07 03 16
Paris. Faut il aller vers l

Paris. Faut il aller vers l’Inconnu ?

Parfois, il faut se pencher sur un restaurant comme on le ferait avec un coeur discret. Il faut aller chercher son sens, son battement. Voici donc dans une rue distante du 7eme, une table absorbée dans un pan de mur.Il s’appelle l’Inconnu, comme s’il fallait encore plus rentre mystérieux une équation subtile: un chef Japonais (Kofi Higaki: ex- Passage 53) réalisant une cuisine italienne. Vous pigez? Certains vont sursauter, faisons-les maintenant tomber de l’armoire: ce chef japonais ne va pas s’embarquer dans une cuisine expressionniste façon romaine (ou Osaka, si vous préférez) mais plutôt subtile style brumes vénitiennes (Kyoto style) sans esbroufe; ni verticalité. Pire encore pour les amateurs de sensations fortes, Koji Higaki sait s’arrêter dans un plat. Voici une cuisine , accueillante, douce, ne blessant personne. Capisci ? Wakarimashita ka ? Compris? Maintenant, vous pouvez grimper dans cette embarcation et atteindre des rives étonnantes comme ce rouget et ses écailles frites, jus de palourde, olives vertes et câpres. Il y a bien sur des pâtes avec des légumes verts d’hiver: komatsuna (région est de Tokyo) et mibuna (Kyoto)en écho à ses cousins de saison d’Italie: brocoletti, agretti, puntarelle…On le voit, il ne s’agit pas de mariage (notion nouvellement caduque en cuisine) mais d’une juxtaposition d’images proches; chacun opérant alors avec sa boite à outils. Le décor du restaurant n’est pas folichon. Il y a même pour les amateurs de clins d’oeil, une horrible armoire à vins, rappelant ce qui nous enchante souvent dans les tables italiennes, ce mauvais gout cocasse et bon enfant.Une expérience, un voyage.

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26 02 16
Paris. Baretto, viser juste...

Paris. Baretto, viser juste…

Il y a des restaurants comme celui qu’il faut manier avec précaution. D’abord, on passe devant sans même y prendre garde. Vous êtes dans le Huitième arrondissement de Paris, prospère et discret. Les concepteurs de ces tables visent donc une clientèle un peu volage, vite lassée qu’il faut capter avec maestria. C’est souvent très cher, histoire d’interposer un filtre social. Grosso modo: hors de question qu’une directrice puisse y rencontre son assistant (et vice versa). Ou alors à sa propre table. Pour le reste, si l’on verse dans le traditionnel entrée/plat/dessert, logiquement on en ressort la carte de crédit carbonisée (style 100€ par personne).Il s’agit donc de faire comme l’abeille: piquer vite et se retirer. Le plat du jour: des pappardelle au civet de lièvre furent éblouissantes, profondes et magnifiquement assaisonnées. Il faudra alors à avoir la sagesse de se replier bagages, ravi et fort heureux. Quitte à boulotter un pain au chocolat dans l’après midi. Service de haute volée en principe compréhensif, clientèle rembourrée.  Menu d’affaires à partir de 45 €.

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23 12 15
Paris. Bocca Rossa , si seulement...

Paris. Bocca Rossa , si seulement…

Sincèrement, on voudrait tous avoir ce genre de restaurant au pied de chez soi. On accepterait presque les parfums de lasagne dans la cage d’escalier, l’odeur du café, le <bon giorno !» dans la foulée. Pas la grande table à prix arrogants, ni la pt’ite table bâclée, un vrai bon petit restaurant italien avec de la réserve sous le pied. Il a été conçu il y a quelques mois par le Sylvain Sendra (Itinéraires, juste à côté, extra!) épaulé par un cuisinier de Vérone ( Gianmarco Gorni). Assiettes bien percutées à l’instar de ce ragoût de seiche et pasta al coltello, jus de citron ou encore ces ravioli maison mortadelle et palourdes (bouillon de légumes). Dans ces cas là, on tend le « piège » imparable du tiramisu. Réponse cinglante aux dubitatifs, assénée comme une petite beigne amicale: imper, comme à la maison. Onctueux et généreux.  Ambiance cosy. Comptez 30-40€.

