21 06 16
Paris. Bichat, simple comme bonjour

Paris. Bichat, simple comme bonjour

Il est vrai que dans la rue Bichat, non loin du canal Saint Martin, la pression touristique est tombée d’un coup. On en oublierait presque ce tronçon de rue, à deux pas de l’hôpital Saint Louis. Pourtant, voici une adresse de quartier par excellence, lancée il y a quelques temps par Augustin Legrand, acteur, militant pour le droit au logement. Il est là du reste ce midi en train de manipuler les portes d’entrées pour  laisser entrer les beaux jours. Ici, ce sera donc une table d’hôte bio et militante. On commande, on laisse son prénom, on becquette et l’on rapporte sa vaisselle. Tout le monde ici accepte non sans déplaisir cette convivialité bonhomme et bonne femme. Les plats sont copieux, pas chers alternent les riz blancs que l’on associe aux poissons, viandes, ou veggie. Il y aussi le jus de carottes, la limonade au gingembre (se servir). Et voila. Inutile cependant de traverser toute la ville pour faire des économies. Comptez  15 euros.

...

Lire la suite

20 06 16
Paris. Vivant, l

Paris. Vivant, l’irruption d’un jeune homme

Pierre Touitou a 22 ans. A cet âge, bien souvent des chefs ont déjà fait le tour le monde. Ou presque. Accumulé six années d’expériences, après l’école Ferrandi. C’est son cas. Sketch (Gagnaire) à Londres, Plaza Athénée (Ducasse) à Paris, Kei, l’Uruguay (Mostrador Santa Teresita), Servant, les Deux Amis…Après cela, on regarde le bout de ses chaussures. Qu’a t on appris? Tout et rien. On est presque effrayé par ce bazar, ces épices, ces rugissements, ces fulgurances, ces injonctions. L’horizon s’abaisse lentement. On sait alors ce que l’on veut. Alors voici une cuisine qui sort de sa gangue, encore fragile, la voix à peine posée, les mots rares et bruts. Il faudra donc y aller sur la pointe des pieds, ne point réclamer le chant du coq, le roulement de tambour sur la poitrine et des cris de Huns. Non, un chant pastoral fait de consommé de fenouil, d’asperges, de bonite/brocoli, d’un turbot hissé de l’océan…Les intitulés ne font à peine une demi ligne. Les plats semblent avancer de façon virginal, en aube, à partager, à tâtons. Pierre Touitou a même placé dans un coin une photo de sa grand mère (Odette Touitou), grande cuisinière tunisienne. Du coup, l’horizon se repeuple. L’assiette s’anime et prend son envol. C’est sans doute ce qu’il faut aller chercher ici. Le lieu est parfait dans sa longueur (à peine vingt cinq couverts disposés en majorité autour du comptoir) et porte encore les traces du passage de Pierre Jancou (superbes ferronneries, dont la poignée de la porte, ouvragée de belle façon). En salle tournoie, Felix Godart  (ex Saturne), il délivre des vins nature, apaisés, compréhensifs. Précisément, ce qu’attendent les nourritures de Pierre Touitou. Une cuisine d’indulgence, pas ramenarde pour un sous, de bonté en ses débuts. C’est sans doute maintenant qu’il faut découvrir cette cuisine. Après, elle deviendra, elle lui échappera peut être. A nous aussi. Ah j’oubliais, le dessert minimaliste au chocolat est à tomber de son tabouret.

...

Lire la suite

24 02 16
Paris. A Mère, le diable s

Paris. A Mère, le diable s’habille en Dérida

Il n’y a pas longtemps, pour M le supplément du Monde, je me suis rendu à cette petite adresse bien fuselée…

