24 08 16
Paris. Miss Marple reçoit

Paris. Miss Marple reçoit

Ouvert il y a peu, ce genre d’adresses est déjà au garde à vous, nickel dans ses argenteries, profond dans ses banquettes, doux dans ses velours bleu canard et finalement assez discret  sur cette avenue de la Motte-Picquet. Il faut dire qu’à la baguette, il y avait ce jour là, Marie France Cohen (la cofondatrice de Bonpoint et Merci) et sa belle soeur, Martine. « Souriez, disait discrètement la première à l’une des employées déjà irradiante, lorsqu’on est fier de travailler pour une belle marque! ». C’est résumé un peu l’ambition travaillée à la roquette, fenouil, quinoa et grenade, d’un salon de thé voué au bien être de votre corps avec des plats du jour sensés et pensés . Il y a là bien entendu des jus de frais de céleri, persil, pomme, fenouil, orange, pomme, gingembre ( 9€ tout de même), des tartes  (sucrées et salées) du jour délicieuses. Le lieu est idéal pour le faux-exercice parisien par excellence (le brunch: 35€), mais sincèrement, face à ce déploiement hautement appliqué, il serait injuste de chicaner même si cela fait partie des moeurs de la ville. Comptez 35-40 euros par personne.

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08 07 16
Paris. Mazeh, le goût iranien...

Paris. Mazeh, le goût iranien…

On est presque dans le Little Téhéran de Paris tant les expatriés et les commerces iraniens sont nombreux ici. Autant dire également que si l’on se revendique comme tel, pour un restaurant, il s’agit d’être à la hauteur, dans la note et le répertoire. Certes le lieu n’est pas franchement sexy, il serait plutôt fonctionnel, mais très vite vous allez trouver un autre confort, celui d’une carte joliment bien tournée avec des appels de partout. Vous verrez, chose assez rare dans une carte, à toutes les lignes, il y a une invitation. Car Mazeh (« goût » en persan) tient à être fidèle à lui même:  pain lavash, dans la crème d’aubergine au yaourt et le concassé d’ail sauvage aux herbes; plats de viandes mijotées au céleri, lentilles jaunes ou aux noix et citrons séchés, accompagnés de riz basmati au safran, aux fruits secs ou aux fèves. Ou tout simplement, ce jarret de veau avec son riz fèves et aneth. La glace à la rose est hautement recommandée. Service, on l’aura deviné, adorable. Comptez 20-30€.

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06 07 16
Paris. Ritz, la Cosmétique du rêve...

Paris. Ritz, la Cosmétique du rêve…

Une soirée au Ritz, c’est irrésistible. Il est 19h30, on se presse à l’entrée. La porte tourne son tambour, ventile la mémoire, laisse resurgir  les songes d’un palace inimitable. Sur les marches, un responsable de la réception met toute sa concentration à rappeler au jeune voiturier l’importance des arrivées: « Quand le client arrive, dit il avec solennité, il faut aller l’accueillir ». Ca tombe bien, pendant son explication articulée, un couple très élégant sort d’un taxi. Personne pour ouvrir les portières, les accueillir et les saluer. La soirée peut commencer avec ce genre de gag digne d’une comédie américaine  Car, jouer le Ritz est une partition très délicate à interpréter. Il faut balancer d’un siècle à l’autre, comme on le ferait sur un rocking-chair.  Garder, semble-t-il, les manières ampoulées, l’excellence, tout en distillant une touche humaine chaleureuse; être là, sans être trop proche non plus. Tout savoir, mais surtout ne pas trop la ramener, comme une sommellerie joliment à côté de la plaque. Jouer le Ritz, c’est donner de la France, du Paris, façon Woody Allen, avec un air de clarinette penchée, la place Vendôme, Fred Astaire, chanter sous la pluie, Chanel. C’est la vie, quoi. Après quatre ans de travaux, le superbe paquebot reprend vie. Tout a été refait et c’est franchement impressionnant. L’impression de se glisser dans l’intérieur d’une limousine fraîchement retendue de cuir. Le restaurant l’Espadon joue une carte majeure. S’agit de retrouver les étoiles avec l’arrivée de Nicolas Sale (ex-Kilimandjaro, à Courchevel) ; frapper un grand coup sans trop estourbir; illuminer sans trop éblouir. Exister sans trop claironner, se rapprocher de la « perfection » sans trop la tourmenter. Débrouillez-vous avec cela. La réservation fut déjà épique avec une heure presqu’imposée (19h) et la recommandation un brin insistante de prendre l’apéritif sur la terrasse. On sent alors que le chef veut prendre possession de l’espace et du temps. Etirer ce dernier avec un défractionnement de ses plats avec des « appâts » en avant-bouche, façon d’ouvrir l’appétit (comme si celui ci n’était pas déjà ouvert) et justifier, au passage, des prix joyeusement cinglants à hennir d’effroi. Les plats furent honorables, fort bien exécutés dans un classicisme un brin actuel. Le service avait la fébrilité des adolescents quand ils font l’amour pour la première fois. Mais l’ensemble reste très émouvant avec le ballet des cloches, l’émotion palpable, la cuisine comme une cosmétique. Le Ritz lui semble rêver tout là haut comme un bouddha indulgent et malicieux.  Un peu ailleurs, et c’est sans doute cela qui nous attire dans ce Ritz et ses fantômes.