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29 10 15
Paris. Certains ont des réserves, moi, pas franchement...Le Grand Colbert

Paris. Certains ont des réserves, moi, pas franchement…Le Grand Colbert

Grand Colbert, vraie brasserie

On se lamente à juste titre de la disparition des brasseries. Elles chutent lentement, glissent sur leur banquette de moleskine dans la nuit des temps, étouffées par des groupes malhabiles. Pourtant, le genre est toujours vivace ici et là. Juste quelques adresses suffisent à enchanter les touristes et les malins. Il suffit de les voir entrer rue Vivienne, basculer la tête, cadrer les six mètres de plafond, les fresques, les pilastres sculptés , le tout classé aux Monuments Historiques. On retrouve au Grand Colbert l’entrain parfois forcé des serveurs, une allégresse parisienne (paradoxale dans le milieu), et des plats dans leur faconde: la sole est généreuse dans son horizontale beurrée, les desserts ont du volume,les huîtres de l’iode. C’est surtout l’ambiance qui consacre une brasserie, en mélangeant les genres et le temps. Le répertoire ne louvoie pas, il présente les classiques attendus: tartare, entrecôte, blanquette de veau, pavé au poivre. Bref, sans être désobligeants, tout ce que les chefs n’aiment pas faire. Et que les clients adorent. Prix pas trop élevés, banquettes accueillantes. Comptez 40-50€, formule 18€ au déjeuner.

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09 10 15
Paris. Onestéria, faut s

Paris. Onestéria, faut s’accrocher avant d’adorer…

L’Oenosteria, faussement discrète

Dans la petite rue étroite donnant sur le boulevard Saint germain, il y a bien sur la fameuse Casa Bini , régulière, prévisible à l’instar d’une clientèle fidèle, bourgeoise et venue en voisins. Il y a là comme un rite immuable. si vous cherchez un peu plus de fantaisie et tout autant d’Italie, il vous suffit d’allonger le pas et de gagner l’annexe de la maison.

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04 05 15
Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi , il faut que je déglingue...

Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi , il faut que je déglingue…

Carpaccio, vraiment ?

Le bonheur des grands hôtels, c’est bien souvent leur façon de se dédoubler, de multiplier les coins, les tables, les atouts comme dans un joli mouvement jazzy avec rythmique à contre temps. Le Royal Monceau doit faire partie de ces palaces malins et avisés. Aussi, en réservant au Carpaccio, la table italienne de renom, on pense avoir trouvé la vraie botte secrète. D’autant qu’il faut cheminer dans l’hôtel, passer devant le bar et puis retrouver une salle avenante.

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03 03 15
Paris. Grimpons à l

Paris. Grimpons à l’Etage !

Récemment pour M, le supplément du Monde, je me suis rendu au restaurant italien, l’Etage. Voici mon sentiment…

C‘est le genre d’adresse qui vous trotte dans la tête. Tout simplement parce qu’elle est adorablement planquée et pourrait figurer dans la famille des speakeasies parisiens, ces fameux bars dissimulés derrière des façades anodines ou des doubles portes secrètes. Ce « clandé », lui, parle (bien) italien, il est logé juste au-dessus d’une épicerie transalpine du quartier Buci.

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25 09 14
Caffé Stern, tout de suite dans l

Caffé Stern, tout de suite dans l’arbre…

Il y a des adresses qui partent de la sorte: comme des flèches ! C’est le cas du tout nouveau Caffé Stern, la fameuse maison du graveur. Il faut dire aussi que sous la pédale, il y a du beau monde: David Lanher (Paradis, Vivant, Racines., Racines NYC..); Philippe Starck et surtout Massimiliano Alajmo (la Calandre, à Padoue).

Du coup, ce café à la milanaise frétille dans le vif argent. Le menu du déjeuner (35 euros) est scintillant, un peu trop crémeux en fait (c’est un peu de ma faute) , mais on en ressort étourdi, ravi.

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04 09 14
Que vaut Lili, au Peninsula de Paris ?

Que vaut Lili, au Peninsula de Paris ?

L’avantage des palaces en matière de restauration, c’est que la plupart du temps, ils évitent de se prendre les pieds dans la triple moquette. De ce côté là, on blinde un maximum, quitte à perdre un peu d’argent,  il en va de l’image de marque d’une adresse, voire de toute une chaîne. Aussi, logiquement, c’est bien rare de tomber sur des catastrophes. A une époque, le groupe Barrière était assez champion dans l’art de louper un restaurant (on se souvient encore des débuts du Diane, à Paris), mais les autres groupes bétonnent à mort. Aussi , c’est plutôt rassuré que je me suis rendu au Lili, table chinoise, du Peninsula. A part les réservations grotesques avec leur pathos du faux débordement, j’étais donc seul ce samedi au déjeuner, malgré les exhortations de l’hôtesse pour que je n’arrive pas plus tard que 12h15.

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