26 04 16
Paris. Mon Coeur bat toujours..

Paris. Mon Coeur bat toujours..

Disposant d’une insolente exposition sur Paris et le parc de Belleville, déployant une terrasse baignée de soleil, logiquement, ce genre d’adresse pourrait se tourner les pouces, faire sonner le tiroir caisse et digérer cyniquement une rente de situation, grand classique parisien. Pourtant, c’en est même déconcertant, au déjeuner, l’assiette tourneboule, actionne, pivote. Elle déploie un vrai raffut: risotto aux champignons, picanha ibérique de boeuf, conchiglioni, farce aux champignons, sauce mornay et roquette. Ou encore ce maquereau revenu dans ses méandres bleutées. Il y a là un travail de tous les instants, un vrai harcèlement de l’intitulé. On pourrait penser que tout ce travail perdrait son souffle le dessert venu. Et bien non, ça continue de grimper avec ce semblant de tarte au citron meringuée (plus spectaculaire que pointue) ou cette mousse au chocolat marbré un chouia trop intrusive. Service variant les humeurs, mais bonne tenue générale. Clientèle en roue libre, panorama increvable.

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25 04 16
Paris. Café Trama ? Bien envoyé !

Paris. Café Trama ? Bien envoyé !

Il doit y en avoir des centaines comme celui-ci, à  Paris. Un café qui fait le coin, une brave terrasse pour les cibiches, le comptoir comme un blason, le sol en carreaux de céramiques, la clientèle en effusion. On se plaint de leur disparition, pourtant, il en reste de solides et même magnifiques comme celui ci posté en plein Septième rugissant, un des plus réveillés à voir les clients se serrer sur les banquettes, lorgner sur l’ardoise du jour et dévaler des plats en roue libre. On sent alors dans ces moments là, toute l’énergie d’un lieu, ce fluide quasiment palpable entre des éléments volatiles: l’appétit des uns, le désir, la bonne volonté, le savoir faire des autres. C’est finalement un alliage rare. Parfois, il ne fonctionne pas, car il manque précisément une syllabe : un sourire dans le service, de la nonchalance en cuisine, ou encore l’appétit cabossé d’une clientèle pas à la hauteur. Certains arrondissements de Paris ont ainsi l’humeur taciturne, l’appétit terne, le pourboire misérable. Ici, l’allumage peut être instantané comme avec l’un des meilleurs croque-monsieur de Paris (pain Poujauran, sel au truffe), ou encore ce tartare au couteau toutes gencives dehors (gingembre et basilic), pommes de terre revenues dorées et bien assaisonnées. On devrait s’arrêter là lorsque la crème au citron accompagnée d’une meringue moelleuse a fait vaciller la compagnie plus que de raison…Qui plus est la carte des vins est fignolée par Paul Hayat (le Rouge et le Blanc). Pour le reste saint-jacques »de plongée », black angus, chair de tourteau en rémoulade, coeur de riz de veau croustillant, onctueuse crème au citron avec sa meringue fraîche. On l’aura compris ce n’est pas donné (30€), mais on n’est pas volé: ça rigole, ça jacte. Notre coeur de coeur du coin.

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14 04 16
Paris. Ca y est le Petit Keller de Kaori Endo est vraiment ouvert !!!

Paris. Ca y est le Petit Keller de Kaori Endo est vraiment ouvert !!!

Je suis allé dîner l’autre soir à la toute nouvelle adresse de Kaori Endo (ex Nanashi, Rose Bakery…) et franchement, si vous aimez les bonnes nourritures saines, les plats à partager (turbot rôti sur les arêtes;  poulette de la cour d’Armoise rôtie..)et une convivialité sonore, c’est l’endroit. Dans un décor années 60 (celui de l’ancien Petit Keller, revisité trendy) cette équipe toute fraîche et motivée fait passer paisiblement le message d’une cuisine délibérément décomplexée, mélangeant les méridiens et la bonne humeur. C’est franchement bon (hommous azuki, oeuf mollet mariné, légumes vapeur sauce anchois et parmesan, filet mignon tonkatsu…)et le tout appuyé par la sélection de Mikael de Crus et Découvertes. Bien également, les petits déjeuners avec pain de mie japonais, les saladiers proposés tout au long de la journée…

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12 04 16
Paris. Soya, que la lumière soit ...

