19 07 16
2. Cracovie. Le goût de la ville ? L

2. Cracovie. Le goût de la ville ? L’intériorité crémeuse

Si la Vistule imprime à la ville son tempo lacté, l’allégorie peut filer vers sa dimension crémeuse, douce, loin de plats de Huns, épicés et intrusifs. A l’image de cet étal du marché, les nourritures fonctionnent dans un registre paisible, longeant l’immaculé des crèmes et des fromages, rejoignant les carnations, les songes et les mots. On pourrait même pousser le trait plus loin avec les pierogis (ces raviolis fourrés) et l’intériorité de la ville. Sans oublier les roulés, comme si la ville dans sa configuration lovée, se tournait sur elle même, s’enroulait dans son idée. Etait ainsi fidèle à elle même. Une ville comme Cracovie forme un tout, une dimension quasiment palpable: il suffit de se poster au bord du fleuve, de croquer dans une pâtisserie locale, regarder les passagers du soir et vous tiendrez alors la vraie dimension de la ville.

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06 07 16
Paris. Ritz, la Cosmétique du rêve...

Paris. Ritz, la Cosmétique du rêve…

Une soirée au Ritz, c’est irrésistible. Il est 19h30, on se presse à l’entrée. La porte tourne son tambour, ventile la mémoire, laisse resurgir  les songes d’un palace inimitable. Sur les marches, un responsable de la réception met toute sa concentration à rappeler au jeune voiturier l’importance des arrivées: « Quand le client arrive, dit il avec solennité, il faut aller l’accueillir ». Ca tombe bien, pendant son explication articulée, un couple très élégant sort d’un taxi. Personne pour ouvrir les portières, les accueillir et les saluer. La soirée peut commencer avec ce genre de gag digne d’une comédie américaine  Car, jouer le Ritz est une partition très délicate à interpréter. Il faut balancer d’un siècle à l’autre, comme on le ferait sur un rocking-chair.  Garder, semble-t-il, les manières ampoulées, l’excellence, tout en distillant une touche humaine chaleureuse; être là, sans être trop proche non plus. Tout savoir, mais surtout ne pas trop la ramener, comme une sommellerie joliment à côté de la plaque. Jouer le Ritz, c’est donner de la France, du Paris, façon Woody Allen, avec un air de clarinette penchée, la place Vendôme, Fred Astaire, chanter sous la pluie, Chanel. C’est la vie, quoi. Après quatre ans de travaux, le superbe paquebot reprend vie. Tout a été refait et c’est franchement impressionnant. L’impression de se glisser dans l’intérieur d’une limousine fraîchement retendue de cuir. Le restaurant l’Espadon joue une carte majeure. S’agit de retrouver les étoiles avec l’arrivée de Nicolas Sale (ex-Kilimandjaro, à Courchevel) ; frapper un grand coup sans trop estourbir; illuminer sans trop éblouir. Exister sans trop claironner, se rapprocher de la « perfection » sans trop la tourmenter. Débrouillez-vous avec cela. La réservation fut déjà épique avec une heure presqu’imposée (19h) et la recommandation un brin insistante de prendre l’apéritif sur la terrasse. On sent alors que le chef veut prendre possession de l’espace et du temps. Etirer ce dernier avec un défractionnement de ses plats avec des « appâts » en avant-bouche, façon d’ouvrir l’appétit (comme si celui ci n’était pas déjà ouvert) et justifier, au passage, des prix joyeusement cinglants à hennir d’effroi. Les plats furent honorables, fort bien exécutés dans un classicisme un brin actuel. Le service avait la fébrilité des adolescents quand ils font l’amour pour la première fois. Mais l’ensemble reste très émouvant avec le ballet des cloches, l’émotion palpable, la cuisine comme une cosmétique. Le Ritz lui semble rêver tout là haut comme un bouddha indulgent et malicieux.  Un peu ailleurs, et c’est sans doute cela qui nous attire dans ce Ritz et ses fantômes.

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01 07 16
Jesus, super numéro sur l

Jesus, super numéro sur l’Afrique !


J’ai hésité avant de l’acheter pour l’avaler quasiment en entier avec des reportages du tonnerre: un Relais & chateaux chez les Zoulous, un portrait de Jean François Bizot et de belles rencontres autour de la FoodAfrika. Vachement bien. 4,90€

30 06 16
Paris. Pas mal du tout, My Little Paris ouvre une maison de vacances éphémère...

Paris. Pas mal du tout, My Little Paris ouvre une maison de vacances éphémère…

J’ai toujours été fan de la vivacité et de la réussite de My Little Paris. Fany et Amandine Péchiodat me bluffent par leur façon de capter l’air du temps. De temps en temps on se rencontre, on parle, on se motive. Mais la dernière fois, j’étais sur le derrière devant cette maison de vacances éphémère crée en plein Paris ! Repas privé (celui ci avec la super mademoiselleproust), et d’autres animations: cours de tarte aux pommes, conférences pour hamacs, potager, cabanon à cocktails Lillet, ciné plein air et, surtout, une vague de « slow dinners » à la bougie et au Ruinart, réalisés également par Céline Pham et des chefs…

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28 06 16
Paris. Biondi, sur les braises

Paris. Biondi, sur les braises

Biondi, sur les braises

Entre République et Bastille, dans un carrefour ensoleillé, s’est ouvert il y a quelques temps Biondi, sous l’égide de Fernando De Tomaso ( chef-patron également  de La Pulperia). Elevé au grain et en pleine nature chez Jean-François Piège et Christophe Pelé, Fernando joue à fond la braise, façon gril argentin (asado) à travers viandes, légumes et poissons. Si le soir, la carte vous embarque logiquement dans les 40-50€, en revanche, à l’heure du déjeuner, les esprits avisés du quartier récupèrent le miel de l’indulgence des menus à 17 et 22€, sans pour autant que la qualité ne faiblisse: salade d’asperges blanches, cabillaud et roquette en entrée, suivie d’un thon cuit aux coques et cresson pour terminer avec une crème fouettée aux fruits rouges, citron vert et meringue. L’opération vaut d’autant plus le coup que le service est charmant, la salle paisible, et une nouvelle fois, l’assiette procède avec haute fidélité aux intitulés. Ca s’appelle un vrai bon rapport qualité prix et ce dans une adresse joliment confidentielle.

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