29 04 16
Paris. Restaurant Champeaux. Tiens, il m

Paris. Restaurant Champeaux. Tiens, il m’arrive de me planter ..

C’est un peu stupide, mais j’aurais dû faire un peu plus attention en commandant. Ce soir- là, il faut dire que j’étais troublé comme à chaque fois que je dîne avec mon fils adoré. j’ai la tête ailleurs et lorsqu’on est venu prendre la commande, j’ai choisi à la hâte, le plat du jour. Celui ci n’avait pas franchement grand intérêt, une fricassée de volaille jaune sans relief. J’aurais dû aller gratter ailleurs, à la carte, prendre un soufflé, je ne sais pas…
Mais bon, comment allais- je m’en tirer pour écrire ce papier? L’appuyer sur ce plat quelconque? Bah, les frites étaient si bonnes, le café liégeois un brin vicieux; le service impeccable; le lieux spectaculaire, la population des Halles toujours fascinante. J’ai alors replié mes gaules, la soirée avait été délicieuse.

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26 04 16
Paris. Mon Coeur bat toujours..

Paris. Mon Coeur bat toujours..

Disposant d’une insolente exposition sur Paris et le parc de Belleville, déployant une terrasse baignée de soleil, logiquement, ce genre d’adresse pourrait se tourner les pouces, faire sonner le tiroir caisse et digérer cyniquement une rente de situation, grand classique parisien. Pourtant, c’en est même déconcertant, au déjeuner, l’assiette tourneboule, actionne, pivote. Elle déploie un vrai raffut: risotto aux champignons, picanha ibérique de boeuf, conchiglioni, farce aux champignons, sauce mornay et roquette. Ou encore ce maquereau revenu dans ses méandres bleutées. Il y a là un travail de tous les instants, un vrai harcèlement de l’intitulé. On pourrait penser que tout ce travail perdrait son souffle le dessert venu. Et bien non, ça continue de grimper avec ce semblant de tarte au citron meringuée (plus spectaculaire que pointue) ou cette mousse au chocolat marbré un chouia trop intrusive. Service variant les humeurs, mais bonne tenue générale. Clientèle en roue libre, panorama increvable.

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12 04 16
Paris. Soya, que la lumière soit ...

Paris. Soya, que la lumière soit …

Paris, Soya

Soya, que la lumière soit…

Lorsque l’on pousse la porte de ce restaurant esseulé dans une arrière rue de la République, on a l’impression d’entrer en douceurs, dans le continent calme de la gastronomie. Pas d’assauts caloriques, ni tentations bovines , mais du tofu, boulgour, quinoa, végétal à tout va. Du reste, on l’aura deviné, la clientèle en épouse les contours avec un rapport plus molletonné à la nourriture, une sorte de paix des braves aux fumets maternants: couscous royal au quinoa, caviar végétal aux fines herbes et pesto, lasagnes et crudités, hommous au dukkah, veloutés du jour…C’est parfois tellement doux, tellement bon qu’on en ferait illico des serments, on se battrait la coulpe au dessus d’un crumble, un tofu soyeux. Mais las, la ville reprend son emprise, ses embrassades de gras double et de plats de Huns. Formules à partir de 15€. 

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11 04 16
Paris. L

Paris. L’Amarante, juste l’essentiel !

Christophe Philippe tenait un bistrot délicieux sur la Montagne Sainte Geneviève. Délicieux, mais sinistre d’accueil. Il fallait presque remonter le moral du serveur. En déménageant, le chef n’a pas oublié sa formidable cuisine, mais il a tenu a garder cependant  par coquetterie , une petite touche tristounette avec un non- décor accablant. La vitrine est austère et  revendique en toutes lettres une cuisine « de France ». Certes. Il est fort possible de passer royalement à côté de cette cuisine qui ne procède pas de l’effet, ça non ! Ses plats jouent dans le minimalisme, du style qui m’aime me suive. Ne vous attendez donc pas à des assiettes en ronds de jambe et courbettes poudrées. Non, c’est du brut. Mais en même temps d’une incroyable finesse. Voici donc la sole de petit bateau. Elle est étêtée, ébarbée, équeutée puis rôtie. La cuisson est d’une incroyable précision et cette assiette qui nous apparaissait guère sexy dans sa présentation (flanquée d’allumettes de pois chiches), disposé sans aucune amabilité, s’avère grandiose dans son épure, son jus, sa définition. Il faudra donc venir ici le coeur en habit et débarrassé de l’air du temps. La cuisine de Christophe Philippe ne donne pas seulement dans le poisson, elle est surtout réputée pour être fortiche dans les plats dodus (limite grassouillets):  canard de Challans, gigot d’agnelle du Limousin « cuit très longtemps »; cochon des Aldudes (l’échine poêlé, mousseline de céleri rave), boeuf gras « d’exception ». La clientèle est au diapason et ne semble pas s’y être fourvoyée, ce qui garantit une belle énergie de cette adresse, subtilement activée par un maitre d’hôtel hors pair, subtil et facétieux, Mouloud Haddaden. Bien joué. 