Si vous étiez absent de notre bon pays depuis quelques années, ou si vous sortez d’une longue peine de prison, sachez que, question gastronomie, le pays a basculé sur une autre planète.Une sorte de planète mentale procédant par nourritures de l’esprit où Jacques Derrida aurait sadisé Ginette Mathiot. Ces plats cérébraux ne murmurant que par onomatopées sont servis par des barbus au verbe précis, inspirés, souvent plus intelligents que vous et forcément plus jeunes. Il y a une énergie massive, une colère lointaine ramassée en une assiette toute mignonne. Elle parle à voix de fillette et raconte des bluettes un brin gonflées. La carte est résumée sur un papier nu. Elle dit: ris/chou rouge/palourdes. Ou encore: Langres. C’est un fromage. Ou encore: babe nageur. Qu’est ce? « C’est une surprise », vous répond- t- on avec la sincérité des impérieux. On attend donc. Voici un fine lanière de porcelet divinement cuit avec sa croustille et en accompagnement, une purée dont l’origine m’échappe. Et  la poudre ? Des oeufs de lotte râpés. Plus d’un s’étranglerait de faim et non sans tort, d’indignation. Si ce n’est que c’est bon , régulièrement brillant comme cette anguille/carottes/kaki. Ce qu’il y a d’énervant, c’est que c’est délicieux et qu’il n’y en a jamais assez. Vous grimpez dans un train merveilleux. Après trois coup de sifflet,  on vous demande de descendre. C’est frustrant. On se dit alors que cette cuisine énervante, sécrétée peut être  dans les années du coitus interruptus procède étonnamment de notre temps. Celui des agacements indolents.

...

Lire la suite

13 01 16
Paris. Comptoir Iodé, douceur des embruns

Paris. Comptoir Iodé, douceur des embruns


Comptoir Iodé, douceur des embruns

Parfois, on a besoin d’une dimension pour la table. Souvent les méridiens se croisent, les parallèles s’emmêlent, le yuzu vient d’Argentine, les baies roses de Cuba, le serveur de Newcastle. C’est épatant du reste. D’autre fois, on recherche juste une  dimension apaisée. Une famille oeuvre dans ses dédoublements (frères, soeurs, cousins, fistons..) dans une adresse paisible autour d’une thématique nacrée, la mer et ses affluents (fruits de mer, poissons…). Le ton est simple, les tablées vastes et l’humeur appliquée. Le haddock poché au lait avec sa crème normande et sa tombée d’épinards correspondaient parfaitement au crachin hivernal. Dehors la ville glissait derrière le double vitrage: un bus massif, les piétons sous parapluie. On se sentait bien d’autant qu’un crumble paresseux surveillé par un ramequin de crème fraîche venait faire le guet. Pour tout dire, je me serai bien endormi discrètement, comme un petit chat, près de la chaleur des journaux. Prix courtois: Comptez 25-30 euros. Formule happy Oysters de 18h30 à 19h30:six huiles un verre d vin blanc : 10 euros.

...

Lire la suite

27 10 15
Paris. Mordant, incisif

Paris. Mordant, incisif

Mordant, incisif

Et voici le Dixième arrondissement de Paris qui nous pond une nouvelle table. Cela devient une manie. J’imagine que les habitants du coin doivent déserter leur salle à manger et choisir quotidiennement un coloris dans l’arc en ciel. Cela dit, si l’on vous plaçait devant l’une des assiettes de ces tables plus que valables, vous seriez drôlement embêtés. Qui a fait cette rascasse au yuzu, ce merlu aux petits pois, ce pigeon aux fèves ? Hummm… Personnellement, j’en serais bien incapable. Alors se pose le problème du choix du restaurant. Pourquoi va  t on au Richer, plutôt qu’à Abri? Chez Paradis plutôt que chez Albion. Et vice et versa.  La réponse appartient à ce doux aléa qui constitue le miel de cette rubrique. Elle est du domaine de l’irrationnel. Quoique. On pourrait bricoler vite fait une sorte de machine à la professeur Tournesol. On y intégrerait des variateurs de lumière, des onduleurs de serveurs (ses), des accélérateurs de service, des cloches à  fromages et autres tourments à piston. Disons que dans cette adresse à l’intitulé incisif: le Mordant. Le décor bien gaulé tire son épingle du jeu: éclairages suaves, menuiseries inventives, chromatique judicieuse. Il faut rajouter le service. Un patron (semble t il) barbu pousse les plats de son chef, et la serveuse embraie avec une gentillesse adaptée. Certains doivent trouver cela un peu pushy, mais on ne saurait jamais refuser un conseil appuyé sur un vin (un vin de Sicile, Verzella Benanti, à 44€). Ou encore de l’ambition d’un désert: le cheesecake réinterprété (au poivre de Timut) est franchement bon. C’est ainsi que l’on décroche une bonne adresse, non seulement parce que l’assiette a du cran (artichaut et lieu jaune), mais que l’ensemble dégage du sentiment. 

