocca Rossa , si seulement...

Paris. Bocca Rossa , si seulement…

Sincèrement, on voudrait tous avoir ce genre de restaurant au pied de chez soi. On accepterait presque les parfums de lasagne dans la cage d’escalier, l’odeur du café, le <bon giorno !» dans la foulée. Pas la grande table à prix arrogants, ni la pt’ite table bâclée, un vrai bon petit restaurant italien avec de la réserve sous le pied. Il a été conçu il y a quelques mois par le Sylvain Sendra (Itinéraires, juste à côté, extra!) épaulé par un cuisinier de Vérone ( Gianmarco Gorni). Assiettes bien percutées à l’instar de ce ragoût de seiche et pasta al coltello, jus de citron ou encore ces ravioli maison mortadelle et palourdes (bouillon de légumes). Dans ces cas là, on tend le « piège » imparable du tiramisu. Réponse cinglante aux dubitatifs, assénée comme une petite beigne amicale: imper, comme à la maison. Onctueux et généreux.  Ambiance cosy. Comptez 30-40€.

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09 10 15
Paris. Onestéria, faut s

Paris. Onestéria, faut s’accrocher avant d’adorer…

L’Oenosteria, faussement discrète

Dans la petite rue étroite donnant sur le boulevard Saint germain, il y a bien sur la fameuse Casa Bini , régulière, prévisible à l’instar d’une clientèle fidèle, bourgeoise et venue en voisins. Il y a là comme un rite immuable. si vous cherchez un peu plus de fantaisie et tout autant d’Italie, il vous suffit d’allonger le pas et de gagner l’annexe de la maison.

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30 06 15
Paris. Tiens, je ne connaissais pas ce sarde: Il Fico !

Paris. Tiens, je ne connaissais pas ce sarde: Il Fico !

C’est drôle de découvrir des adresses que l’on n’avait pas notées. Il doit y en avoir des tonnes de la sorte. Paris est peuplée de restaurants. Dans une même rue, des tables à n’en plus finir. C’est ainsi que j’ai découvert ce petit restaurant sarde .

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04 05 15
Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi , il faut que je déglingue...

Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi , il faut que je déglingue…

Carpaccio, vraiment ?

Le bonheur des grands hôtels, c’est bien souvent leur façon de se dédoubler, de multiplier les coins, les tables, les atouts comme dans un joli mouvement jazzy avec rythmique à contre temps. Le Royal Monceau doit faire partie de ces palaces malins et avisés. Aussi, en réservant au Carpaccio, la table italienne de renom, on pense avoir trouvé la vraie botte secrète. D’autant qu’il faut cheminer dans l’hôtel, passer devant le bar et puis retrouver une salle avenante.

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05 04 15
Le cousin : TAVERNA

Le cousin : TAVERNA

On peut avoir envie d’autre chose que de poisson fumé dans une ville du Nord. L’Italien est sans doute la cuisine qui finit toujours par nous revenir en tête comme un air de musique qui nous manque. Celui-ci est vraiment recommandable: Taverna.

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03 03 15
Paris. Grimpons à l

Paris. Grimpons à l’Etage !

Récemment pour M, le supplément du Monde, je me suis rendu au restaurant italien, l’Etage. Voici mon sentiment…

C‘est le genre d’adresse qui vous trotte dans la tête. Tout simplement parce qu’elle est adorablement planquée et pourrait figurer dans la famille des speakeasies parisiens, ces fameux bars dissimulés derrière des façades anodines ou des doubles portes secrètes. Ce « clandé », lui, parle (bien) italien, il est logé juste au-dessus d’une épicerie transalpine du quartier Buci.

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