01 12 15
Paris. Le Bal se bat contre les clichés frenchies...

Paris. Le Bal se bat contre les clichés frenchies…

Récemment pour M, le supplément du Monde, je me suis rendu dans ce restaurant du nord de  Paris…

La gastronomie parisienne est devenue exubérante. Elle voltige, tape partout, excelle parfois, barbote souvent, radote, pince et pique. Dans ce savoureux bazar, il était tout logique que la cuisine britannique trouve sa place. Certes pas grande, mais quand même. On pense ainsi à la mouvance de Rose Bakery (Rose et Jean Charles Carrarini) qui depuis une vingtaines d’années essaime toute une génération d’adresses « responsables », soucieuses de santé et de mijoté maison. Dans la flopée d’adresses (parfois singées), il en existe une qui tient plus que la route, il s’agit du Bal, logé dans une impasse feuillue, étrangement baptisée impasse de la Défense, en plein Clichy. Fondées, entre autre par Alice Quillet et l’anglaise Anna Trattler (ex Rose Bakery justement), ce tea-restaurant cartonne non seulement avec son brunch (trop couru hélas) mais aussi au déjeuner avec des plats charmants, frais, à la diphtongue pimpante. Mieux vaut venir tôt pour goûter la respiration d’une cuisine toute simple avec régulièrement des plats comme le super welsh rarebit (toast à la Guinness, moutarde anglais  et cheddar), le kedgeree (riz épices, haddock fumé et oeuf). Lors de notre déjeuner, il y avait d’inscrit à la carte des betteraves, ticklemore (fromage de chèvre), crème fraiche ou encore l’anguille fumée au chou rouge.  Parfois, en fermant les yeux, on pourrait reconstituer un pub, les lumières de l’hiver au dessus d’une pork  pie, d’une cuisse de canard au potiron et pousses de moutarde. Ce qu’il y a d’irrésistible dans la cuisine anglaise, c’est bien souvent les desserts. Il y a là une dimension décomplexée, un laisser aller radical comme avec le clafoutis aux figues, le beenleigt blue et son chutney. On se dit alors que les clichés sur la cuisine anglaise pourraient enfin sauter. Mais c’est oublier notre coté chauvin et  matamore juché sur sa motte de beurre. So frenchie, n’est il pas ?

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13 02 14
Coq rico: cocorico monsieur Poulet !

Coq rico: cocorico monsieur Poulet !

Antoine Westermann (ex Trois étoiles) a ouvert son troisième restaurant à Paris. Après Drouant et Mon Vieil ami, Le Coq Rico annonce la couleur toute consacrée au poulet…

Lorsqu’il décida de quitter son Alsace natale il y a une dizaine d’années, Antoine Westermann (ex-Buerehiesel) procéda comme il l’avait toujours fait : méthodiquement. Il commença par Mon Viel Ami sur l’île Saint Louis (2003) avant de se lancer dans l’aventure du Drouant. L’affaire était dans le décor depuis quelques années et perdait tout ce qu’elle voulait. En six ans, Antoine Westermann, 65 ans, aura réussi à rembourser son investissent (il fit plus 1,5M de travaux) et d’équilibrer ce navire légendaire. Aujourd’hui, l’idée lui est venue d’ouvrir une nouvelle adresse : le Coq Rico, « bistrot de belles volailles », en lieu et place de la Divette du Moulin, rue Lepic, à Montmartre.

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13 02 14
La Dégustation : mon Cousin ravi de l

La Dégustation : mon Cousin ravi de l’annexe du Coq Rico

C’est censé être la salle d’attente, l’annexe, le corridor qui permet de canaliser les curieux de la Butte Montmartre et les autres qui attendent leur rond de serviette au Coq Rico. Mais la petite dégustation mérite mieux. La carte des vins et des champagnes, les produits fins des meilleurs conserveries et du traiteur valent mieux que le statut de faire valoir.