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29 03 16
Paris. La Cave Paul Bert, la bonne donne

Paris. La Cave Paul Bert, la bonne donne

La Cave du Paul Bert, fringuant !

L’appétit est un drôle d’oiseau. Il est fantasque. Il ne fonctionne pas comme une horloge. Parfois, il s’envole, voudrait rejoindre les dieux. Ne pas manger. Gagner les cieux. C’est pour cela que l’on croise dans la rue ces drôles de dîneurs qui effleurent les assiettes, boivent un verre, s’en repartent, restent en terrasse, grignotent. En fait, ils évitent les restaurants, leur scénographie et la confiscation du temps. Ils sont perçus comme des pièges assis et rythmés par le chef. Voila pourquoi éclosent à tour de manivelles, des petits points d’ancrages qui, mine de rien, captent ces appétits volages, capricieux et soudainement voraces. Ces caves à vins, à manger, comme celle du Paul Bert, récemment ouverte, sont de drôles d’ovnis avec des plats miniatures, des ardoises estompées pour surtout ne pas effrayer le client.Il n’y a ni serviette, ni vraiment de chaises, ni de tables. Parfois des tabourets, des comptoirs, des étagères larges comme une soucoupe.  Le gros avantage, c’est que l’on peut descendre de voiture comme on veut.  Pour un non, pour un oui. C’est une sorte de marelle assénant des assiettes nickels:  oeuf mayonnaise à la truffe (8€), tête de veau aïoli anchois; carpaccio de carrelet-leche del tigre-radis(8€); petit pigeon laqué miel et betterave (12€). vous voyez, les intitulés sont bigrement sioux, les assiettes promptes et bon marché. Le vin au verre est affuté; l’ambiance détendue, la convivialité souple. Finalement, on se fait très vite à ces nouvelles moeurs joliment tactiles où le client est redevenu roi. enfin.

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25 03 16
Paris. Zebulon, bien bon !

Paris. Zebulon, bien bon !

L’avisé restaurant Pirouette (dans les Halles) avait tout de suite pigé qu’il tenait le bon filon: de belles bouteilles à prix calmes, une cuisine délurée et un accueil amical. Voici dons la réplique plutôt réussie déposée au tout début de la rue de Richelieu, près de la Comédie Française, en lieu et place d’une table historique (chez Pierre). L’accueil est toujours juvénile et enthousiaste, les vins au rendez vous. La cuisine fut ce soir là excellente à l’instar d’une assiette de légumes « crosnes, baies et sauce saté » incisive à souhait. Le pigeon bénéficiait d’une cuisson impeccable. Ambiance un peu surlignée par une mauvaise insonorisation du restaurant mais bon sang, l’ensemble est plus que valable. Comptez 40-50€.

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21 03 16
Paris. Bob

Paris. Bob ‘s Kitchen, souhaitez vous vous réconcilier avec vous ?

Bob’s Kitchen, et si on essayait pour de bon

Vous devriez tenter cette immersion. Ca fait bizarre. Mais un bien fou. On a l’impression d’être un héros. Pour son propre corps s’entend. De lui faire une bonne action. D’être doux et compréhensif. Aimant. Sans doute vous n’allez pas aimer, car c’est plein, ça cause, ça jacte, ça fait la queue. On est au coude à coude. Sauf que c’est très agréable lorsque c’est celui de Cecile Cassel, de Nicolas Saada. On peut même leur parler. Demander le sel. Quel sera son prochain film, son prochain morceau. Ici, c’est Bob Kitchen’s, dans le Marais. Les bobines sont extra. Souvent des jolies filles venir entretenir la platitude leur ventre, des coursiers, des hipsters, des égéries, des maudits et des maudites. Bref, cette ville que nous adorons avec ces regards, des silhouettes. Elles se dressent, telles des madones, d’un tabouret de bois; des chéris essorés par la pluie, des plantes grasses, des haricots secs. A la limite, ils pourraient basculer dans une assiette qu’on les fourchetterait distraitement. Les nourritures ici, on l’aura compris sont clémentes, bio, organiques. Elle parlent végétaux, racines avec notamment ce veggie stew, mêlant adorablement riz rond, légumes sautés et sauce de curry vert (ou saté, ou miso). Elles prononcent des plats à quatre syllabes: futomaki ; un maki devenu un tube et contenant riz complet, avocat, mangue, radis mariné, crudités. Cela peut devenir aussi délicieux comme le macaron au chocolat et macha, ou encore le cheesecake, les smoothies verts. Vous verrez, cela risque de modifier voter façon d’aller au restaurant et qui sait, modifier notre étrange rapport au corps…

