21 04 15
Paris. Le Dôme, imperturbable mais chérot

Paris. Le Dôme, imperturbable mais chérot

C’est une sorte de grosse bestiole. Qui ne bouge pas. Ouvre un oeil, se dore la pilulle dans le carrefour Vavin. Clientèle cossue, bourgeoise, amortie; service du même tonneau cahotant de table en table, imperturbable . On y vient ici s’offrir les poissons du jour, les plateaux de fruits de mer écumant d’iode. C’est impeccable, un peu roué dans la passation de commande où l’on aime bien pousser le bouchon.

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17 03 15
Clover: ira t on ? Pas évident...

Clover: ira t on ? Pas évident…

Régulièrement pour M, le supplément du Monde, je me rends dans des restaurants. Cette fois ci, ce fut Clover. Voici mon sentiment…

Métronomiquement nous tombent ces petites bombinettes, pointues en diable, bravant la mitraille et les paradoxes (le chef officie dans un autre restaurant). Cela s’appelle Clover (« trèfle » en english) comme s’il fallait défier la chance, et infantiliser la « novation » (l’usage de l’anglais). Jean-François Piège a voulu, avec son épouse, Elodie, faire une petite table conviviale mais cogitant ferme.

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02 03 15
je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue...

je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue…

Mandarin Passy, quelque peu paresseux…

C’est sans doute le quartier qui veut cela. J’ai toujours pensé qu’un quartier (qu’une ville, une contrée) pouvait influer sur la cuisine d’un chef. Par exemple, la cuisine d’un Jean Pierre Vigato s’est totalement épanouie en passant du 17eme barbant au 8eme un peu plus fringuant.

On pourrait longuement disserter sur l’influence qui bien souvent peut plomber l’évolution d’un chef et inversement, la galvaniser. Voila pourquoi dans cette adresse du 16eme arrondissement, je sentais avant même d’entrer le style des plats qui m’attendaient: vapeur un brin paresseuses, raviolis vietnamiens paisibles…Comme si il y avait une capillarité entre la clientèle et les plats…service amorti et malin.

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16 01 15

I’m back on the block !

 

C’est aujourd’hui dans le supplément du Monde, M, que débute une nouvelle rubrique gastronomique.

J’aurai donc la chance d’y écrire chaque semaine. Et croyez moi, cela me fait très, très plaisir. Dès cet après midi, vous pourrez le trouver en kiosque. Le premier papier traite du Train Bleu, gare de Lyon, à Paris. Je vous en donne quelques lignes, histoire de vous faire patienter. La vidéo ne devrait pas tarder à suivre…

 

Que demander à un restaurant de gare ? D’être à sa place. Au bord du quai. D’être à l’écoute des clients. Ceux-ci ont souvent un train. Ils ont la pendule dans l’estomac, les doigts qui font les aiguilles. Ils réclament la suite, le dessert, le café, l’addition. Bientôt, ils seront dans le train à scruter les mêmes cadrans, harceler le temps. Nous sommes pourtant dans un des plus beaux restaurants de Paris en style 1900, le Train Bleu, gare de Lyon, sauvé de la démolition par Malraux (1966), classé aux Monuments Historiques . L’été dernier, deux mois et demi durant, on a passé un sacré coup de plumeau sur le décor. Tout a été ripoliné, le plancher refait à l’identique, même s’ il tangue encore. Les banquette sont passées du caramel fatigué au Blue Suède chou. On a refait les cuisines et les toilettes, d’où Salvador Dali appréciait tant de pouvoir p… en regardant les trains partir. Maintenant, le spectacle est de céramique noire. Dommage. L’assiette, elle, n’a pas bougé. Toujours aussi tristounette, à la traîne. Frites désobligeantes, sauces sans âme….

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31 12 14
Paris. Closerie des Lilas, l

Paris. Closerie des Lilas, l’esprit parisien

On cherche, on cherche une adresse…Rien ne vient…Vous connaissez ce genre de tourment inutile, si parisien. Il est 19 heures, les herses s’abattent chaque instant: non, complet…désolé..un autre jour…Cette « schadenfreude » propre à la restauration, ou l’art d’être faussement désolé, ravi de sa joie d’être complet au plus regret de la clientèle. Et puis pof, vient l’idée d’aller à la Closerie.

On ne peut pas réserver à la brasserie, s’agit alors de faire vite. Une fois sur place, il reste une table. C’est parfait. C’est comme si on grimpait dans un train à la dernière minute. Douce félicité irriguée d’un saint joseph de chez Colombo avec une vraie belle ambiance de brasserie et son tumulte chic et populaire, bon enfant et bien élevé… Le tartare était fougueux, les frites ad hoc et le café liègeois bien frappé.  Trop content. Partir avec les notes du piano, la chance de vivre à Paris et de pouvoir venir ici…

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10 11 14
Je ne sais pas pourquoi, mais, le lundi, il faut que je déglingue...

Je ne sais pas pourquoi, mais, le lundi, il faut que je déglingue…

Allez savoir pourquoi, mais ce jour de la semaine, vous avez envie d’envoyer tout balader. Et je ne vois pas pourquoi, je m’en priverai,  pas vrai ?!

Puisqu’on y annonce un nouveau repreneur au cultissime Pharamond, rue de la Grande Truanderie, dans les Halles, à Paris, je me suis dit que je tenais peut être une pépite. Après tout, l’adresse est magnifique, le quartier ingrat: cela constitue un cocktail souvent intéressant. Mais j’avais tout de même un léger doute… Accueil hautement sympathique, on sent qu’il y a là une belle volonté  et de la bonne humeur.