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21 06 16
Paris. Bichat, simple comme bonjour

Paris. Bichat, simple comme bonjour

Il est vrai que dans la rue Bichat, non loin du canal Saint Martin, la pression touristique est tombée d’un coup. On en oublierait presque ce tronçon de rue, à deux pas de l’hôpital Saint Louis. Pourtant, voici une adresse de quartier par excellence, lancée il y a quelques temps par Augustin Legrand, acteur, militant pour le droit au logement. Il est là du reste ce midi en train de manipuler les portes d’entrées pour  laisser entrer les beaux jours. Ici, ce sera donc une table d’hôte bio et militante. On commande, on laisse son prénom, on becquette et l’on rapporte sa vaisselle. Tout le monde ici accepte non sans déplaisir cette convivialité bonhomme et bonne femme. Les plats sont copieux, pas chers alternent les riz blancs que l’on associe aux poissons, viandes, ou veggie. Il y aussi le jus de carottes, la limonade au gingembre (se servir). Et voila. Inutile cependant de traverser toute la ville pour faire des économies. Comptez  15 euros.

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01 06 16
Paris. Wild & the Moon. Léger, si léger, tellement léger...

Paris. Wild & the Moon. Léger, si léger, tellement léger…

Le lieu est parfait dans sa position planquée; l’alibi de la discrétion, de l’entre soi et entre deux devantures, une petite ruche bio emplie d’une clientèle veggie. Autant dire que tout est adorable, et même les boissons détoxiquantes gardent un sang froid de dingo en s’affichant si trendy dans un coloris gris Dior. Les plats du jour ont le ventre rentré à l’instar d’un curry au navet, pomme de terre, lentilles, carottes, ail, gingembre, épinard, coriandre, noix de coco. On a l’impression d’être bon avec la terre, soi et les autres. D’être son nouvel héros. Sauf que c’est tout de même un peu cher: 26,50€ pour une personne avec deux boissons, et que le goût reste un peu fade.  Dans cet univers vertueux en diable, on peut être également tenté par le petit déjeuner (cela ouvre dès 8 heures le matin) et son pudding au lait d’amandes, graines de chia, fleur d’oranger, sirop d’érable, vanille, huile de coco (6,50€). En fait, l’adresse en devient si légère qu’elle en ressort dispensable.

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29 04 16
Paris. Restaurant Champeaux. Tiens, il m

Paris. Restaurant Champeaux. Tiens, il m’arrive de me planter ..

C’est un peu stupide, mais j’aurais dû faire un peu plus attention en commandant. Ce soir- là, il faut dire que j’étais troublé comme à chaque fois que je dîne avec mon fils adoré. j’ai la tête ailleurs et lorsqu’on est venu prendre la commande, j’ai choisi à la hâte, le plat du jour. Celui ci n’avait pas franchement grand intérêt, une fricassée de volaille jaune sans relief. J’aurais dû aller gratter ailleurs, à la carte, prendre un soufflé, je ne sais pas…
Mais bon, comment allais- je m’en tirer pour écrire ce papier? L’appuyer sur ce plat quelconque? Bah, les frites étaient si bonnes, le café liégeois un brin vicieux; le service impeccable; le lieux spectaculaire, la population des Halles toujours fascinante. J’ai alors replié mes gaules, la soirée avait été délicieuse.

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26 04 16
Paris. Mon Coeur bat toujours..

Paris. Mon Coeur bat toujours..

Disposant d’une insolente exposition sur Paris et le parc de Belleville, déployant une terrasse baignée de soleil, logiquement, ce genre d’adresse pourrait se tourner les pouces, faire sonner le tiroir caisse et digérer cyniquement une rente de situation, grand classique parisien. Pourtant, c’en est même déconcertant, au déjeuner, l’assiette tourneboule, actionne, pivote. Elle déploie un vrai raffut: risotto aux champignons, picanha ibérique de boeuf, conchiglioni, farce aux champignons, sauce mornay et roquette. Ou encore ce maquereau revenu dans ses méandres bleutées. Il y a là un travail de tous les instants, un vrai harcèlement de l’intitulé. On pourrait penser que tout ce travail perdrait son souffle le dessert venu. Et bien non, ça continue de grimper avec ce semblant de tarte au citron meringuée (plus spectaculaire que pointue) ou cette mousse au chocolat marbré un chouia trop intrusive. Service variant les humeurs, mais bonne tenue générale. Clientèle en roue libre, panorama increvable.

