23 06 16
Paris.  Les Rouquins, vachard mais bon

Paris. Les Rouquins, vachard mais bon

Ce genre d’endroit, il s’agit de le prendre avec les pincettes. Sur les réseaux sociaux, des petits chatons se sont pris des seaux d’eau froide sur le dos. Et ça grince, et ça couine sur l’accueil, les portions, les prix. A la limite, il faudrait continuer sur les desserts, l’entrée anonyme sur la rue du Château (juste une sonnette, une vitrine passée au blanc d’Espagne), ce soir là un chien qui aboie…Faut il continuer? Ou plutôt faut- il se se demander pourquoi l’adresse faisait salle pleine, gorgée d’une clientèle qui sait exactement ce qui l’attend. Il existe donc des lieux comme celui -ci, solide dans son bloc, ses humeurs, sa facilité. Et surtout proposant des assiettes probantes travaillées par un chef d’humeur: tartare de boeuf au couteau, The Poulpe, crevettes bleues Kanak en sashimi, ceviche de saint-jacques de la baie de Saint Brieuc, langoustines du Loch Ness poêlées, asperges vertes de Roques-Hautes et pancetta… Que des petits plats bien cernés, envoyés sur des ardoises, des planchettes et fusant net. Dans la grande salle donnant sur la cuisine, ses effluves, ses ruades, de solides tables de bois accueillent des convives fourchettant avec entrain, canonnant des bouteilles avec la même constance. A la notre, tout au bout, six-sept maîtres du monde en chemise et pull ras de cou, dispersent les scories de leur semaine. Verbe brillant, mot à trois-quatre syllabes. Ils piquent dans les plats assiette, et au détour d’un rebonds du CAC 40, arrêtent leur canon à neige conceptuel. Profitant d’un rare silence, l’un d’entre eux, pensif et comme frappé d’un saint esprit baladeur, déclare:   « c’est bon et pas ch… ». Voila, tout est dit. Les Rouquins ressemblent en fait à leur quartier à qui on ne l’a fait pas, un peu vachard, de la gouaille, des arguments et de l’atmosphère. Aussi, si vous y allez, essayez de piger la pliure de l’endroit: pull à col ras de cou, du tempérament mais au bon endroit, maitrise de l’espace et du temps (soyez clair et décidé) et tout ira pour le mieux du monde. Logiquement, on ne devrait pas tarder à s’y retrouver.

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05 11 15
Paris. Le Jeu de Quilles, au bord du succès

Paris. Le Jeu de Quilles, au bord du succès

Il y a peu, pour M le supplément du Monde, je suis allé au Jeu de Quilles, voici mon sentiment…

Combien sont ils à Paris, à attendre le chaland ? Ils ont le coeur vaillant, les langoustines grouillantes, le vin rafraîchi. Et pourtant parfois, il n’y a pas grand monde. Juste une table ou deux. De quoi se mordre l’intérieur des joues. Et attendre le prochain service. Le Jeu de Quilles, dans le 14 eme, appartient à ce genre de tables. Il y a là un chef, Benoit Reix, impatient et bouillant d’une cuisine franche, de marché. D’instinct. Un peu l’école Passard dans sa simplicité. Rien de trop. Jamais. La salade de chinchards, pois blonds de la Planèze, concombre et sauce Genjiro roule bien sur son axe. Elle raconte pas mal de choses, des paysages. On a l’impression d’écarter des branchages et de se rapprocher des saveurs. Pareil avec le croustillant de pied de cochon avec son chutney de mangue et de la trévise: un gras scélérat, un contrepied soyeux. Rien n’est compliqué à l’instar de cette cocotte de veau (venu de son voisin Hugo Desnoyer) au paprika fumé et sa mousseline de céleri. Les produits conversent sous votre fourchette et vous actionnez l’attelage. La clientèle est à l’unisson d’un chef vibrant. Il officie derrière son comptoir et il a tout le loisir de piger les vibrations de ses clients. Il localise les tables impatientes, celles aux timidités rentrées et actionne le soufflet de ses forges douces. Salle étroite et petite dont on sent la ferveur tranquille. Le menu est à 39 euros, c’est très bon. Et finalement, tout compte fait, il n’en pas autant que cela à Paris.