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27 10 14
Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue...

Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue…

Allez savoir pourquoi, mais ce jour de la semaine, vous avez envie d’envoyer tout balader. Et je ne vois pas pourquoi, je m’en priverai,  pas vrai ?!

Dieu sait, vous commencez à me connaitre, si j’ai un penchant appuyé pour l’Asie et particulièrement la Corée. Aussi, c’est tout attendri que je me suis pointé au tout nouveau restaurant coréen (Ibaji)  ouvert rue du Vertbois, dans le cadre de la Jeune Rue.

Le décor est plus qu’avenant et surtout les papiers déroulaient bien sur cette nouvelle table. Que des compliments. Autant dire que dans ma tête, le papier devait être déjà écrit. Dans ce genre de restaurant en vogue, mieux vaut venir parmi les premiers histoire d’avoir un calme relatif et d’être servi normalement, voire rapidement. Après tout, le lieu est consacré à la cuisine populaire,  bol de riz avec ses variantes et le tour est joué. A midi, j’étais donc en place. Et lentement, j’ai vu le restaurant se remplir. Mais pas mon assiette. A midi 30, on était au complet et on poussait des coudes. A 35, je me félicitais d’avoir passé commande en deuxième position. La première table commençait à becqueter. A 40, j’agitais gentiment la main pendant que d’autres tables étaient servies.  Bah, dans ces cas là, on philosophe. La vie est belle et bientôt, ce sera mon tour. Je suis du genre optimiste béat, un brin bébête.

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06 10 14
Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue...

Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue…

Allez savoir pourquoi, mais ce jour de la semaine, vous avez envie d’envoyer tout balader. Et je ne vois pas pourquoi, je m’en priverai,  pas vrai ?!


C’est drôle tout de même. Invité par un ami fine gueule, je me suis dit qu’en m’asseyant dans cette jolie adresse , la Maison Péret, de la rue Daguerre,  à Paris, j’allais bien becqueter…

Quoi de plus banal lorsque la réputation est bonne, la carte est solide, les vins en orgues de Staline. A la limite, on pourrait survoler le repas si la conversation est drue et élancée. C’était le cas. Mais parfois, il m’arrivait de zyeuter la banale salade commandée histoire de se sustenter. Elle n’était pas franchement mauvaise, mais bâclée, présentée à la va que j’te avec la salade à moitié inconsciente sous son dôme de jambon et fromage… C’est pourtant si bon une salade lorsqu’elle est dans sa lancée, son  ultime sursaut, sa magie aérée. Là, non. Voilà, c’est tout pour ce lundi !

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29 09 14
je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue...

je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue…

Allez savoir pourquoi, mais ce jour de la semaine, vous avez envie d’envoyer tout balader. Et je ne vois pas pourquoi, je m’en priverai,  pas vrai ?!

 

Planet Sushi, sans coeur ni espoir

Je ne sais pas pourquoi je me suis arrêté devant ce Planet Sushi, de l’avenue Kleber ? Depuis le temps, je m’étais promis tout de même un beau jour, de m’y poser et de goûter les prestations de cette célèbre chaîne. Histoire de voir, de chasser quelques préjugés et qui sait, vous pondre un petit papier gentil et content. Pour être franc, je suis bon public: je pleure au cinéma, je sauce un steak au poivre. J’ai donc demandé un thé vert, histoire d’attendre mon assortiment de sushis. La serveuse m’a semblé embarrassée. Peut être n’avais pas la prononciation idoine, la révérence appropriée. J’ai donc demandé une nouvelle fois un thé vert et devant son trouble, je me suis permis d’émettre un gentil <Y a t il un problème?!>. Sur ce, la demoiselle se rabat sur sa responsable. De retour, j’ai le droit à une sélection. J’en choisi un. Qui ne sera pas celui qui me sera servi. Bah…Sushis pasteurisés, un peu morts, un peu tristes, sans coeur, sans âme, sans vie. Bah (bis). Clientèle pressée, absente. Deux clients font un mini drame parce que les toilettes, exceptionnellement, sont hors service: <Ah, un restaurant sans toilettes !>. Pour tout dire, c’était assez déprimant. Ce qui m’a frappé dans ce restaurant, c’est la  place très importante qui mange le centre de l’espace avec un confort déconcertant. Alors que les clients sont serrés comme des sardines (table d’une extrême minceur), que les cuisiniers sont relégués tout au fond du restaurant, respire avec une insolence cocasse, un confort narquois, le nerf de l’adresse: les deux caisses enregistreuses. Tout est dit. 19,50 euros pour ce grand moment de solitude.

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22 09 14
Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue...

Je ne sais pas pourquoi, mais le lundi, il faut que je déglingue…

 Allez savoir pourquoi, mais ce jour de la semaine, vous avez envie d’envoyer tout balader. Et je ne vois pas pourquoi, je m’en priverai,  pas vrai ?!A chaque fois, je tombe dans le panneau. Pourtant, je ne suis pas né de la dernière pluie. Mais il y a un coté candide en moi que rien ne saurait dissoudre. Lorsque je vois mentionner crème brûlée, tiramisu ou encore feuilleté ou comme ici tempura, j’y vais. Et boum, voici un tiramisu à la mangue, un feuilleté sans feuilletage, une crème brulée, sans crême. Et ici, ces tempura de gambas à percer au marteau piqueur. C’est pourtant si magique les tempura, avec leur voile si léger, si délicat. Du coup, intérieurement, comme ici à Moutarde Street  Burger, sur les quais, je râle intérieurement. Nul et non avenu. je rajouterai même: ouin !

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