...

Lire la suite

08 10 15
Paris. La Grille, question nostalgie, passez votre chemin...

Paris. La Grille, question nostalgie, passez votre chemin…

Il y a peu je suis allé visiter ce restaurant pour M, le supplément du Monde. Voici mon sentiment…

C’est toujours troublant de revenir dans des adresses qui ont basculé dans le nouveau  siècle. On voudrait superposer qu’on n’y arrive guère. Il y avait là (là, c’est le haut du faubourg Poissonnière) la Grille, institution gourmande remontant à la nuit des temps.

Lire la suite

07 01 15
Le 52, j

Le 52, j’habiterais au dessus…

…que je descendrais volontiers prendre mon cappucino et mon jus de carottes à la pomme et à l’orange. Petit souci, je n’habite pas au dessus. Alors traverserai je la ville pour découvrir cette adresse hautement sympathique ? Non.

Car, le 52 ressemble à cette nouvelle génération de restaurants vifs et dociles à la mode. J’y ai trouvé l’atmosphère fringuante, sympathique, conviviale. Mais depuis la rive gauche, j’ai.  La clientèle est à l’aise, détendue et sincèrement, ça vibre bien. L’assiette bouge correctement, pas de quoi fouetter un moine. Foccacia à la courge, chèvre et syphon de potimarron un peu brouillonne. Certes. Lieu jaune à la grenade ou encore la joue de cochon laquée au gingembre…  C’est bien. Mais pourquoi, faut il à chaque fois avoir envie de s’agenouiller. J’étais sans doute mal réveillé, mes compteurs pas bien calés. Et il manquait un barreau à mon tabouret. Recommandable à 2000m à la ronde.

...

Lire la suite

01 11 14
Tiens, le cousin s

Tiens, le cousin s’en va visiter un veggie…

Autant vous dire, d’habitude, je ne cours pas après: le veggie, y aller très rarement me suffit… Mais cette nouvelle adresse découverte avec mon complice Franz Olivier Giesbert, grand pourfendeur des atrocités commises sur nos amies les bêtes, n’a rien d’une adresse sinistre à l’odeur d’huile essentielle…

Le Café Pinson a la gaité de l’oiseau. On y va pour satisfaire un petit appétit, les jus sont pressés a la minute et exquis. Ce jour là, c’était un jus de betteraves-pommes-citron qui m’ouvrît l’appétit.

...

Lire la suite

26 12 13
Paradis, avec un nom pareil, il ne s

Paradis, avec un nom pareil, il ne s’agit pas de lézarder


Et poum ! En voici encore un autre, comme si les restaurants se reproduisaient comme des petits lapins. C’est à se demander s’il n’y a pas un arsenal clandestin, un zeppelin survolant Paris la nuit et lâchant, telles les cigognes de l’Alsace, de nouvelles adresses. Bientôt, ils grimperont dans nos appartements (ils y sont déjà), pique-niqueront dans notre lit. Le Fooding ne saura plus où donner de l’encensoir, les sponsors seront épuisés, les guides dépassés (c’est le cas). Or donc, il y a peu, rue du Paradis, déjà plutôt bien bordée, une nouvelle table vient de pointer son petit museau brillant et humecté de la dernière rosée. Cela s’appelle « Paradis », appellation certes paresseuse mais avisée si l’on en croit les derniers échos.

...

Lire la suite

26 02 13
Rue d

Rue d’Hauteville (suite): Mussubï, adorable aussi !


En sortant de Kitchen Ma, ravissante adresse coréenne, il y avait un peu plus haut dans la rue, un tout nouveau restaurant japonais de vente à emporter (quelques tabourets cependant) avec toujours le charme précis d’attirants bentos et préparations nomades. Hautement recommandable. Décor craquant d’une petite maison…Que dire d’autre: go, go go ! Douze euros

Mussubï,89, rue d’Hauteville, 75010 Paris. Tel.: 01 42 46 31 02.http://twitter.com/mussubi

de midi à 15 heures;fermé dimanche et lundi.

...

Lire la suite