Paris. Soya, que la lumière soit …

Paris, Soya

Soya, que la lumière soit…

Lorsque l’on pousse la porte de ce restaurant esseulé dans une arrière rue de la République, on a l’impression d’entrer en douceurs, dans le continent calme de la gastronomie. Pas d’assauts caloriques, ni tentations bovines , mais du tofu, boulgour, quinoa, végétal à tout va. Du reste, on l’aura deviné, la clientèle en épouse les contours avec un rapport plus molletonné à la nourriture, une sorte de paix des braves aux fumets maternants: couscous royal au quinoa, caviar végétal aux fines herbes et pesto, lasagnes et crudités, hommous au dukkah, veloutés du jour…C’est parfois tellement doux, tellement bon qu’on en ferait illico des serments, on se battrait la coulpe au dessus d’un crumble, un tofu soyeux. Mais las, la ville reprend son emprise, ses embrassades de gras double et de plats de Huns. Formules à partir de 15€. 

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29 03 16
Paris. La Cave Paul Bert, la bonne donne

Paris. La Cave Paul Bert, la bonne donne

La Cave du Paul Bert, fringuant !

L’appétit est un drôle d’oiseau. Il est fantasque. Il ne fonctionne pas comme une horloge. Parfois, il s’envole, voudrait rejoindre les dieux. Ne pas manger. Gagner les cieux. C’est pour cela que l’on croise dans la rue ces drôles de dîneurs qui effleurent les assiettes, boivent un verre, s’en repartent, restent en terrasse, grignotent. En fait, ils évitent les restaurants, leur scénographie et la confiscation du temps. Ils sont perçus comme des pièges assis et rythmés par le chef. Voila pourquoi éclosent à tour de manivelles, des petits points d’ancrages qui, mine de rien, captent ces appétits volages, capricieux et soudainement voraces. Ces caves à vins, à manger, comme celle du Paul Bert, récemment ouverte, sont de drôles d’ovnis avec des plats miniatures, des ardoises estompées pour surtout ne pas effrayer le client.Il n’y a ni serviette, ni vraiment de chaises, ni de tables. Parfois des tabourets, des comptoirs, des étagères larges comme une soucoupe.  Le gros avantage, c’est que l’on peut descendre de voiture comme on veut.  Pour un non, pour un oui. C’est une sorte de marelle assénant des assiettes nickels:  oeuf mayonnaise à la truffe (8€), tête de veau aïoli anchois; carpaccio de carrelet-leche del tigre-radis(8€); petit pigeon laqué miel et betterave (12€). vous voyez, les intitulés sont bigrement sioux, les assiettes promptes et bon marché. Le vin au verre est affuté; l’ambiance détendue, la convivialité souple. Finalement, on se fait très vite à ces nouvelles moeurs joliment tactiles où le client est redevenu roi. enfin.

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23 03 16
Paris. Ca y est Kaori Endo (ex-Nanashi) ouvre son restaurant: le Petit Keller !

Paris. Ca y est Kaori Endo (ex-Nanashi) ouvre son restaurant: le Petit Keller !

Elle avait présidé à l’ouverture et à la conception des Nanashi, maintenant, Kaori Endo ouvre ce matin son premier restaurant personnel en lieu et place du petit Keller, rue Keller dans le onzième arrondissement de Paris. On y retrouvera ses plats d’inspiration familiale et japonaise et ce dès 8h30 le matin avec le petit déjeuner, pain grillé et super café produit pas un as italien. L’endroit est adorable, l’équipe en pleine forme. J’ai hâte ! Le Petit Keller- Kaori Endo,  13 rue Keller, 75011 Paris. tel.: 01-43-55-90-54. Du mardi au samedi de 8h30 à 22h30.

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21 03 16
Paris. Bob

Paris. Bob ‘s Kitchen, souhaitez vous vous réconcilier avec vous ?

Bob’s Kitchen, et si on essayait pour de bon

Vous devriez tenter cette immersion. Ca fait bizarre. Mais un bien fou. On a l’impression d’être un héros. Pour son propre corps s’entend. De lui faire une bonne action. D’être doux et compréhensif. Aimant. Sans doute vous n’allez pas aimer, car c’est plein, ça cause, ça jacte, ça fait la queue. On est au coude à coude. Sauf que c’est très agréable lorsque c’est celui de Cecile Cassel, de Nicolas Saada. On peut même leur parler. Demander le sel. Quel sera son prochain film, son prochain morceau. Ici, c’est Bob Kitchen’s, dans le Marais. Les bobines sont extra. Souvent des jolies filles venir entretenir la platitude leur ventre, des coursiers, des hipsters, des égéries, des maudits et des maudites. Bref, cette ville que nous adorons avec ces regards, des silhouettes. Elles se dressent, telles des madones, d’un tabouret de bois; des chéris essorés par la pluie, des plantes grasses, des haricots secs. A la limite, ils pourraient basculer dans une assiette qu’on les fourchetterait distraitement. Les nourritures ici, on l’aura compris sont clémentes, bio, organiques. Elle parlent végétaux, racines avec notamment ce veggie stew, mêlant adorablement riz rond, légumes sautés et sauce de curry vert (ou saté, ou miso). Elles prononcent des plats à quatre syllabes: futomaki ; un maki devenu un tube et contenant riz complet, avocat, mangue, radis mariné, crudités. Cela peut devenir aussi délicieux comme le macaron au chocolat et macha, ou encore le cheesecake, les smoothies verts. Vous verrez, cela risque de modifier voter façon d’aller au restaurant et qui sait, modifier notre étrange rapport au corps…