J’ai attaqué en trempant ma cuillère en plastic (seule faute de goût) dans un pot d’arenkha (œufs de harengs, pâteux et frais dans la bouche), poursuivi avec des sardines épicées du Portugal… Puis, j’ai hésité a rester ici au calme…

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04 04 13
Le Grand Huit, Montmartre préservé..

Le Grand Huit, Montmartre préservé..


Il faudrait une soirée de pluie fine pour mieux goûter encore cette adresse perchée tout là-haut, sur la butte Montmartre. Ou alors une lourde soirée d’été. Sans doute pour la ventilation, mais aussi pour la vue sur le nord de Paris. La basilique veille au grain dans sa chantilly exubérante. Des habitués poussent la porte, tentent l’obtention d’une table. À la bonne heure, ce soir, ce n’est pas complet, il y a match de foot à la télé. Une jolie métisse s’arrête prendre un verre au bar, avant de repartir au turbin. Un petit couple s’échauffe, et glisse dans son enfermement. Le patron passe de table en table, encourage ses chefs en cuisine, raconte la carte. On se croirait ailleurs, n’importe où. Loin de Paris, sur des banquettes de moleskine rouge. Un livre circule autour du bar, Contes liquides, de Jaime Montestrela, Éditions de l’Attente, postfacé par Jacques Vallet. C’est celui d’un voisin, dit-on à l’envi. On en lit tout haut des passages. Il circule même dans la cuisine ouverte, la lecture continue. Que c’est bon !

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01 02 13

Fabrice Luchini à la Table d’Eugène, un derviche-tourneur sur cretonne

Grace au Figaroscope, j’ai pu il y a quelques semaines, déjeuner avec Fabrice Luchini.  Pour tout vous dire, cela ressemble en tout points à ce que l’on peut imaginer…C’est jouissif ! Ca saute par tous les bouts. On a l’impression d’être dans un accéléré de vie, dans un percolateur, un éclat de rire. On est comme sur une loupe accrochée à un fil…

On s’attend à un déluge de mots, c’est un ruissellement de sens. On s’attend à son rituel «é-nor-me». Il arrivera, mais à mi-voix. Comme par effraction, comme s’il avait oublié de faire du Luchini. On se dit alors que le repas va être divin, serein et enchanteur. C’est le cas. Il est avec les gens comme il serait dans un magasin de bonbons. Il va droit vers ce qu’il souhaite. Et l’obtient. Il a le tutoiement immédiat et avec Sébastien, notre photographe, il joue le jeu. Fait mine de marcher dans la rue, s’arrête devant une devanture, détourne le regard, oriente sa casquette. Itou pour la porte du restaurant, il la pousse comme dans un film. Comme si c’était pour de vrai. Et là, on rigole tant on a envie que la vie soit un film. Et lycée de Versailles.

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27 10 12
Alors, c

Alors, c’est comment ma Cocotte, aux Puces de Saint Ouen ?!



Le week end dernier, je suis allé faire un tour dans le nouveua restaurant de Starck. Il y a là un monde fou, mieux vaut réserver ou aller en début de service.
 Comment le week-end, malgré la pluie, la flemme et le froid, le Tout-Paris se transporte aux Puces de Saint-Ouen, histoire d’essayer la nouvelle table de Philippe Starck ? Cela appartient aux mystères de Paris. En association avec le restaurant Bon (Philippe et Fabienne Amzalak), le designer s’est embarqué il y a deux ans dans cette aventure pour cette vaste salle à manger de 150 couverts (plus une terrasse de 100 places) ayant nécessité un investissement de 5,5 millions d’euros. Il a également acheté l’un des plus beaux stands des puces, la « maison de lierre ». Le démarrage a donc été plutôt impressionnant puisque, au premier week-end, s’y pressaient Xavier Niel, Emmanuelle Alt, Alexandre Cammas, Éric Matha, les rédactrices de mode et blogueurs de tous poils ; histoire de vérifier si l’attelage tenait bien la route et les chaises hautes étaient bien perchées.

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