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21 04 15
Paris. Le Dôme, imperturbable mais chérot

Paris. Le Dôme, imperturbable mais chérot

C’est une sorte de grosse bestiole. Qui ne bouge pas. Ouvre un oeil, se dore la pilulle dans le carrefour Vavin. Clientèle cossue, bourgeoise, amortie; service du même tonneau cahotant de table en table, imperturbable . On y vient ici s’offrir les poissons du jour, les plateaux de fruits de mer écumant d’iode. C’est impeccable, un peu roué dans la passation de commande où l’on aime bien pousser le bouchon.

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16 04 15
Paris. Cette ici

Paris. Cette ici

Le quartier n’est pas facile. Il est comme exacerbé, Saint-Germain-des-Prés s’évapore dans le lointain, Montparnasse rumine, Vavin pétille. Paris est un peu rêche dans le coin, comme insatisfait, pas content. Bref, en pleine forme. Vous imaginez d’être restaurateur dans le coin ?

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15 04 15
Paris. Sévero, l

Paris. Sévero, l’amour vache

Récemment pour M le supplément du Monde, je suis allé au Severo. Voici mon sentiment…

Il faudrait se faire à cette idée : un restaurant n’est pas un couteau suisse. Il ne peut pas faire à la fois des selfies, de la rhubarbe et de la barbe à papa. Il y a bien un moment où il convient de choisir. Il existe des restaurants où, lorsque la porte est franchie, il est trop tard. C’est comme sur un toboggan. Il en va ainsi du Severo. Si l’on veut manger une bonne viande à Paris, c’est ici.

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12 03 15
Paris. Cette ici que ça se passe...

Paris. Cette ici que ça se passe…

Cela faisait un certain temps que je n’avais pas remis les pieds dans cette table de la rue Campagne Première. J’en gardais un super souvenir. Et là, idem. Belle cuisine de jolie facture. Un pigeon du Poitou avec son jus de cuisson, des salsifis et des chanterelles… Oh mon Dieu! J’y retourne vite déjeuner histoire de mieux définir encore mon plaisir…

7, rue Campagne-Première, 75014 Paris. tel.: 01 43 21 05 47. Fermé samedi et dimanche.

06 10 14
Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue...

Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue…

Allez savoir pourquoi, mais ce jour de la semaine, vous avez envie d’envoyer tout balader. Et je ne vois pas pourquoi, je m’en priverai,  pas vrai ?!


C’est drôle tout de même. Invité par un ami fine gueule, je me suis dit qu’en m’asseyant dans cette jolie adresse , la Maison Péret, de la rue Daguerre,  à Paris, j’allais bien becqueter…

Quoi de plus banal lorsque la réputation est bonne, la carte est solide, les vins en orgues de Staline. A la limite, on pourrait survoler le repas si la conversation est drue et élancée. C’était le cas. Mais parfois, il m’arrivait de zyeuter la banale salade commandée histoire de se sustenter. Elle n’était pas franchement mauvaise, mais bâclée, présentée à la va que j’te avec la salade à moitié inconsciente sous son dôme de jambon et fromage… C’est pourtant si bon une salade lorsqu’elle est dans sa lancée, son  ultime sursaut, sa magie aérée. Là, non. Voilà, c’est tout pour ce lundi !

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17 10 13

A Paris, Cette, bien envoyé !

La rue s’appelle Campagne-Première. À chaque numéro ruissellent des histoires d’artistes, de photographes. Il doit y avoir des nervures, comme celles-ci, qui font que Paris est ainsi. La rue Campagne-Première est également à jamais associée au film A bout de Souffle (merci chers visiteurs). Le voyez-vous encore courant dans la rue ? Jean-Paul Belmondo est en chemise blanche. Délibérément, il va se laisser abattre. Le voici allongé sur le bitume. Le film est terminé. Voilà ce qui nous rend Paris éternellement cinématographique.

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