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27 01 16
Paris. Freddy

Paris. Freddy’s, le clandestin du Sixième…

Celui ci, vous ne risquez guère de le rencontrer. Car il n’y a pas de téléphone, à peine une enseigne, pas franchement de tables. Mais il est régulièrement blindé. Impossible de décrocher un tabouret dans cette succursale de Semilla (Fish, Cosy…) lancée par le duo Drew Haare- Juan Sanchez avec l’appui du chef MOF, Eric Trochon. Voici une sorte de bar à tapas du jour, jouant sur les inattendus et les contre pieds: accras sauce chien, aiguillettes de canard sauce satay, chinchard grillé au poivre, couteaux à la plancha…C’est régulièrement exquis, bref, vif. Ajoutez à cela des vins au verre picorant non sans esprit dans les appellations : irrouléguy, languedoc roussillon, crozes hermitage, vouvray pétillant…Service juvénile et déluré, et surtout au centre la cuisine fumant de bonté et de percussion. Clientèle à l’unisson mélangeant les accents, les regards et les commentaires. Compte 20-35€.

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15 01 16
Paris. Oïshinoya, du riz chaud, du boeuf et que ça saute !

Paris. Oïshinoya, du riz chaud, du boeuf et que ça saute !

D

Le passage des Panoramas est en train de devenir une véritable collier de perles avec ses petites adresses. Elles sont quasiment à touche touche avec bien entendu quelques scories évitables. La toute dernière création n’est pas évidente à trouver, mais déjà rayonne dans sa formule redoutablement simple. Sur une idée de Guillaume Guedj et Shinichi Sata (Passage 53 et Gyoza bar): juste le gyudon, un plat basique japonais à base de riz avec sur le dessus des lamelles de boeuf (standard ou wagyu) et options style oeuf mollet ou radis daïkon. Pour les amateurs de sensations fortes, la sauce pimentée au yuzu donne une dimension inattendue. Pour le reste, salle fonctionnelle avec ses hauts tabourets  et son design minimaliste. Pour 13 euros, l’affaire est dans le sac: délicieux et tempéré.

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30 12 15
Paris. Aux Deux Amis, à toute berzingue !

Paris. Aux Deux Amis, à toute berzingue !

Récemment pour M, le supplément du Monde, je suis allé dans ce petit troquet du Onzième. Voici mon sentiment…






 

L’intérêt de l’explosion de la gastronomie parisienne, c’est que ça part dans tous le sens. Parfois des turbos, des bolides, des grenades, des frisbees. Des éclats. Des p’tits bouts. De drôles de bestioles sans nom. Prenez les Deux Amis dans le canyon d’Oberkampf. Vous rentreriez là dedans ? Un vrai bazar. Des couples à poussettes, des dératés, des sans foi ni soif, du monde en attente, des sans idées fixes de domicile. Sur cette même page, on aurait plutôt tendance à vous prendre par la main, vous éponger le front et vous déposer ailleurs dans des antres plus clémentes et structurées. Disons qu’aujourd’hui, nous aimerions que vous sortiez un peu des clous pour une expérience ébouriffée. Asseyez vous (pour cela venez en début de service, sinon c’est dramatique), ne demandez pas la carte. IL n’y en a pas. Elle est inscrite, dans le décroché d’un néon Cinquante, en lettres cahotantes sur le miroir du bar. Ne sursautez pas, désolé, il n’y a pas  ce soir de plats à deux chiffres. Car il s’agit de tapas, petits plats troussés et ramassés qui n’ont rien à voir avec la gastronomie nivajos pour tête d’épingles. L’intérêt de cette table, c’est sa profusion apparemment foutraque mais bigrement bonne. A commencer par le jambon espagnol tranché à la minute avec des amandes grillées. C’est à se taper la tête sur les murs comme du reste l’ensemble de ces bombinettes: les petits piments grillés, l’entrecôte, les palourdes, le guacamole, le thon cru. C’est bien simple tout était à dévorer jusqu’au stilton aux noisettes grillées, la mousse au chocolat profonde comme un péché. Atmosphère surchauffée bien entendu, avec son lot inattendu d’égéries, de têtes chercheuses et autres silhouettes extirpées d’un quartier bien timbré.

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