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12 04 16
Paris. Soya, que la lumière soit ...

Paris. Soya, que la lumière soit …

Paris, Soya

Soya, que la lumière soit…

Lorsque l’on pousse la porte de ce restaurant esseulé dans une arrière rue de la République, on a l’impression d’entrer en douceurs, dans le continent calme de la gastronomie. Pas d’assauts caloriques, ni tentations bovines , mais du tofu, boulgour, quinoa, végétal à tout va. Du reste, on l’aura deviné, la clientèle en épouse les contours avec un rapport plus molletonné à la nourriture, une sorte de paix des braves aux fumets maternants: couscous royal au quinoa, caviar végétal aux fines herbes et pesto, lasagnes et crudités, hommous au dukkah, veloutés du jour…C’est parfois tellement doux, tellement bon qu’on en ferait illico des serments, on se battrait la coulpe au dessus d’un crumble, un tofu soyeux. Mais las, la ville reprend son emprise, ses embrassades de gras double et de plats de Huns. Formules à partir de 15€. 

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11 04 16
Paris. L

Paris. L’Amarante, juste l’essentiel !

Christophe Philippe tenait un bistrot délicieux sur la Montagne Sainte Geneviève. Délicieux, mais sinistre d’accueil. Il fallait presque remonter le moral du serveur. En déménageant, le chef n’a pas oublié sa formidable cuisine, mais il a tenu a garder cependant  par coquetterie , une petite touche tristounette avec un non- décor accablant. La vitrine est austère et  revendique en toutes lettres une cuisine « de France ». Certes. Il est fort possible de passer royalement à côté de cette cuisine qui ne procède pas de l’effet, ça non ! Ses plats jouent dans le minimalisme, du style qui m’aime me suive. Ne vous attendez donc pas à des assiettes en ronds de jambe et courbettes poudrées. Non, c’est du brut. Mais en même temps d’une incroyable finesse. Voici donc la sole de petit bateau. Elle est étêtée, ébarbée, équeutée puis rôtie. La cuisson est d’une incroyable précision et cette assiette qui nous apparaissait guère sexy dans sa présentation (flanquée d’allumettes de pois chiches), disposé sans aucune amabilité, s’avère grandiose dans son épure, son jus, sa définition. Il faudra donc venir ici le coeur en habit et débarrassé de l’air du temps. La cuisine de Christophe Philippe ne donne pas seulement dans le poisson, elle est surtout réputée pour être fortiche dans les plats dodus (limite grassouillets):  canard de Challans, gigot d’agnelle du Limousin « cuit très longtemps »; cochon des Aldudes (l’échine poêlé, mousseline de céleri rave), boeuf gras « d’exception ». La clientèle est au diapason et ne semble pas s’y être fourvoyée, ce qui garantit une belle énergie de cette adresse, subtilement activée par un maitre d’hôtel hors pair, subtil et facétieux, Mouloud Haddaden. Bien joué. 

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29 03 16
Paris. La Cave Paul Bert, la bonne donne

Paris. La Cave Paul Bert, la bonne donne

La Cave du Paul Bert, fringuant !

L’appétit est un drôle d’oiseau. Il est fantasque. Il ne fonctionne pas comme une horloge. Parfois, il s’envole, voudrait rejoindre les dieux. Ne pas manger. Gagner les cieux. C’est pour cela que l’on croise dans la rue ces drôles de dîneurs qui effleurent les assiettes, boivent un verre, s’en repartent, restent en terrasse, grignotent. En fait, ils évitent les restaurants, leur scénographie et la confiscation du temps. Ils sont perçus comme des pièges assis et rythmés par le chef. Voila pourquoi éclosent à tour de manivelles, des petits points d’ancrages qui, mine de rien, captent ces appétits volages, capricieux et soudainement voraces. Ces caves à vins, à manger, comme celle du Paul Bert, récemment ouverte, sont de drôles d’ovnis avec des plats miniatures, des ardoises estompées pour surtout ne pas effrayer le client.Il n’y a ni serviette, ni vraiment de chaises, ni de tables. Parfois des tabourets, des comptoirs, des étagères larges comme une soucoupe.  Le gros avantage, c’est que l’on peut descendre de voiture comme on veut.  Pour un non, pour un oui. C’est une sorte de marelle assénant des assiettes nickels:  oeuf mayonnaise à la truffe (8€), tête de veau aïoli anchois; carpaccio de carrelet-leche del tigre-radis(8€); petit pigeon laqué miel et betterave (12€). vous voyez, les intitulés sont bigrement sioux, les assiettes promptes et bon marché. Le vin au verre est affuté; l’ambiance détendue, la convivialité souple. Finalement, on se fait très vite à ces nouvelles moeurs joliment tactiles où le client est redevenu roi. enfin.

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