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08 03 16
Paris. Les Provinces, s

Paris. Les Provinces, s’attabler dans une boucherie…

Lorsqu’on remonte le marché d’Aligre, les étales se succèdent les unes aux autres avec un mimétisme déconcertant; et pour tout dire désolant. Il faut aller vers la halle Beauveau pour remonter en intérêt. On ne voit guère en deuxième rideau, les boutiques diverses et c’est dommage, car c’est ici que se situe l’excellente boucherie de Christophe Dru, louchebem de père en fils, formé également par Michel Brunon, boucher phare de la halle. Autant dire que l’on ne rigole pas avec la viande, c’est du grand art par chance déroulé en coin restaurant, à même la boutique , tout contre la chambre froide. Quelques tables et bien entendu des assiettes bien solides écumant de salade et de pommes de terre sautées: onglet, ris de veau, andouillette, côte de porc gigot d’agneau. Il est même possible de choisir soi- même sa viande moyennant un droit de cuisson (9,80€). Clientèle débonnaire et ravie, ambiance très plaisante dans une complicité de quartier. Comptez 25€.

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07 03 16
Paris. Faut il aller vers l

Paris. Faut il aller vers l’Inconnu ?

Parfois, il faut se pencher sur un restaurant comme on le ferait avec un coeur discret. Il faut aller chercher son sens, son battement. Voici donc dans une rue distante du 7eme, une table absorbée dans un pan de mur.Il s’appelle l’Inconnu, comme s’il fallait encore plus rentre mystérieux une équation subtile: un chef Japonais (Kofi Higaki: ex- Passage 53) réalisant une cuisine italienne. Vous pigez? Certains vont sursauter, faisons-les maintenant tomber de l’armoire: ce chef japonais ne va pas s’embarquer dans une cuisine expressionniste façon romaine (ou Osaka, si vous préférez) mais plutôt subtile style brumes vénitiennes (Kyoto style) sans esbroufe; ni verticalité. Pire encore pour les amateurs de sensations fortes, Koji Higaki sait s’arrêter dans un plat. Voici une cuisine , accueillante, douce, ne blessant personne. Capisci ? Wakarimashita ka ? Compris? Maintenant, vous pouvez grimper dans cette embarcation et atteindre des rives étonnantes comme ce rouget et ses écailles frites, jus de palourde, olives vertes et câpres. Il y a bien sur des pâtes avec des légumes verts d’hiver: komatsuna (région est de Tokyo) et mibuna (Kyoto)en écho à ses cousins de saison d’Italie: brocoletti, agretti, puntarelle…On le voit, il ne s’agit pas de mariage (notion nouvellement caduque en cuisine) mais d’une juxtaposition d’images proches; chacun opérant alors avec sa boite à outils. Le décor du restaurant n’est pas folichon. Il y a même pour les amateurs de clins d’oeil, une horrible armoire à vins, rappelant ce qui nous enchante souvent dans les tables italiennes, ce mauvais gout cocasse et bon enfant.Une expérience, un voyage.

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23 02 16
Paris. Frenchie to Go? Go !

Paris. Frenchie to Go? Go !

Si vous venez dans ce haut de page, c’est non sans raison. Il y a toujours un pot de miel planqué. Cette fois ci, nous voici dans la rue du Nil, non point à l’adresse phare le Frenchie, bastion inréservable de la gastronomie trendy, mais plutôt dans l’annexe à côté, sorte de fast food de luxe. Sauf que ce n’est pas absolument snob (les portions sont trop impérieuses). La clientèle, c’est toujours assez sympathique, sait exactement ce qu’elle veut. Elle tape droit dans le buffet. Sandwiches enthousiasmants au pain de damné: pulled pork sandwich avec un pain brioché de Gontran Cherrier, ou encore un roasted chicken sandwich à hennir d’appétit. Lorsque l’hiver est là, les fumets sortent de tous les côtés (quasiment des oreilles). Cappuccino de compétition pour couronner le tout. Cheesecake pour les dévastés. Comptez 15€. Tous les jours, non-stop de 8h30 à 16h30 (9h30 à 17h30 samedi et dimanche).

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